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Lifestyle - La Mode

Les clochards célestes de Lanvin

Le Hollandais Volant existe, mais se montre rarement. Il s'appelle Lucas Ossendrijver et dirige la création masculine de Lanvin depuis 2005. Sa collection printemps-été 2017 pour la plus ancienne griffe française est un joyeux chahut urbain, soutenu par une éblouissante maîtrise technique.

L’homme Lanvin printemps-été 2017. ©Lanvin

Le styliste néerlandais Lucas Ossendrijver a fait ses études à l'Art Ez d'Arnhem avant de devenir le bras droit d'Hedi Slimane pour Dior Homme après un passage chez Kenzo, sous Kenzo Takada. Engagé chez Lanvin, il fait souffler sur la vénérable maison qui court vers ses 130 ans un vent de légèreté, d'élégante nonchalance et surtout de liberté. Bâtisseur dans l'âme, Ossendrijver a grandi à l'ombre d'un père propriétaire d'une entreprise de construction. Il dit avoir passé son enfance à « scier et bricoler des chutes de bois ». C'est cette même passion qui l'habite quand, étudiant à Arnhem, il achète des vestes aux fripes pour les démonter, en explorer les entrailles. Technicien de haut vol, sa maîtrise du métier lui permet de dépasser les contraintes et de livrer des collections où seule s'exprime, à travers une facilité complexe, la poésie de ses créations. Loin de l'influence d'un Hedi Slimane qui privilégie les silhouettes étiques, Lucas Ossendrijver arrondit l'épaule, donne de l'ampleur, du confort, allège, désentoile, déconstruit. Il prolonge les codes établis par Jeanne Lanvin en les chahutant avec un esprit streetwear, privilégie les couleurs vives qu'il grise un peu pour leur donner de la tenue, et invente, pour accompagner les costumes, des baskets montantes en soie lavée qu'il personnalise avec jubilation au fil des collections.

Mot d'ordre : liberté
Pour le printemps-été 2017 de Lanvin, Ossendrijver signe un défilé aussi surprenant que désirable. Véritable manifeste sous le vocable de la liberté, cette collection fait la part belle à l'artisanat. « J'ai décidé d'y aller avec une créativité débridée», souligne le créateur. Et de fait, il n'y a visiblement aucune contrainte dans ce déploiement expérimental, cette panoplie de clochards célestes, cette symphonie de fripes sublimées. Le savoir-faire des ateliers se reflète naturellement dans ce vestiaire où textures classiques et industrielles se côtoient en finitions mates et brillantes. La légèreté des matériaux renforce l'éclat du satin brillant. Une nouvelle silhouette s'exprime en volumes généreux. Les épaules sont soulignées. Des couleurs industrielles, presque toxiques, se mêlent à des pastel romantiques ou à une sérigraphie Fleurs nocturnes. Des broderies relèvent l'ensemble. Toute une histoire de la mode et du style s'exprime en couches quasi archéologiques de chemises à manches longues, tee-shirts et vestes courtes. Des bandes de couleurs vibrent en harmonie avec le mouvement de la coupe.


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Un vestiaire dynamique
Ici et là, sur la poche d'un pantalon en tartan, à l'avant d'une chemise surdimensionnée ou la manche d'une veste, des lignes animées entrecroisent leurs surpiqûres. Souvent cousues main, ces coutures soulignent la forme et constituent un motif récurrent. Les bandes réfléchissantes empruntées aux vêtements de sécurité, cousues, appliquées ou collées, reviennent comme un leitmotiv dans ce vestiaire dynamique. Bien que très soignée, la collection joue sur les accords hip-hop du faux négligé urbain : jeans lâches et sur-raccourcis, lacets colorés et shorts de satin inspirés du sport expriment le besoin de mouvement. Paisible et confiant, l'homme Lanvin porte ses souvenirs et ses rêves entre pantalons jacquard, splendides vestes en patchwork de daim et tricots, tee-shirt sans manches où se décline un arc-en-ciel de couleurs teinté main. Aux genoux des pantalons et aux coudes des vestes, le tissu est cousu avant d'être pressé et desséché pour former un pli naturel. La même technique introduit de nouvelles lignes dans une veste en cuir et exprime en surface le détail intérieur d'une parka.

L'art de l'erreur assumée
Liens, bandes, ceintures, rubans sont partout. Cousues sur une veste ou attachées autour du poignet par une agrafe bizarre, les lanières s'inspirent des sacs à main Lanvin et se meuvent avec le corps. Les boucles sont de véritables bijoux contemporains qui parlent d'émotion. Les symboles romantiques, tels que les flèches, les roses, les femmes nues, des tatouages ou les étoiles, sont à leur tour cousus sur une chemise à manches courtes ou une paire de baskets, ou encore appliqués en patchs tels des insignes militaires ou façonnés en bijoux à porter au poignet ou sur le col d'une veste. L'arrière des baskets signature à semelles contrastées, vulcanisées au sable affiche un mot : « Erreur », comme une incantation, une invitation à accepter d'avoir tort et continuer à avancer.

 

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Rien dans les mains

Le styliste néerlandais Lucas Ossendrijver a fait ses études à l'Art Ez d'Arnhem avant de devenir le bras droit d'Hedi Slimane pour Dior Homme après un passage chez Kenzo, sous Kenzo Takada. Engagé chez Lanvin, il fait souffler sur la vénérable maison qui court vers ses 130 ans un vent de légèreté, d'élégante nonchalance et surtout de liberté. Bâtisseur dans l'âme, Ossendrijver a grandi à l'ombre d'un père propriétaire d'une entreprise de construction. Il dit avoir passé son enfance à « scier et bricoler des chutes de bois ». C'est cette même passion qui l'habite quand, étudiant à Arnhem, il achète des vestes aux fripes pour les démonter, en explorer les entrailles. Technicien de haut vol, sa maîtrise du métier lui permet de dépasser les contraintes et de livrer des collections où seule s'exprime, à...
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