Liban

Une soirée de gala, demain, pour soutenir l’association Skoun

Drogues

Le centre libanais spécialisé dans le traitement des addictions vient de clore une campagne d'information sur les droits des personnes arrêtées par la police et mène au quotidien des actions de prévention et de soins.

17/11/2016

« Venez célébrer avec nous les insolentes années 1960 », annonce l'association Skoun à propos de la soirée qu'elle organise demain, vendredi, à l'usine Abroyan de Bourj Hammoud. L'association a choisi de faire voyager ses invités à l'époque de Roy Lichtenstein et d'Andy Warhol le temps d'un dîner et d'une soirée dansante. Pour l'occasion, plusieurs artistes sont attendus : Ayla, Charbel Habre, Jana Saleh et Niiice Cream.

Tous ses soutiens seront réunis. « Sans ce gala, on ne pourrait pas survivre. Nous sommes aidés par de nombreuses entreprises dans le cadre de leurs programmes de responsabilité sociale. Par chance, beaucoup sont fidèles, 70 % de nos soutiens sont les mêmes depuis 10 ans », détaille Sarah Trad, cofondatrice et présidente de Skoun. Les fonds récoltés permettront à l'association de soutenir les victimes d'addictions de financer 45 % de son budget, principalement dédié à ses services de traitement et ses programmes de sensibilisation.

La dernière campagne de l'association était intitulée « Connais tes droits ». Diffusée de septembre à novembre, elle a eu pour objectif de permettre aux jeunes arrêtés par la police de se défendre contre les abus dont ils sont parfois victimes, selon l'association. Pour atteindre la jeunesse, Skoun est passée essentiellement par le web, à travers des vidéos publiées sur les réseaux sociaux et un site contenant toutes les informations à connaître. Le département de sensibilisation de l'association a collé des affiches les fins de semaine à proximité des bars et autres lieux fréquentés par les jeunes afin d'échanger directement avec eux.

(Pour mémoire : Les hôpitaux n'ont plus l'obligation de rapporter les cas d'overdose : les associations crient victoire)

 

Une campagne interactive
Skoun a pris le temps de répondre aux multiples questions posées par les utilisateurs des réseaux sociaux afin de rendre la campagne réellement interactive. Cette campagne a été un succès, selon Sally Chams, du département de défense de droits de l'association. « De nombreuses personnes commentent et partagent nos vidéos sur les réseaux sociaux, et nous posent des questions. C'est devenu une plate-forme interactive », a-t-elle expliqué.

« Nous n'attaquons pas le gouvernement, mais certaines pratiques inhumaines et illégales de la police. Nous voulons mettre en lumière les violations de nombreux droits méconnus. Ainsi, il est légal d'attendre la présence d'un avocat pour témoigner, ou de refuser un test urinaire. Cependant, certains policiers violent les procédures, fouillent illégalement les téléphones des jeunes appréhendés et les forcent à se soumettre à des tests, puis les leur facturent. Les jeunes, et en particulier les femmes, sont discriminés par ces pratiques et subissent des abus », précise Sally Chams. La militante de l'association espère que cette campagne permettra de mettre fin à ces pratiques. « Il s'agit pour nous de sensibiliser les jeunes, afin qu'ils sachent comment se comporter », explique-t-elle.

Pour l'association, cette campagne n'a été qu'un début. Par la suite, elle souhaiterait mettre en place une plate-forme d'échanges afin de permettre aux jeunes de discuter en profondeur des droits des consommateurs de drogues. Pour Sally Chams, la situation évolue au Liban grâce à l'action menée par Skoun depuis 14 ans. « Par le passé, cette association n'existait pas, et les discriminations étaient plus graves. Mais le changement est lent », nuance-t-elle.

Des actions de traitement et de prévention
Au jour le jour, le travail sans égal de l'ONG se situe à deux niveaux. « Le premier est celui du traitement, qui nous permet de sauver des vies. Le second est celui de l'éducation des jeunes, de la prévention dans les écoles et universités », détaille sa présidente.

Pour ce qui est du traitement, Skoun prend en compte plusieurs aspects, du test à l'offre de soin, ainsi que l'information pour les proches. Pionnière au Liban, elle gère deux centres, à Achrafieh et Chiyah. Plus de 430 personnes, majoritairement touchées par des problèmes d'héroïne, ont pu être soutenues durant l'année 2015, et plus de 3 000 sessions de thérapie ont été menées. « Notre critère de réussite des soins est que les gens puissent retrouver une vie acceptable, que ce soit socialement ou professionnellement », explique Sarah Trad.
L'association intervient tant dans les écoles publiques que privées et au sein des universités, ou encore dans les bars et les discothèques pour ses campagnes de prévention. Sarah Trad explique sa volonté de « toucher principalement les 13-20 ans, car c'est à la fois la tranche d'âge la plus vulnérable et paradoxalement la moins informée ».

Bien qu'il n'existe pas de chiffres officiels, l'addiction aux drogues au Liban est de grande ampleur. « Chacun d'entre nous connaît quelqu'un qui a un problème de drogues. Nous sommes tous concernés. Si je pouvais ouvrir un centre dans chaque région du Liban, je le ferais », ajoute la présidente de Skoun.

 

Pour mémoire
Skoun, onze années de service dans le traitement des toxicomanes

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