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À La Une - Côte d'Ivoire

Mutinerie en Côte d'Ivoire : des Libanais livrent leur témoignage à L'Orient-Le Jour

Un calme précaire règne à Bouaké, des tirs ont été entendus à Abidjan.

Des soldats mutins ayant pris le contrôle de Bouaké, en Côte d'Ivoire, le 6 janvier 2017. REUTERS/ Thierry Gouegnon

Un calme très précaire régnait samedi à Bouaké, deuxième ville de Côte d'Ivoire contrôlée depuis la veille par des militaires mutins réclamant une augmentation de salaires, ainsi qu'à Abidjan, capitale économique du pays, racontent à L'Orient-Le Jour des Libanais installés dans ces agglomérations.

"Sur la ville règle règne un silence pesant entrecoupé de tirs sporadiques", explique un commerçant libanais installé à Bouaké qui tient à garder l'anonymat. "La ville est occupée par les militaires et les civils sont terrés chez eux", ajoute-t-il. "Les écoles et les commerces sont fermés à Bouaké, tout comme les stations d'essence", indique ce témoin libanais de 32 ans.

C'est dans ce contexte tendu que le ministre ivoirien de la Défense, Alain-Richard Donwahi, s'est rendu samedi à Bouaké pour tenter de désamorcer la crise. "Nous sommes venus de la part du président de la République pour les (mutins, ndlr) écouter, pour apaiser la situation", a-t-il déclaré. "Nous sortons d'(une) crise et notre armée est en reconstruction; les choses n'avancent pas aussi vite qu'on pourrait l'espérer mais elles avancent quand même", avait-il estimé vendredi.

Les mutins ont établi des barrages interdisant l'entrée de la ville et des longues files de véhicules étaient visibles à l'extérieur. Les militaires ont chassé les commerçants installés au bord des routes.

 
"Vraiment inquiets"

Bouaké est l'ancienne capitale de la rébellion qui contrôlait le nord du pays lorsqu'il était coupé en deux entre 2002 et 2011. Cette rébellion était favorable à l'actuel président Alassane Ouattara, alors que le sud du pays était tenu par les forces loyales à l'ex-président Laurent Gbagbo.

Les militaires révoltés réclament le paiement de primes, des augmentations de salaires, une promotion plus rapide entre les grades et des logements. Le gouvernement a présenté récemment une ambitieuse loi de programmation militaire jusqu'en 2020 prévoyant une modernisation une refonte des effectifs de cette armée de 22.000 hommes aux très nombreux officiers.

"Nous sommes vraiment inquiets, nous craignons que la situation dégénère. Le mouvement semble avoir gagné Abidjan ce matin", confie le commerçant de Bouaké.


Selon Reuters, des coups de feu ont éclaté samedi dans une caserne de la capitale économique de la Côte d'Ivoire, jusque-là épargnée par le mouvement de protestation qui s'était étendu vendredi aux villes de Daloa et Daoukro, au centre du pays, ainsi qu'à Korhogo et Odienné, au nord. Le mouvement a en outre gagné Man, dans l'ouest du pays dans la matinée.

Une habitante franco-libanaise d'Abidjan, également interrogée par L'Orient-Le Jour, ne pense pas, pour sa part, que le mouvement puisse prendre racine dans la capitale économique. "Il semble y avoir une volonté de maîtriser la situation, d'éviter qu'elle ne dégénère", estime cette architecte qui tient, elle aussi, à garder l'anonymat. Vendredi, le consulat de France à Abidjan a néanmoins recommandé aux ressortissants français d'éviter les déplacements à Bouaké, Korhogo et Daloa. Par ailleurs, ajoute-t-elle, des blindés français de la force Licorne, mise en place en Côte d'Ivoire depuis 2002, sont déployés dans Abidjan et à ses abords.

En novembre 2014 déjà, une vague de protestation de soldats était partie de Bouaké pour s'étendre à Abidjan et d'autres villes. Le non-paiement des arriérés de soldes des ex-combattants de la rébellion intégrés dans l'armée avait été présenté comme le principal motif de mécontentement.

 


Un calme très précaire régnait samedi à Bouaké, deuxième ville de Côte d'Ivoire contrôlée depuis la veille par des militaires mutins réclamant une augmentation de salaires, ainsi qu'à Abidjan, capitale économique du pays, racontent à L'Orient-Le Jour des Libanais installés dans ces agglomérations.
"Sur la ville règle règne un silence pesant entrecoupé de tirs sporadiques",...

commentaires (3)

Que Dieu protege les libanais des mutins...

Soeur Yvette

16 h 52, le 16 janvier 2017

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Commentaires (3)

  • Que Dieu protege les libanais des mutins...

    Soeur Yvette

    16 h 52, le 16 janvier 2017

  • Les Libanais de Côte-d’Ivoire ? Mais ils sont carrément d é t e s t é s !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    16 h 11, le 07 janvier 2017

  • L'Afrique va mal du nord au sud et d'est en ouest. Paradoxal que ce continent qui recèle les gisements et ressources minières de façon aberrante ne puisse pas être à la tête de l'économie mondiale. Par exemple le Congo Kinshasa aberration géologique est au bord de l'implosion l'Angola et le géant nigerian en faillite chronique et la C.I même pas capable de payer des salaires. Pour les libanais que nous sommes, africains d'adoption prions que rien ne puisse arriver de mal à ce continent nourricier.

    FRIK-A-FRAK

    14 h 20, le 07 janvier 2017

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