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Liban - Commémoration du 14 février

Saad Hariri inflexible sur Assad et les armes illégales

Vue de la foule présente au BIEL. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre, Saad Hariri, a insisté mardi sur l'importance de l'armée dans la protection du pays et a dénoncé les « armes illégales » du Hezbollah ainsi que l'implication du parti chiite en Syrie. Il a par ailleurs annoncé que son parti participerait aux législatives prévues en mai quelle que soit la loi électorale mise en place. M. Hariri s'exprimait lors de la 12e commémoration du décès de son père, Rafic Hariri, lors d'un meeting oratoire organisé au BIEL, à Beyrouth.
« Nous ne ferons jamais de compromis en ce qui concerne le régime de Bachar el-Assad et les atrocités qu'il commet, ni en ce qui concerne les armes illégales ou le combat du Hezbollah en Syrie », a déclaré M. Hariri devant un public d'au moins 10 000 personnes, selon la chaîne Future TV.
Le Premier ministre a fait une entrée très remarquée dans la grande salle du BIEL avec le leader des Forces libanaises, Samir Geagea. Les deux leaders, qui se tenaient la main en entrant dans la salle, ont été accueillis sous un tonnerre d'applaudissements par une foule de politiques et de partisans du courant du Futur venus des quatre coins du pays. L'ensemble des composantes du 14 Mars, notamment le président Amine Gemayel, le leader des Kataëb Samy Gemayel, les ténors du courant du Futur, des Forces libanaises, des Kataëb, les indépendants du 14 Mars ainsi que des représentants du Courant patriotique libre et du Parti socialiste progressiste étaient présents à la cérémonie. Le ministre de la Justice, Salim Jreissati, a représenté le président de la République, Michel Aoun, qui était en visite officielle en Jordanie, et le député Michel Moussa a représenté le président de la Chambre, Nabih Berry. Après l'hymne national, la chanteuse Tania Kassis a interprété son célèbre Ave Maria pendant qu'un jeune chantait une prière musulmane.
Sans mâcher ses mots, Saad Hariri a affirmé que la scène politique libanaise est témoin d'un « différend » concernant les armes du Hezbollah. « Oui, il y a un différend dans le pays sur les armes du Hezbollah et il n'y a pas de consensus sur la question ni au Parlement ni au sein du gouvernement, mais nous sommes d'accord sur le fait que ce qui protège le Liban c'est l'unanimité autour de l'armée, des forces légales et de l'État », a-t-il dit. Cette déclaration du Premier ministre intervient quelques jours après un entretien du président de la République, Michel Aoun, accordé à la chaîne égyptienne CBC, et dans lequel M. Aoun avait déclaré que les armes du Hezbollah devaient être maintenues tant que des terres libanaises restaient occupées par Israël.
« La seule chose qui a changé ces derniers mois c'est notre décision d'élire le président Michel Aoun à la magistrature suprême et ceux qui nous accusent de faire des concessions concernant nos constantes se trompent d'adresse, a lancé M. Hariri. Nous ne sommes pas une organisation caritative qui se charge de distribuer des dons et des postes, nous avons fait des sacrifices en paroles et en actes. Le sacrifice est une responsabilité et un devoir, il nécessite du courage. »

L'État libanais, seule autorité de référence
M. Hariri a en outre affirmé que l'État libanais est la seule autorité de référence. « Il n'y a pas de référence qui prime sur celle de l'État, c'est l'État libanais qui décide pour le Liban et ceux qui pensent qu'une quelconque partie régionale peut prendre des décisions à la place du Liban se font des illusions », a déclaré le Premier ministre. « Le Liban ne fait partie d'aucun axe dans l'affrontement contre ses frères arabes, nous faisons partie du monde arabe et nous sommes concernés par la défense des intérêts arabes, a ajouté M. Hariri. Le Liban ne saurait faire l'objet d'une quelconque négociation, c'est une promesse que nous faisons à chaque Libanais et Libanaise, nous ne ferons aucun compromis sur le Liban et nous ne permettrons à personne de le prendre en otage. »
« Nous refusons la vengeance et nous ne voulons que la justice dans l'affaire Rafic Hariri », a affirmé M. Hariri qui, au début de son discours, avait assuré qu'il restait attaché au Tribunal spécial pour le Liban qui juge les assassins de son père. « Nous ne nous laisserons pas entraîner sur la voie de la violence », a-t-il ajouté.
« Nous avons montré que la réconciliation n'est pas impossible, nous nous sommes tenus aux côtés du peuple syrien et avons protégé notre pays de la crise syrienne », a indiqué M. Hariri. « Lorsque le terrorisme de Daech (acronyme du groupe État islamique) a commencé à frapper le monde et que le monde a commencé à établir des liens entre l'islam et le terrorisme, nous avons montré que la réconciliation n'est pas impossible. Nous n'accepterons pas que l'on nous dise que la convergence est impossible entre l'application de l'accord de Taëf et l'État moderne, a-t-il poursuivi. Nous n'accepterons pas qu'on nous dise que la convergence est impossible entre le consensus pour sauver le pays et la victoire aux élections. »
Concernant la loi électorale, Saad Hariri a affirmé œuvrer pour en finir avec le cercle vicieux de la loi électorale et a rappelé qu'il souhaite qu'un quota pour la femme soit prévu par la nouvelle loi. « Nous voulons aboutir à une nouvelle loi électorale qui redynamise la vie politique à condition que cette loi ne suscite pas de frustration pour une des composantes du vivre-ensemble ou pour nos alliés et qu'elle n'isole personne. Nous participerons aux élections législatives quelle que soit la loi », a assuré le chef du courant du Futur.

« Rien n'a changé »
Plus tôt dans la journée, à 12h55, Saad Hariri s'était recueilli sur la tombe de son père et de ses compagnons qui reposent à proximité de la mosquée al-Amine, dans le centre-ville de la capitale. Interrogé sur place par les journalistes, le Premier ministre s'est contenté de dire que « rien n'a changé » depuis 12 ans, date de la mort de son père. Il était entouré par un groupe de partisans venus également rendre hommage à Rafic Hariri.
Les enfants du leader druze Walid Joumblatt, Taymour et Dalia, se sont également recueillis sur la tombe de Rafic Hariri. D'autres responsables libanais ont fait en outre le déplacement afin de rendre hommage à l'ex-Premier ministre. À quelques kilomètres de là, en face du complexe balnéaire Saint-Georges où l'attentat contre Rafic Hariri avait eu lieu en 2005, une torche géante a été allumée pour marquer l'heure exacte de l'explosion dévastatrice.

Le Premier ministre, Saad Hariri, a insisté mardi sur l'importance de l'armée dans la protection du pays et a dénoncé les « armes illégales » du Hezbollah ainsi que l'implication du parti chiite en Syrie. Il a par ailleurs annoncé que son parti participerait aux législatives prévues en mai quelle que soit la loi électorale mise en place. M. Hariri s'exprimait lors de la 12e...
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