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Moyen Orient et Monde - Conflit

Ankara met en cause Damas dans la mort de 3 soldats turcs en Syrie

Les militaires auraient été visés par une attaque aérienne dans la région d'al-Bab.

Sur cette photo d’archives, un véhicule militaire turc à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Umit Bektas/Reuters/File Photo

La Turquie a pour la première fois mis en cause le régime du président Bachar el-Assad après la mort hier de trois soldats participant à l'opération menée par l'armée turque dans le nord de la Syrie.
L'opération turque, lancée en août, vise à repousser les jihadistes de l'organisation État islamique (EI) et les milices kurdes vers le sud.
Le gouvernement turc soutient activement l'opposition syrienne qui tente de renverser le président Assad, que le chef de l'État turc Recep Tayyip Erdogan qualifie régulièrement de « monstre aux mains recouvertes de sang ». Mais Ankara a quelque peu modéré sa rhétorique anti-Assad depuis le réchauffement de ses relations avec Moscou, un temps mises à mal par la destruction d'un bombardier russe par l'aviation turque il y a tout juste un an. Ankara a depuis intensifié sa lutte contre les jihadistes et les milices kurdes en Syrie. Et autrefois prompts à dénoncer les bombardements contre les civils en Syrie, les dirigeants turcs ont protesté du bout des lèvres contre le pilonnage des quartiers rebelles d'Alep (Nord) par l'armée syrienne, avec le soutien de Moscou.
« Trois frères d'armes héroïques sont tombés en martyrs et 10 (...) ont été blessés dans une attaque aérienne dont nous estimons qu'elle a été menée par les forces du régime syrien », a néanmoins indiqué hier l'état-major turc dans un communiqué publié sur son site. Cette attaque s'est produite à 03h30 locales (00h30 GMT), a précisé l'armée turque, ajoutant que les soldats blessés avaient été « promptement évacués de la zone pour être soignés ».
L'armée n'a pas précisé dans quel secteur cette attaque a eu lieu, mais les médias turcs ont affirmé qu'elle s'était produite dans la région de la ville syrienne d'al-Bab, contrôlée par l'EI.
Quinze soldats turcs ont été tués depuis le lancement dans le nord de la Syrie de l'opération, baptisée « Bouclier de l'Euphrate », selon un décompte de l'AFP.

« Processus extrêmement dangereux »
Le bombardement imputé au régime syrien illustre les risques de débordement liés à la participation – directe ou indirecte – de plusieurs puissances étrangères dans le conflit en Syrie, devenue le terrain d'une lutte d'influences entre plusieurs acteurs régionaux.
La nouvelle de la mort des soldats turcs a plongé Ankara en état d'alerte, selon les médias locaux. Les autorités turques ont imposé une interdiction de diffuser des images relatives à cet incident.
Le Premier ministre Binali Yildirim s'est entretenu avec le ministre de la Défense et le chef d'état-major. M. Yildirim, a affirmé en début de soirée que le communiqué de l'armée turque mettant en cause le régime syrien était « valable » et promis que cette attaque serait suivie de « représailles », sans autre détail. Le chef du principal parti d'opposition turc, Kemal Kiliçdaroglu, a exhorté le gouvernement turc à agir avec « bon sens », ajoutant que l'affaire risquait d'entraîner la Turquie « dans un processus extrêmement dangereux ».
Ankara a lancé, le 24 août, une intervention sans précédent dans le nord de la Syrie pour appuyer des rebelles syriens contre le groupe EI et les milices kurdes YPG. Le président Erdogan a déclaré mardi que les rebelles syriens soutenus par Ankara étaient « aux portes d'al-Bab », ville aux mains de l'EI. Une fois cette ville prise, « nous irons à Manbij », a-t-il ajouté, en référence à une ville tenue par les milices kurdes. Les États-Unis appuient, au grand dam d'Ankara, ces milices kurdes qu'ils considèrent comme une force locale efficace pour combattre l'EI.

(Source : AFP)

La Turquie a pour la première fois mis en cause le régime du président Bachar el-Assad après la mort hier de trois soldats participant à l'opération menée par l'armée turque dans le nord de la Syrie.L'opération turque, lancée en août, vise à repousser les jihadistes de l'organisation État islamique (EI) et les milices kurdes vers le sud.Le gouvernement turc soutient activement l'opposition syrienne qui tente de renverser le président Assad, que le chef de l'État turc Recep Tayyip Erdogan qualifie régulièrement de « monstre aux mains recouvertes de sang ». Mais Ankara a quelque peu modéré sa rhétorique anti-Assad depuis le réchauffement de ses relations avec Moscou, un temps mises à mal par la destruction d'un bombardier russe par l'aviation turque il y a tout juste un an. Ankara a depuis intensifié sa lutte...
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