La skieuse française Tessa Worley, qui faisait figure d’outsider, a dû se contenter de la 8e place. Fabrice Coffrini/AFP
Avec Erik Guay sacré champion du monde de super G et Manuel Osborne-Paradis à la 3e place, les Canadiens ont damé le pion aux favoris norvégiens, Kjetil Jansrud s'intercalant sur la 2e marche du podium, hier aux Mondiaux de ski alpin de Saint-Moritz.
À 35 ans, Guay, qui devient le premier Canadien champion du monde de super G, a fait parler toute son expérience pour déjouer les pronostics et remporter son deuxième titre mondial après celui glané en descente en 2011 à Garmisch-Partenkirchen (Allemagne). Sous un ciel couvert, le Québécois a bouclé la course en 1 min 25 sec 38/100es, avec une avance de 45/100es sur Jansrud et 51/100es sur Manny Osborne-Paradis, qui fêtait ses 33 ans.
« C'est incroyable d'être sur le podium avec Jansrud et Manny, deux amis proches », a réagi Guay, dont la dernière victoire sur le circuit de Coupe du monde remontait à 2014 avec un succès en descente à Kvitfjell en Norvège. « Ce qui est incroyable, c'est toute l'histoire, d'être revenu de blessure (...). De revenir ici et d'oublier tout ce qui s'est passé avant et d'apprécier », a ajouté le Canadien. « Je pars toujours pour gagner l'or, mais Erik nous a montré comment y parvenir, a réagi Jansrud. C'était très impressionnant. Je ne ressens pas de déception, cette médaille d'argent me rend très heureux. Maintenant, j'attends avec impatience la descente. »
Jansrud patientera
Fidèles à la réputation de leurs prédécesseurs, les Crazy Canucks, souvent présents au jour J, les Canadiens ont éjecté du podium l'autre skieur norvégien, Alexander Aaamodt Kilde, longtemps 3e, avant le passage d'Osborne-Paradis, parti avec le dossard n° 26.
Pour son 33e anniversaire, Osborne-Paradis s'est offert « le plus beau cadeau », sa première breloque sur un grand championnat, en délogeant Kilde de 3 petits 100es. « J'ai commis une grosse faute au milieu de la course et je savais que si je ne donnais pas tout sur le reste, c'était fini. C'est la beauté de la course », s'est félicité le Canadien. Jansrud, dominateur sur les épreuves de vitesse ces dernières saisons et lauréat de trois des quatre super G cet hiver, va devoir lui encore un peu patienter pour un premier titre mondial.
Guay, natif de Mont-Tremblant (Québec), a remporté la Coupe du monde de super G en 2010 et compte cinq victoires en Coupe du monde, dont deux en super G en 2010. Souvent blessé et en proie à de grosses douleurs au dos depuis de nombreuses années, le Québécois a failli arrêter sa carrière il y a deux ans et demi, lorsqu'il s'est fait opéré du genou gauche en juin 2014. Depuis cette opération, il n'est monté qu'à deux reprises sur le podium d'une Coupe du monde : à Val Gardena en super G il y a deux mois (3e) et à Saint-Moritz lors de la descente des finales en mars 2016 (3e).
Samedi lors de la descente, la course reine des Mondiaux, Guay sera candidat au doublé, et fera face à des Norvégiens revanchards et des locaux suisses, Beat Feuz et Carlo Janka, présentés comme prétendants à la « boîte » et passés un peu à côté de leur course hier (Janka 8e et Feuz 12e).
Et ce fut Schmidhofer
Mardi, chez les dames, la skieuse française Tessa Worley, qui faisait figure d'outsider, a dû se contenter d'une 8e place dans le super G des championnats du monde de ski alpin, remportés contre toute attente par la skieuse autrichienne Nicole Schmidhofer, devant la grande favorite suisse Lara Gut (3e). Reine de la vitesse ces dernières saisons, la skieuse américaine Lindsey Vonn a de son côté raté sa course à Saint-Moritz : elle est sortie de piste après une trentaine de secondes, sans toutefois chuter.
« Je suis un petit peu déçue de faire 8e aux Mondiaux, c'est la course où il fallait arriver à oser », a réagi Worley, qui partira favorite du slalom géant (jeudi prochain), en tant que leader du classement de la Coupe du monde de la spécialité. « J'ai fait une manche avec de bonnes parties, d'autres moins bonnes, avec des petites erreurs qui m'ont coûté cher. Je m'en vais quelques jours de Saint-Moritz pour me préparer au géant et au Team Event (mardi prochain), je suis hypermotivée pour revenir la semaine prochaine », a ajouté la championne du monde 2013 de géant. Les deux autres tricolores engagées, Romane Miradoli et Tiffany Gauthier, ont pris respectivement les 16e et 23e places.
Schmidhofer, qui a remporté la première médaille d'or de ces Mondiaux, n'était jusque-là montée que deux fois sur un podium de Coupe du monde, mais avait été sacrée championne du monde juniors de super G et de géant en 2007. Elle a bouclé la manche de super G disputée sous le soleil en 1 min 21 sec 34/100es. La skieuse du Liechtenstein Tina Weirather (+0,33/100es) a pris la 2e place, devant Lara Gut (+0,36/100es). Schmidhofer, qui était montée pour la première fois en 2013 sur un podium de Coupe du monde en terminant 2e du super G de Cortina d'Ampezzo, avait raté de peu une première médaille aux Mondiaux de Beaver Creek en 2015, échouant à la 4e place de la descente. Skieuse de Styrie dans le centre de l'Autriche, Schmidi (de son surnom) permet à la Wunderteam autrichienne de garder le titre mondial de super G : elle succède à Anna Fenninger, sacrée il y a deux ans dans le Colorado à Beaver Creek.
Le bâton de Vonn
Pour Gut, qui s'élançait en 7e position, la déception est vive après sa 3e place : elle portait en effet les espoirs de tout un pays passionné de ski, elle qui caracole en tête de la Coupe du monde de la spécialité. Depuis sa chute fin janvier dans le super G de Cortina d'Ampezzo (Italie), la Tessinoise n'avait pas rechaussé les skis mais, malgré les bleus sur une jambe, assurait dimanche dernier être « en forme à 100 % ». « C'est un bon départ. Pour ma première course sur les Mondiaux à domicile, le bronze ce n'est pas si mal, je ne peux pas me plaindre, a réagi la Suissesse. C'était ma première course depuis ma chute, je ne pouvais pas vraiment pousser. Pour la prochaine course, ça ira mieux. »
Vonn, elle, a eu du mal avec son bâton droit et n'a pas atteint la moitié de la course avant de rater une porte puis de sortir du parcours en évitant la chute. L'Américaine a manqué le début de la saison de Coupe du monde en raison d'une fracture à l'humérus du bras droit. Pour sa deuxième course après son retour, elle avait remporté la descente de Garmisch-Partenkirchen (Allemagne) le 21 janvier, mais avait reconnu qu'elle n'arrivait pas à nouer sa queue-de-cheval en raison de sa blessure. « Je suis restée sur mes pieds, c'est le plus important, a-t-elle expliqué après le super G de mardi. Mais je suis déçue, j'ai perdu un bâton et ensuite ma concentration. Pour la suite, je vais devoir m'attacher le bâton, je ne peux plus me permettre de le perdre. » La skieuse de Vail espère « être en forme dimanche » pour la descente.
La tenante du titre autrichienne Anna Fenninger-Veith est elle aussi sortie de piste sans chuter, alors qu'une autre prétendante au titre mondial, la skieuse italienne Sofia Goggia, n'a pris que la 10e place.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine