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À La Une - Argentine

Milagro Sala, la prisonnière qui embarrasse le gouvernement argentin

L'alliée de l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner dénonce "être victime d'une persécution politique".

Dirigeante politique, sociale et indienne, Milagro Sala est emprisonnée depuis janvier dans la province andine de Jujuy, une "détention arbitraire" pour l'Onu et un dossier gênant pour le gouvernement argentin, soucieux de son image sur la scène internationale. AFP / TELAM / EDGARDO A. VALERA

Dirigeante politique, sociale et indienne, Milagro Sala est emprisonnée depuis janvier dans la province andine de Jujuy, une "détention arbitraire" pour l'Onu et un dossier gênant pour le gouvernement argentin, soucieux de son image sur la scène internationale.

Alliée de l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner, Milagro Sala, 52 ans, dénonce "être victime d'une persécution politique" de la part du gouverneur de la province de Jujuy (nord), Gerardo Morales, élu avec le soutien du président de centre-droit, Mauricio Macri, et vieil adversaire politique.

Pendant la présidence de Nestor (2003-2007) et Cristina Kirchner (2007-2015), Milagro Sala jouissait d'une grande influence, qui faisait de l'ombre au gouverneur précédent, grâce à son organisation Tupac Amaru, qui recevait de l'argent public pour des programmes sociaux. Depuis jeudi, elle est jugée pour des dégradations et menaces à l'encontre de M. Morales, des faits remontant à 2009.

Le 16 janvier, elle a en outre été interpellée pour des échauffourées lors d'une manifestation, avant d'être mise en examen pour détournements de fonds publics destinés à la construction de logements. "Ce qui gêne (Gerardo Morales), c'est que les Indiens puissent s'organiser, prendre leur destin en main", a déclaré Mme Sala devant le tribunal provincial de San Salvador de Jujuy, une audience retransmise en direct sur les chaînes d'information du pays.

"Je demande à Gerardo Morales de me pardonner d'être indienne. Il est plein de rancoeur à mon égard, en six mois, il m'a inondée d'accusations judiciaires", a lancé au gouverneur Milagro Sala, populaire pour son action auprès des plus démunis de cette province parmi les plus pauvres de l'Argentine, frontalière du Chili et de la Bolivie.

 

Accusée de corruption
Le cas de Milagro Sala a ému les Argentins de gauche qui se sont mobilisés à plusieurs reprises à Buenos Aires. L'affaire a pris une autre tournure en septembre, quand un courrier des Nations unies demandant sa libération immédiate a été rendu public.

Dans une lettre à l'ambassadeur d'Argentine à Genève, le groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unies juge que "la privation de liberté de Milagro Sala est arbitraire". Le procureur de Jujuy, Mariano Miranda, souligne que le rapport de l'Onu s'appuie sur des constatations arrêtées en avril. Depuis, dit-il, Milagro Sala a été inculpée du "détournement de 800 millions de pesos" (environ 45 millions d'euros) et est citée dans d'autres affaires.

Début décembre, l'Organisation des Etats américains (OEA), dont le siège est à Washington, a appelé l'Argentine à libérer Mme Sala, par le biais de sa Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH).
Pour le prix Nobel de la paix Adolfo Perez Esquivel, Milagro Sala est une "prisonnière politique" qui fait les frais du changement de gouvernance dans sa province et au niveau national.

Le gouvernement et la ministre des Affaires étrangères, Susana Malcorra, font valoir le fédéralisme en vigueur en Argentine et la non-ingérence du gouvernement dans la justice d'une province. "Il y a une série d'accusations qui justifient, selon la justice de Jujuy, sa détention provisoire. C'est un dossier complexe, car l'Etat national est l'interlocuteur des Nations unies, mais c'est la province de Jujuy qui est concernée. (Le gouvernement) ne se mêle pas d'un processus" en cours dans une province, souligne Mme Malcorra.

 

Pour mémoire

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Dirigeante politique, sociale et indienne, Milagro Sala est emprisonnée depuis janvier dans la province andine de Jujuy, une "détention arbitraire" pour l'Onu et un dossier gênant pour le gouvernement argentin, soucieux de son image sur la scène internationale.
Alliée de l'ex-présidente de gauche Cristina Kirchner, Milagro Sala, 52 ans, dénonce "être victime d'une persécution politique" de la part du gouverneur de la province de Jujuy (nord), Gerardo Morales, élu avec le soutien du président de centre-droit, Mauricio Macri, et vieil adversaire politique.
Pendant la présidence de Nestor (2003-2007) et Cristina Kirchner (2007-2015), Milagro Sala jouissait d'une grande influence, qui faisait de l'ombre au gouverneur précédent, grâce à son organisation Tupac Amaru, qui recevait de l'argent public pour des programmes...
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