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Qu’y a-t-il dans un prénom ?

Quand Bill Clinton était président des États-Unis, on murmurait que c'était elle qui portait la culotte. Il circulait même des blagues d'anthologie : le couple, en vacances, s'arrête à une station d'essence. Hillary reconnaît le pompiste et le prend dans ses bras. Elle remonte en voiture et Bill pique une crise. Il s'énerve surtout de voir son épouse, la Première dame des États-Unis, manifester autant de familiarité à un pompiste. Hillary répond : c'est un vieux pote. Si je l'avais épousé, c'est lui qui serait président à ta place. Hillary Rodham a un prénom prédestiné. Ce n'est même pas un prénom, d'ailleurs, mais un patronyme. Ses parents étaient de grands fans de l'alpiniste néo-zélandais sir Edmund Hillary. Le conquérant du Chomolungma, « la déesse des vents », le mythique Everest. Savaient-ils déjà qu'elle aurait un jour son propre Everest à conquérir, la terrible enfant, et que pour ce faire elle commencerait sherpa de son Bill pour ensuite pomper avec boulimie tout l'oxygène abandonné par de malheureux prédécesseurs, et toutes leurs sucreries enfouies sous la glace. Un pied devant l'autre, c'est la seule façon d'avancer. Ne regarder ni derrière ni en bas. Fixer le but, ne pas ciller, quitte à se brûler les yeux, enchaîner les pneumonies. Chomolungma est femme, elle comprendra, elle saura diriger les vents dans la bonne direction.

Deux cents millions d'électeurs, tout de même. On croyait qu'ils n'aimaient pas les Noirs. Ils ont quand même élu un Noir. On les dit machos, leur nation a été fondée par des hommes, épurée par des hommes, cow-boys contre Indiens, cavalerie pour protéger les travaux du rail. Les femmes au cabaret, sinon à broder au tambour, sinon à essayer de grandes toilettes pour aller au bal, sinon à sourire en passant l'aspirateur, sinon à limer leurs ongles meurtris par les touches des machines à écrire. Mais Wonder Woman a crevé le plafond de verre, l'invisible chape qui empêchait les femmes de voler. Hillary, l'Amérique, cette grande nation guerrière, cette puissance incontestée, peut-elle être gouvernée par une femme ? Quand il a enfin foulé la poudreuse du sommet sud, sir Edmund Hillary a adressé à son coéquipier ces paroles historiques : Well, George, we knocked the bastard off! (Eh bien, George, on se l'est fait, le salaud!). Eh bien, George ?

Quand Bill Clinton était président des États-Unis, on murmurait que c'était elle qui portait la culotte. Il circulait même des blagues d'anthologie : le couple, en vacances, s'arrête à une station d'essence. Hillary reconnaît le pompiste et le prend dans ses bras. Elle remonte en voiture et Bill pique une crise. Il s'énerve surtout de voir son épouse, la Première dame des États-Unis, manifester autant de familiarité à un pompiste. Hillary répond : c'est un vieux pote. Si je l'avais épousé, c'est lui qui serait président à ta place. Hillary Rodham a un prénom prédestiné. Ce n'est même pas un prénom, d'ailleurs, mais un patronyme. Ses parents étaient de grands fans de l'alpiniste néo-zélandais sir Edmund Hillary. Le conquérant du Chomolungma, « la déesse des vents », le mythique Everest. Savaient-ils...
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