L’accord de libre-échange réciproque sur des produits agricoles et de la pêche avait été signé en 2012 entre l’UE et le Maroc. John MacDougall/AFP
Le Maroc a adressé hier une sévère mise en garde à l'Union européenne (UE) en l'appelant à mettre « pleinement » en œuvre l'accord agricole avec le royaume sous peine d'en subir les conséquences.
Signé en 2012, cet accord de libre-échange réciproque sur des produits agricoles et de la pêche avait été invalidé en décembre 2015 par le tribunal de l'UE après un recours du Front Polisario contestant l'inclusion du Sahara occidental dans le traité. Ce recours a été finalement rejeté fin 2016 par la Cour de justice européenne (CJUE).
« Il y a eu un jugement. Il faut maintenant que les choses soient claires, sincères, sur l'avenir que nous voulons développer entre le Maroc et l'UE », a déclaré à l'AFP le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Aziz Akhannouch. « Nous avons un contrat commercial de libre-échange, un partenariat gagnant-gagnant (...). Malheureusement, il y a des zones d'incertitude sur tout ce qui ce prépare à Bruxelles », a déploré M. Akhannouch.
L'arbitrage de la CJUE fin 2016 avait débouté le Polisario, mais affirmé en même temps que le Sahara occidental (ex-colonie espagnole contrôlée par Rabat et dont le Polisario veut l'indépendance) n'était pas concerné par l'accord agricole, son statut n'ayant pas été arrêté par la communauté internationale. Depuis lors, des associations pro-Polisario ont contesté des opérations commerciales entre le Maroc et des pays européens concernant des produits venus du Sahara.
« Pas de temps à perdre »
« Nous n'avons pas de temps à perdre à aller devant les tribunaux. On ne veut pas rentrer dans la cuisine interne des institutions européennes », a souligné M. Akhannouch, disant par ailleurs avoir « beaucoup de pression » des agriculteurs et des pêcheurs marocains. « J'ai signé un contrat avec l'UE, je veux simplement savoir si cet accord est toujours d'actualité », a-t-il martelé.
Dans un communiqué publié hier, son ministère a rappelé que « la Commission européenne ainsi que le Conseil européen ont la responsabilité de neutraliser les entraves et tentatives de perturbation », qui « mettent en péril un édifice de coopération construit sur de nombreuses années » et nécessitent désormais « un engagement franc de la part de l'UE ». Pour bien faire passer le message, le ministère a prévenu que l'Europe s'exposait à un « véritable risque de reprise des flux migratoires que le Maroc, au gré d'un effort soutenu, a réussi à gérer et à contenir ». Cette déclaration augure de nouvelles tensions entre l'UE et le royaume, qui bénéficie pourtant depuis 2008 d'un « statut avancé » de voisinage avec l'Union.
(Source : AFP)


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