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Liban

Souhaid accuse Bassil de torpiller les perspectives d’aide à l’armée libanaise

Polémique
Y. A. A. | OLJ
28/01/2017

Des propos tenus jeudi par le ministre des Affaires étrangère, Gebran Bassil, et rapportés hier par le quotidien al-Akhbar, proche du Hezbollah, ont suscité une grosse polémique dans les milieux politiques.
Lors de la cérémonie organisée pour annoncer « le document politique » du Courant patriotique libre (CPL), M. Bassil, chef du parti, a mis l'accent sur « trois composantes essentielles des alliances du courant aouniste » : le Hezbollah, « pour défendre le pays et sa souveraineté, et pour protéger le Liban contre le terrorisme », les Forces libanaises (FL) « pour renforcer et unifier la société », et le courant du Futur « pour édifier un État », a souligné M. Bassil.
Interrogées à ce sujet par L'Orient-Le Jour, des sources politiques bien informées ont indiqué que le discours du chef de la diplomatie s'inscrit dans le cadre des tentatives du courant aouniste de rassurer le Hezbollah, qu'en dépit de l'accession de Michel Aoun à la tête de l'État, le CPL est toujours attaché au document d'entente qu'il a signé avec le parti chiite en 2006. Dans les mêmes milieux, on fait valoir que l'alliance tripartie CPL-FL-courant du Futur a suscité les craintes du parti de Hassan Nasrallah, notamment en matière de loi électorale. « Le Hezbollah craint une entente entre les formations de Saad Hariri, Samir Geagea et Gebran Bassil autour d'une formule électorale qui porterait atteinte au rôle politique du parti chiite », note-t-on de mêmes sources, avant de souligner qu'« à travers son discours, Gebran Bassil a tenu à affirmer que le mandat est attaché à la résistance, et veille à l'apaisement des composantes chrétienne et sunnite.
Sur un autre plan, c'est surtout la partie concernant le Hezbollah qui a suscité de vives réactions, liées bien entendu à une éventuelle réduction de l'importance du rôle de l'armée en matière de défense du territoire et de monopole du port des armes. D'autant plus que les propos de M. Bassil interviennent à l'heure où le chef de l'État tente de normaliser les relations du Liban avec les pays du Golfe qui fournissent des aides à la troupe.

« Est-il conscient ?... »
Le coordinateur général du 14 Mars, Farès Souhaid, a répondu aux propos de M. Bassil. Dans un communiqué publié hier, il s'est dit « étonné de ce que Gebran Bassil, en sa double qualité de ministre et chef d'un parti chrétien important, tienne un tel discours, assignant des fonctions exclusives et bien définies à chaque parti et à chaque communauté, ce qui est particulièrement dangereux ».
Joint par L'OLJ, M. Souhaid a critiqué le fait que le chef de la diplomatie adopte un discours qui « discrédite l'armée libanaise ». Selon lui, « si le Hezbollah est désormais chargé de défendre le Liban, comme le dit M. Bassil, il vaudrait mieux dissoudre la troupe et la transformer en police municipale ».
« Gebran Bassil n'est pas une personnalité politique ordinaire. Il est l'homme fort du mandat Aoun et ministre des Affaires étrangères, toutes ses déclarations sont attendues dans les milieux diplomatiques », note le coordinateur général du 14 Mars avant de se poser la question de savoir « si M. Bassil est conscient du fait que la première mission de l'armée est celle de défendre le pays ». « Est-il conscient que ce discours intervient au moment où l'on attend des aides étrangères à la troupe ? » s'est interrogé M. Souhaid, estimant que « le discours de Gebran Bassil a torpillé toute possibilité d'aide étrangère à l'institution militaire ».
L'ancien député a incité, dans ce cadre, le président de la République à prendre les mesures nécessaires à même de maintenir les aides prévues à l'armée.
Dans le même ordre d'idée, M. Souhaid a appelé les FL, « qui ont mené de longues batailles pour la mise sur pied de l'accord de Taëf, à se démarquer des prises de position de M. Bassil, sans pour autant porter atteinte à leur réconciliation avec le CPL. Si le pouvoir continuait de présenter ses lettres de créance au Hezbollah, il serait en train de soutenir que Hassan Nasrallah est le véritable chef de l'État », a conclu Farès Souhaid.

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