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Aux Émirats arabes unis, un festival pour préserver les traditions du désert

Au programme des réjouissances : danse et musique traditionnelles, courses de chevaux et fauconnerie, mais surtout, courses et concours de beauté de dromadaires.

Une jeune femme fait tourner sa longue chevelure autour de sa tête, dans un mouvement lancinant rythmé par une musique traditionnelle bédouine. Karim Sahib/AFP

Une demi-douzaine de jeunes femmes, vêtues d'abayas vertes, font tourner leur longue chevelure noire autour de leur tête dans un mouvement lancinant rythmé par une musique traditionnelle bédouine. Autour d'elles, une vingtaine d'hommes portant des gandouras blanches forment un rectangle parfait et participent à la danse, appelée al-Ayala, en faisant tournoyer habilement leurs fines cannes de bois.
La scène se déroule à Sweihan, au cœur du désert des Émirats arabes unis, à une centaine de kilomètres à l'est d'Abou Dhabi. Contrastant avec cette ville aux immeubles ultramodernes, ceinturée d'autoroutes impeccablement asphaltées, Sweihan accueille la 11e édition du festival annuel du patrimoine Sultan ben Zayed. Au programme, danse et musique traditionnelles, mais surtout courses et concours de beauté de dromadaires.
« Il ne fait aucun doute que la vie moderne a un impact très fort sur les jeunes dans les villes, mais il est très important de préserver les traditions, la culture du pays et de son peuple », explique cheikh Sultan, l'un des fils de cheikh Zayed, père fondateur de la jeune Fédération des Émirats arabes unis. De tels festivals, où se déroulent aussi des courses de chevaux et de lévriers, ainsi que des concours de fauconnerie « aident grandement » à sensibiliser les jeunes sur les traditions de leurs ancêtres, ajoute cheikh Sultan, qui a le regard vif et dur des hommes du désert. Selon lui, davantage d'efforts devraient être menés dans les écoles et au sein même des familles. « Il faudrait aussi que les médias donnent de l'espace à la culture » locale, surtout à un moment où la profusion d'informations se déversant via les réseaux sociaux rendent difficilement audibles la transmission du patrimoine.

La beauté des dromadaires
Coiffé d'un turban, cheikh Sultan est confortablement assis dans un grand fauteuil qui se détache au premier rang des tribunes d'un concours de beauté de dromadaires. Sept catégories sont en lice, dont « des femelles enceintes sur le point de mettre bas » (Madani), « des vierges âgées de deux ans » (Haqayeq Bekar), « des femelles qui ont donné naissance récemment » (Azzaf), celles « qui n'ont jamais été enceintes ou inséminées » (Houl) et « les mâles âgés de cinq ans et plus » (Zamoul), précise le programme.
Il s'agit d'un véritable concours de beauté au cours duquel le jury s'intéresse notamment à la forme de la tête, à celle du cou et de la bosse, à la posture générale, à la longueur des cils et à la brillance du poil. Les éleveurs et propriétaires de troupeaux sont encouragés « à conserver des souches authentiques de dromadaires et à les protéger de l'hybridation et des croisements, tout en créant une saine atmosphère de compétition (...) afin d'assurer la reproduction des plus beaux spécimens », souligne la brochure du festival. En 2005, un premier bébé dromadaire pur-sang a été conçu en éprouvette à Abou Dhabi.
À l'annonce des résultats du concours Madani, cheikh Sultan se lève pour saluer le vainqueur et son propriétaire qatari sous les applaudissements de la foule, tandis qu'un drone survole le rassemblement en filmant toute la scène. Derrière le périmètre réservé aux animaux sont alignés 80 véhicules tout-terrain 4x4 flambants neufs, qui font partie des lots remis pendant le festival. D'autres récompenses, allant de 10 000 à 45 000 dirhams (2 500 à 11 500 euros), sont allouées aux propriétaires dont les animaux arrivent à se hisser parmi les 10 premiers des différentes compétitions. Les courses de dromadaires au festival Sultan ben Zayed sont parmi les rares où les bêtes sont conduites par de jeunes jockeys. Ailleurs aux Émirats arabes unis, le jockey est aujourd'hui remplacé par un petit robot qui fait avancer l'animal.
René SLAMA/AFP

Une demi-douzaine de jeunes femmes, vêtues d'abayas vertes, font tourner leur longue chevelure noire autour de leur tête dans un mouvement lancinant rythmé par une musique traditionnelle bédouine. Autour d'elles, une vingtaine d'hommes portant des gandouras blanches forment un rectangle parfait et participent à la danse, appelée al-Ayala, en faisant tournoyer habilement leurs fines cannes de bois.La scène se déroule à Sweihan, au cœur du désert des Émirats arabes unis, à une centaine de kilomètres à l'est d'Abou Dhabi. Contrastant avec cette ville aux immeubles ultramodernes, ceinturée d'autoroutes impeccablement asphaltées, Sweihan accueille la 11e édition du festival annuel du patrimoine Sultan ben Zayed. Au programme, danse et musique traditionnelles, mais surtout courses et concours de beauté de dromadaires.« Il...
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