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Liban

Une bibliothèque ambulante enchante les écoliers au Biel

Salon du livre

Financé par Walid Joumblatt, le bibliobus de l'Institut français de Deir el-Qamar dispose d'un fond de 15 000 ouvrages et a parcouru près de 27 000 kilomètres l'an dernier.

14/11/2016

Impossible d'entrer au Salon du livre sans passer devant le petit bus coloré situé à droite de l'entrée. Recouvert d'une fresque bleu clair et blanche à l'extérieur, aménagé avec des banquettes bleu foncé au fond et des étagères marron sur les côtés, il a l'air flambant neuf. À dix heures du matin, parmi les centaines d'élèves venus de tout le Liban pour visiter le Salon avec leur classe, ils sont nombreux à vouloir entrer dans ce véhicule original. Pendant toute la durée de l'événement, les plus chanceux d'entre eux peuvent le visiter et écouter Randa Abulhusn, conteuse amateure, leur lire une histoire choisie dans les étagères du bus. Le reste de l'année, le bibliobus fait le tour des écoles du Chouf, du Haut-Metn, de Baabda et d'Aley afin de faire venir les livres aux élèves.

Hier matin, ce sont de jeunes écoliers de Rmeilé (Chouf), âgés d'à peine 6 ans, qui sont les premiers à découvrir la bibliothèque ambulante. Avec attention et enthousiasme, ils écoutent l'histoire du jeune Paa, écrite par l'auteure japonaise francophone Satomi Ichikawa. Les enfants sont enchantés. « Tu peux nous lire une autre histoire ? » demande un garçon à la fin du récit. Ensuite, Randa Abulhusn les fait jouer aux mimes et à découvrir les fautes dans un texte qu'elle lit, une façon de les faire progresser en s'amusant.
La plupart des classes que visite le véhicule durant le Salon ne s'y est pas abonné. « Peut-être que des écoles vont vouloir s'abonner au bus cette semaine », espère Samer Chamseddine, chauffeur-médiathécaire depuis 2000. Il ajoute: « La nouvelle génération est celle des tablettes tactiles, il faut les pousser à la lecture. Nous avons le petit rôle d'amener les livres aux enfants. C'est le travail des professeurs et aussi des parents de les motiver. »

Permettre aux enfants d'emprunter des livres

Durant le reste de l'année, Samer Chamseddine amène son bus dans 17 écoles, qu'il met parfois jusqu'à deux heures à rejoindre. Le succès ne se dément pas: de nouvelles écoles s'inscrivent chaque année, ce qui est permis par le prix modique de l'abonnement. Durant sa présence, les classes défilent pour emprunter et rendre des livres, le bus voit parfois passer 500 élèves en deux jours de présence, et 14 000 prêts ont été effectués l'an dernier. Toutes les trois semaines, ce manège se répète dans chaque école.
Dans le bus, les élèves de tous les âges peuvent trouver des livres à leur goût, avec ou sans images, et même quelques revues. « Certains enfants sont de bons lecteurs, d'autres moins. Les plus demandés sont les livres documentaires », selon Samer Chamseddine.

Un projet de l'Institut français

Le bibliobus, actif depuis 1993, est unique en son genre au Liban. Cela s'explique par la situation particulière de l'Institut français de Deir el-Qamar, propriétaire du bibliobus. « Notre institut est le seul des Instituts français du Liban situé en montagne. Il faut que les gens viennent à nous et aussi que l'on vienne à eux », explique Sid Rouis, son directeur.

Cela pousse le bibliobus à s'adapter: il a dû être remplacé en 2015 car l'ancien était trop grand pour circuler sur les petites routes de la région. Ancien bus de transport public parisien, celui-ci va connaître une troisième vie. « Nous l'avons toujours, et nous allons l'offrir à une école pour réfugiés syriens située dans la Békaa. Il deviendra une bibliothèque fixe », précise Sid Rouis.


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