«Construisez une petite barrière autour de votre jardin », voilà le conseil de saint Nicolas de Flue au peuple suisse. Du fait de ses divisions internes, la Suisse était devenue le terrain de bataille de l'Europe. Il a fallu cinq siècles et plus d'un siècle de guerre pour que la Suisse ait pu construire une unité exemplaire dans toute sa diversité ethnique, linguistique et religieuse. « Construisez une forte barrière autour de votre pays », voilà ce que devrait être le conseil, le concept et l'action de notre nouveau régime. Voilà aussi ce que devrait signifier l'affirmation audacieuse : « Le Liban n'est inféodé à aucun pays étranger. » Affirmation, certes, audacieuse dans le contexte actuel et l'état des lieux qui prévaut sur le terrain. Les contentieux régionaux et internationaux sont pesants et même fortement pesants sur notre pays. Le Liban est, lui aussi, devenu du fait de ses divisions internes et de ses alliances extérieures le champ de bataille du Moyen-Orient. J'espère que nous n'attendrons pas des siècles pour participer au mouvement ascendant de la civilisation et du progrès. Il s'est déjà écoulé un siècle et tout est à construire : légitimité, unité, popularité, détermination et volonté de changer et réformer caractérisent ce nouveau régime. Des valeurs qui font éclore un brin d'espoir dans nos cœurs. Il est judicieux de rappeler que des partis politiques influents, des instances religieuses, des personnalités politiques, des intellectuels et des journalistes ont à maintes reprises prôné, dans les instances internationales, un statut de neutralité du Liban. Tous les efforts ont été vains et n'ont jamais franchi le Rubicon de l'ONU pour aboutir au vote à l'Assemblée générale d'un statut de neutralité pour le Liban. Faut-il encore et encore rappeler qu'un tel statut est favorable au « vivre-ensemble », à la construction d'un État moderne démocratique respectant la diversité, le pluralisme et l'altérité ; un État jouissant d'une stabilité permanente, de développement durable et devenant une terre de dialogue des cultures et des religions. Un tel statut peut consolider la paix et développer la notion de citoyenneté. Une nouvelle république qui jetterait les fondements d'une Suisse sur la rive orientale de la Méditerranée léguerait à nos enfants un monde de paix et de démocratie.
Dr Joseph KREIKER


Dr. Joseph Kreiker, votre conseil est compréhensible et louable, mais...il y a une énorme différence entre le peuple suisse (même du temps de Nicola de Flue) et le peuple libanais. 1) les Suisses sont patriotes...alors que les Libanais ne savent plus ce que cela signifie, surtout la génération actuelle 2) les Suisses sont fiers de leur pays et font tout pour le préserver: nature, environnement, patrimoine etc. le Libanais est prêt à vendre et défigurer, sans aucun remords, chaque centimètre carré de son pays, pour quelques dollars 3) les Suisses sont respectueux, polis et disciplinés le Libanais s'estime intelligent et est fier de savoir contourner tous les règlements... quant à la politesse, il ne sait plus ce que cela veut dire 4) les dirigeants suisses sot honnêtes, sinon on les renvoye chez eux les dirigeants libanais sont tous corrompus jusqu'à la moelle, et on les laisse faire 5) le Suisse ne vous demande pas de quelle religion vous êtes le Libanais a basé toute son existence privée politique et sociale sur son appartenance religieuse, et n'a toujours pas compris que c'est la source de tous ces malheurs Alors, Dr. Joseph Kreiker...pouvons-nous encore réver...espérer...que notre Liban ressemble un jour à la Suisse ? Irène Saïd pour
15 h 15, le 21 janvier 2017