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Moyen Orient et Monde

L’armée assiège Wadi Barada, clé pour l’alimentation en eau de Damas

Syrie

Assad appelle les rebelles à rendre les armes contre une amnistie lors des négociations de « réconciliation » à Astana, au Kazakhstan.

OLJ
20/01/2017

L'armée syrienne et des forces alliées assiégeaient hier la région rebelle de Wadi Barada, près de Damas, un secteur-clé car abritant les principales infrastructures alimentant en eau la capitale syrienne, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Ces infrastructures ont été endommagées par des combats entre le régime et les rebelles, entraînant d'importantes pénuries d'eau à Damas depuis le 22 décembre. Les forces prorégime y mènent depuis une offensive pour en déloger les rebelles et reprendre le contrôle des différentes sources qui s'y trouvent.
« Les forces du régime et des groupes alliés ont assiégé Wadi Barada (...) après avoir coupé la route entre cette région et les zones tenues par les rebelles » dans la région montagneuse de Qalamoun, qui borde le Liban, a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Une source militaire syrienne a confirmé que Wadi Barada était assiégée après la coupure de la route, précisant que l'armée syrienne encerclait notamment Aïn al-Fijeh, un village de cette région depuis lequel coule la principale source d'eau. Les forces gouvernementales poursuivent leurs efforts en vue d'obtenir, sans opération militaire, le départ des hommes armés d'Aïn al-Fijeh « de façon à éviter davantage de dommages » dans le secteur, a-t-elle souligné. « Les hommes armés sont encerclés (...). Ils n'ont d'autre choix que d'accepter un accord ou la poursuite de l'opération militaire. Nous préférons la première solution de façon à ce que le personnel de maintenance puisse entrer rapidement (dans le secteur) et réparer les dommages », a ajouté la source militaire.

Priorité
L'offensive du régime à Wadi Barada a été l'une des raisons avancées mercredi par le plus important groupe rebelle syrien, Ahrar al-Cham, pour justifier son refus de participer aux négociations avec le régime prévues le 23 janvier à Astana, au Kazakhstan, sous l'égide de Moscou et Ankara.
Hier, le président syrien Bachar el-Assad a souhaité que les rebelles acceptent le principe de rendre leurs armes en échange d'une amnistie, lors des négociations à Astana consacrées au renforcement du cessez-le-feu. Entrée en vigueur le 30 décembre dernier, cette trêve, qui tient vaille que vaille, connaît des violations régulières, notamment à Wadi Barada, mais un arrêt des combats a été décidé hier, selon les rebelles, dans cette région. Damas n'a pas confirmé cet accord.
Dans un entretien à la télévision japonaise TBS, dont des extraits ont été publiés hier par la présidence syrienne, M. Assad a affirmé que ces pourparlers auraient « comme priorité » de consolider la trêve. « Cela visera à protéger la vie des gens et permettra d'acheminer l'aide vers les différentes régions de Syrie », a-t-il dit, alors que l'ONU s'est plainte que la trêve n'avait pas permis l'acheminement d'aides humanitaires supplémentaires. Pour M. Assad, au-delà de la consolidation du cessez-le-feu, « les pourparlers devront permettre aux groupes (rebelles) de se joindre aux accords de "réconciliation", ce qui signifie rendre les armes en échange d'une amnistie ». « C'est la seule chose que nous pouvons espérer en ce moment », a dit le président syrien, dont les troupes sont en position de force après plusieurs victoires face aux rebelles.

L'ONU à Astana
Contrairement à Ahrar al-Cham, une poignée d'autres groupes rebelles sous la direction de Mohammad Allouche se rendront à Astana. Ce sera la première fois qu'une délégation formée purement de groupes rebelles négociera avec le régime syrien. Outre des représentants des parrains des pourparlers, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, sera également présent à la conférence. Moscou et Ankara veulent une présence des Américains à Astana, mais l'Iran y est hostile. Des négociations sur la Syrie sous l'égide de l'ONU doivent en principe suivre à Genève le 8 février.
Enfin, hier, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a souhaité « donner une chance » aux négociations sur la Syrie au Kazakhstan, tout en insistant sur le fait qu'elles n'étaient qu'une « étape » avant un processus parrainé par l'ONU.

(Source : AFP)

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