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Liban - Intempéries

« Suzy » revêt les sommets d’une neige salutaire

De larges éclaircies sont attendues aujourd'hui, avant un nouvel épisode pluvieux demain.

Denniyé enneigée.

Des pluies torrentielles accompagnées de gros grêlons et de vents violents, une baisse sensible des températures, un brouillard à couper au couteau, des automobilistes coincés sur les routes, des villages de haute montagne isolés par la neige, des fleuves en furie qui débordent de leur lit et d'importants dégâts occasionnés par l'orage, le vent, les eaux et les coulées de boue aux plantations, aux infrastructures et aux routes.

Tel est le bilan de la dépression Suzy qui s'abat sur le pays depuis dimanche dernier, qui s'est poursuivie hier, et qui devrait marquer une pause, aujourd'hui. Avant de reprendre demain, avec moins de violence, toutefois, et des températures plus douces aussi.

50 mm de pluie en 24 heures
Les dégâts sont sérieux certes. On ne compte plus les chutes d'arbres, les glissements de terrain, les habitations inondées, les champs agricoles noyés, les réseaux électrique et téléphonique endommagés.

Mais une chose est sûre : avec près de 50 mm de pluie tombés à Beyrouth en 24 heures (depuis mardi 8h à mercredi 8h), et non moins de 112 mm dans certaines régions de montagne, comme Qartaba, les quantités de précipitation, bien en deçà des normales saisonnières jusque-là, devraient rapidement rejoindre la normale d'ici à quelques jours, comme l'affirme à L'Orient-Le Jour le directeur des services de météorologie à l'aéroport, Marc Whaïby.

C'est également en quantité que la neige est tombée en haute montagne, recouvrant les pentes skiables (45 cm sur les pistes de la station Mzaar Kfardebian), au point de bloquer les routes reliant le Mont-Liban à la Békaa. Les flocons se sont même invités en moyenne montagne, à 800 mètres d'altitude dans certaines régions, recouvrant les pentes d'un blanc manteau hivernal. Les stations de ski pourraient bien inaugurer la saison d'ici à peu. Mais préfèrent ne pas se prononcer pour l'instant.

Dans les détails, à Beyrouth et sur le littoral, les pluies diluviennes ont provoqué des embouteillages monstres, principalement sur les axes Sin el Fil-Hayek-Jisr el-Wati, Khaldé-tunnel de l'aéroport-pont du Cocodi, Dbayé-Antélias-Nahr el-Mott. Des automobilistes coincés dans leurs véhicules par la montée des eaux ont été secourus par les éléments de la Défense civile à Hazmieh, Mkallès, Nahr el-Kalb et Zikrit. Sur la route côtière, à la hauteur d'Antélias, la chute d'un poteau électrique a considérablement ralenti la circulation. Et pour couronner le tout, dans certaines rues de la capitale, les ordures ont été déversées sur la chaussée par les torrents d'eau.
Si l'activité des ports de pêche de Tyr et de Saïda a été totalement interrompue en raison d'une mer démontée, de vagues atteignant 5 mètres de hauteur et de vents violents, le trafic aérien s'est poursuivi presque normalement.

Deux incidents sans conséquences graves fort heureusement ont toutefois marqué la journée d'hier. Un Boeing 737 de la compagnie Iraqi Airways (vol 131) qui se préparait à atterrir à l'aéroport Rafic Hariri de Beyrouth a été touché par la foudre en plein vol. En dépit d'une panne technique, le pilote a atterri avec quelques minutes de retard. L'avion qui devait repartir avec à son bord des passagers pour Bagdad est resté sur le tarmac. Il sera réparé sur place. Par ailleurs, un avion de la compagnie Fly Dubai (vol 157) en provenance de Dubaï n'a pas réussi à atterrir, en matinée, à cause du brouillard. Après une escale à Chypre, où il a fait le plein de carburant, il a atterri à l'AIB en début d'après-midi.

Les routes de haute montagne bloquées
C'est en milieu rural et en altitude que la paralysie liée au mauvais temps a été particulièrement ressentie. Du Nord au Sud, et jusqu'à la Békaa, les automobilistes ont souffert sur les routes recouvertes de neige ou inondées d'eau. La circulation a ainsi été momentanément interrompue par les FSI sur la route de Dahr el-Baïdar, devenue impraticable à cause des chutes de neige. Depuis la route Bhamdoun Mhatta, elles ont érigé un barrage pour empêcher les camions d'emprunter la direction de Dahr el-Baïdar. Même situation dans le jurd de Aley, où la majorité des écoles ont fermé leurs portes, et renvoyé les élèves chez eux, plus particulièrement celles situées à plus de 1 000 mètres d'altitude.

À Baalbeck, les routes du jurd ont été aussi bloquées par la neige, notamment la route Yammouné-Tarchiche-Les Cèdres-Ouyoun el-Simane-Hadeth Baalbeck et la route Ham-Mahraboun-le jurd de Brital.

Dans le Akkar où les grêlons ont atteint un centimètre de diamètre, le verglas et le brouillard, particulièrement dense, ont freiné la circulation et rendu les déplacements difficiles. Les commerces et les écoles sont toutefois restés ouverts.

Également enveloppée de brouillard, Ehden a vu son artère principale traversée par un torrent d'eau boueuse, le fleuve et les réseaux d'eaux usées ayant débordé. La route Bécharré-Les Cèdres, elle, est restée accessible aux voitures équipées de chaînes et aux 4x4. Quant à la route Aïnata-Les Cèdres, elle est bloquée par la neige. La visibilité étant mauvaise, les forces de l'ordre ont conseillé aux habitants de la région d'éviter de se déplacer.

Enfin, dans la région de Hasbaya, les vents violents ont endommagé les plantations d'agrumes, « abîmant la récolte à 50 % », selon les estimations des agriculteurs. Débordant de son lit, le fleuve Hasbani s'est invité dans les cafés, les habitations et les champs agricoles.

 

 

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