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Liban - Controverse

Privinvest, la holding d’Iskandar Safa, dément toute relation contractuelle avec la marine israélienne

La holding libanaise réagissait à des informations publiées par la presse israélienne sur la construction de corvettes pour l'État hébreu.

La holding libanaise Privinvest, gérée par l'homme d'affaires franco-libanais Iskandar Safa, a démenti hier avoir une relation contractuelle avec la marine israélienne ou le ministère israélien de la Défense.

Selon une information parue dimanche dans le quotidien israélien Yediot Aharonot, quatre frégates commandées en 2015 par Israël au groupe allemand ThyssenKrupp sont construites par Abou Dhabi dans un chantier naval appartenant à des investisseurs émiratis et libanais. Ces corvettes ont été commandées pour protéger les plates-formes gazières israéliennes en Méditerranée. Le nom de l'homme d'affaires libanais Iskandar Safa est mentionné dans l'article en tant qu'actionnaire à hauteur de 30 %, via sa holding libanaise Privinvest, de l'émirati Abu Dhabi Mar à qui ThyssenKrupp aurait sous-traité la construction des corvettes, selon le quotidien israélien.

« Privinvest n'est pas et n'a jamais été actionnaire de ThyssenKrupp et ne peut donc pas répondre aux questions soulevées par l'identité des deux actionnaires mentionnés par les médias », a déclaré un porte-parole du groupe à L'Orient-Le Jour. « Privinvest n'a pas et n'a pas eu de relations contractuelles avec la marine israélienne ou le ministère israélien de la Défense », a-t-il ajouté. « Iskandar Safa n'entretient pas et n'a pas entretenu de liens avec des services de renseignements d'un pays quelconque », a encore assuré le porte-parole du groupe.

Né à Beyrouth, Iskandar Safa s'est reconverti avec succès dans l'industrie : à travers Privinvest, il est devenu l'actionnaire principal des chantiers navals des Constructions mécaniques de Normandie (CMN) et un actionnaire minoritaire de l'émirati Abu Dhabi Mar.

Le service dit de boycottage d'Israël relevant du ministère libanais de l'Économie s'est saisi de l'affaire. Dans une lettre envoyée à la direction de la Sûreté générale, la directrice générale du ministère, Alia Abbas, a demandé à la Sûreté d'ouvrir une enquête pour mettre au clair le rôle joué par M. Safa dans cette transaction. Si son implication est prouvée, M. Safa risque des poursuites en justice « pour collaboration avec l'ennemi ».

 

Actionnariat iranien
ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) est également au centre d'une autre controverse en Israël à la suite de révélations des médias selon lesquelles l'Iran Foreign Investment Compagny (IFIC), la compagnie publique iranienne qui gère les capitaux investis dans des entreprises étrangères, détient une participation de 4,5 % dans le capital du groupe allemand à qui l'État hébreu a commandé des sous-marins susceptibles d'être équipés de missiles nucléaires.

Des sous-marins destinés avant tout à des missions d'espionnage au large des côtes iraniennes ou à des attaques en cas de guerre nucléaire entre les deux pays, selon des experts militaires étrangers.
Hier, le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a affirmé qu'Israël savait que l'Iran, son ennemi numéro un, était actionnaire du groupe allemand qui doit lui fournir trois sous-marins supplémentaires.
Selon des responsables du ministère de la Défense cités par les médias, Israël a obtenu des responsables de TKMS des assurances que les Iraniens n'avaient pas accès à des informations confidentielles sur les sous-marins livrés et commandés par Israël.

 

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