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Nos lecteurs ont la parole - Sylvain Thomas

Vingt ans de mariage, des jalons critiques...

À toutes les vicissitudes de la vie moderne s'en ajoute depuis belle lurette une nouvelle, bien fâcheuse, qui touche les couples mariés depuis quinze ans et plus. Ils sont peu nombreux à se défaire juste au moment où, la plupart des difficultés étant aplanies, on pourrait penser qu'ils trouveraient, dans leur longue habitude de partager joies et peines, la garantie d'un avenir paisible.
Cette pénible expérience, Soraya se confiant à son frère préféré lui a dit : « Comme tu le sais, nous en avons tant vu ensemble, mon Edgard et moi !
J'ai travaillé pour qu'il puisse poursuivre ses études ; l'éducation de nos enfants nous a apporté le lot habituel de problèmes et de soucis financiers. Et le voilà aujourd'hui qui prétend que nous n'avons plus rien de commun et il parle de séparation. Fallait-il donc supporter tout cela pour finir par se séparer, je ne comprends pas ? »
Bien que l'on ait tendance à l'oublier en temps de crise, un ménage de vingt ans est comme une maison construite par un maître architecte. Point n'est besoin de la démolir : on peut la consolider et la restaurer avec amour. Il suffit d'en avoir le désir et, surtout, d'y consacrer l'effort nécessaire.
Son frère lui répondit : « Être marié depuis vingt ans implique que l'on est âgé entre quarante et cinquante ans et que les difficultés de l'âge mûr commencent à se faire sentir. Tu n'es presque jamais tout à fait à l'abri des moments de mauvaise santé ou d'humeur critique de la ménopause, et Edgard a les inconvénients de l'andropause, à savoir : irritabilité, désarroi, et même déclin à peine léger sur le plan sexuel. »
Voici à son tour, comment Edgard décrit les effets et la façon d'y remédier : « Je ne suis plus le même. Elle me reprenait et me critiquait sur tout ce que je disais et aussi sur presque tout ce que je faisais. À vrai dire je ne valais guère mieux ; chaque fois qu'on s'était disputés, elle allait s'enfermer dans la cuisine. Six mois plus tard, elle avait pris quinze kilos, ce qui n'arrangeait pas les choses. Le médecin lui a prescrit des hormones. Bouffées de chaleur et crises de nerfs ont disparu et, du coup, nous avons pu régler nos problèmes entre nous. De mon côté, j'ai cessé d'essayer de chasser mes soucis en fumant beaucoup. »
Le traitement hormonal ne supprime pas tous les ennuis de la ménopause, mais il en atténue d'ordinaire les symptômes les plus gênants et permet aux époux de résoudre plus efficacement leurs autres difficultés. Il en existe également un pour les hommes, mais il ne donne pas des résultats aussi probants.
Maintenant nous allons parler d'un second cas de couple marié, celui de Lara, amie intime de Soraya. Un des principes fondamentaux de la société est ce que la psychanalyse appelle le « principe de réalité », il pousse les gens à se priver aujourd'hui pour être plus à l'aise demain. Antonin, le mari de Lara, a travaillé dur pour arriver et Lara l'a toujours secondé. Au début de leur mariage, il y a seize ans, ils vivaient dans un petit appartement au-dessus d'un magasin où il vendait des pièces de rechange pour voitures.
Aujourd'hui, il est à la tête d'une entreprise de douze salariés. Il possède une grande maison et ses soucis d'argent sont dissipés, mais Lara se demande si tous ces efforts en valaient la peine. Elle avait l'impression qu'ils étaient presque devenus des étrangers l'un pour l'autre. Ils n'avaient plus grand-chose à se dire. En fait, Ils étaient plus heureux quand Antonin travaillait dans son petit magasin des débuts.
Il faut dire que beaucoup d'hommes arrivés au sommet de leurs métiers commencent à ressentir les mêmes doutes : À tous les points de vue, ils réussissent mais une question leur trotte par la tête : « N'y a-t-il donc rien d'autre ? Ils on mit vingt-deux ans pour obtenir une situation solide et, en fin de compte, rien de ce qu'ils ont acquis ne leur paraît plus avoir grande importance. »
Que faire ? Il y a un remède, dans ce cas, il consiste à changer graduellement d'attitude mentale, à perdre l'habitude de toujours remettre à plus tard la satisfaction de ses désirs. Les époux unis depuis vingt ans ont sûrement bien gagné le droit de profiter, sans plus attendre, des joies de l'existence. Le mari pourrait, par exemple, organiser son emploi du temps de manière à y inclure, une fois par semaine, une agréable sortie le week-end en montagne ou en villégiature avec sa femme ;
et celle-ci sacrifier de temps à autre un ou deux déjeuners avec ses amies pour les consacrer à son époux.
Le plus souvent il suffit de faire le premier pas ; en effet, quand ils ont découvert la joie de vivre ensemble dans le présent après un accord à l'amiable, les conjoints imaginent maintenant d'autres distractions au lieu de repousser à l'infini la satisfaction de leurs désirs et rompre ainsi leur désir de séparation.

Sylvain THOMAS

À toutes les vicissitudes de la vie moderne s'en ajoute depuis belle lurette une nouvelle, bien fâcheuse, qui touche les couples mariés depuis quinze ans et plus. Ils sont peu nombreux à se défaire juste au moment où, la plupart des difficultés étant aplanies, on pourrait penser qu'ils trouveraient, dans leur longue habitude de partager joies et peines, la garantie d'un avenir paisible.Cette pénible expérience, Soraya se confiant à son frère préféré lui a dit : « Comme tu le sais, nous en avons tant vu ensemble, mon Edgard et moi !J'ai travaillé pour qu'il puisse poursuivre ses études ; l'éducation de nos enfants nous a apporté le lot habituel de problèmes et de soucis financiers. Et le voilà aujourd'hui qui prétend que nous n'avons plus rien de commun et il parle de séparation. Fallait-il donc supporter tout...
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