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Moyen Orient et Monde

Après la mort d’un négociateur, Wadi Barada s’embrase à nouveau

Éclairage

La région rebelle, à la lisière de Damas, est assiégée par les forces du régime et les combattants du Hezbollah.

16/01/2017

Cela fait près d'un mois qu'une offensive sans précédent dans la région de Wadi Barada a été lancée par les forces du régime de Bachar el-Assad, appuyées par les combattants du Hezbollah, contre les groupes rebelles qui contrôlent cette zone ultradisputée, située à seulement 15 km de Damas. Wadi Barada abrite la principale structure d'alimentation en eau de la capitale, qui a été endommagée par les combats. Depuis le 22 décembre, les 5,5 millions d'habitants de Damas et de sa région font face à de terribles pénuries d'eau.

Hier, de violents combats se poursuivaient en dépit de l'entrée en vigueur d'un accord de cessez-le-feu en Syrie obtenu en décembre et parrainé par Moscou, Ankara et Téhéran. Dans la nuit de samedi à dimanche, la tension est montée d'un cran après que le chef du comité des négociations dans la région, l'officier à la retraite Ahmad el-Ghadbane, eut été tué à Aïn el-Fijé par des hommes armés non identifiés. M. Ghadbane venait tout juste d'être appelé à prendre ses fonctions en vertu d'un accord permettant l'entrée des équipes de maintenance à Wadi Barada. Les infrastructures alimentant la capitale en eau devaient en effet être réparées en échange de l'arrêt des hostilités et le départ du secteur des combattants rebelles qui le souhaitaient, vers Idleb ou vers d'autres bastions tenus par les insurgés. Les deux parties se sont accusées mutuellement d'être responsables de l'assassinat du négociateur. Des organisations locales de la société civile ont dénoncé l'assassinat de M. Ghadbane, tué selon elles « à un barrage du régime ». Elles réclament, depuis le début des hostilités fin décembre, l'envoi d'« observateurs de l'ONU pour superviser le cessez-le-feu à Wadi Barada et le départ des forces du régime », soutenues par des combattants du Hezbollah.

Sur les réseaux sociaux, des Syriens prorégime rendaient hommage hier à M. Ghadbane, ancien officier « héros de la guerre d'Octobre » (guerre du Kippour – 1973), alors que de nombreux activistes de l'opposition rappelaient de leur côté que ce dernier vivait depuis plus de 6 ans en zone rebelle. Sa mort a annulé l'accord conclu vendredi entre régime et insurgés qui devait permettre de réparer les dommages causés aux infrastructures d'alimentation hydraulique. Les affrontements ont donc repris de plus belle. Les forces gouvernementales ont bombardé un refuge temporaire où se trouvaient des femmes et des enfants déplacés, dans le village de Deir Qanoun, faisant 15 morts et des dizaines de blessés, selon les activistes du centre des médias de Wadi Barada. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a de son côté fait état de sept civils tués et vingt personnes blessées. « Il s'agit du bilan le plus lourd depuis l'entrée en vigueur de la trêve » en Syrie entre régime et rebelles le 30 décembre, a déclaré à l'AFP son directeur, Rami Abdel Rahmane. Des photos montrant des corps enveloppés dans des couvertures et le sol couvert de sang ont été diffusées sur le groupe WhatsApp des activistes de Wadi Barada, comme étant le résultat de ces bombardements par le régime.

(Lire aussi : Les factions de l’opposition syrienne, entre optimisme et pessimisme face à une solution politique)

« 12 km sous les tirs des snipers »

« La situation est tragique. Tous les civils sont pris au piège, et aucun d'entre eux n'a pu franchir aujourd'hui les barrages de l'armée syrienne. Le siège est en train de nous étouffer », confie Abou Mohammad el-Baradaoui, directeur du centre d'information de Wadi Barada, contacté par L'Orient-Le Jour. La veille, l'activiste avait fait état de nombreux dégâts, suite à des bombardements des forces gouvernementales, dans les locaux utilisés comme centre de médias, les contraignant à se déplacer. « C'est très compliqué de pouvoir communiquer avec l'extérieur. Par exemple, les équipes médicales n'ont absolument pas accès à Internet », précise Abou Mohammad el-Baradaoui. Il explique que pour pouvoir avoir accès au réseau, les activistes sont contraints de marcher près de « 12 km sous les tirs des snipers ». « Dès que nous nous approchons d'une zone où sont postés des miliciens du Hezbollah, nous captons une barre de réseau, ce qui nous permet de faire part au monde de la réalité de notre situation », poursuit-il.

Dans la soirée, les combats se poursuivaient à Aïn el-Fijé, Aïn el-Khodra et près du village de Bassimeh. Les forces du régime et les milices du Hezbollah tentaient de poursuivre leur avancée vers les installations hydrauliques de Aïn el-Fijé, en bombardant les positions des rebelles à l'aide de missiles et de tirs d'artillerie, sans toutefois pouvoir y parvenir, selon les activistes sur place.

La reprise de négociations concernant le rétablissement complet de l'approvisionnement en eau de Damas semble compromise avec la reprise des combats. Les équipes de maintenance du gouvernement ont notamment quitté Wadi Barada sans avoir effectué les réparations. « Le régime et le Hezbollah ont choisi d'en finir avec Wadi Barada par la force », ajoute Abou Mohammad el-Baradaoui.

À une semaine du lancement des négociations de paix au Kazakhstan, prévues le 23 janvier, les organisations locales de la société civile ont appelé l'opposition politique à « ne pas s'(y) rendre ». Le Haut Comité des négociations (HCN), qui regroupe une grande partie de l'opposition syrienne, a cependant confirmé samedi sa participation.


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AIGLEPERçANT

La région rebelle, à la lisière de Damas, est assiégée par les forces du régime et les combattants du Hezbollah.

La région envahie par les bactéries terroristes wahabites , à la lisière de Damas , est sur le point d'être libérée , par les forces du régime légitime et ses alliés invités par ce régime légitime , dont le hezb résistant libanais .

Petite leçon du savoir comment écrire les choses sans les travestir .

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