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À La Une - Repère

Affaire des emails d'Hillary Clinton : ce qu'il faut savoir pour comprendre l'affaire

Depuis le 28 octobre, un énième rebondissement dans l'affaire des emails est venu perturber la campagne de Hillary Clinton. AFP / JEWEL SAMAD

Vendredi dernier, James Comey, patron du FBI, adressait un bref courrier aux responsables du Congrès pour les informer que ses équipes avaient découvert de nouveaux messages relatifs à l'affaire de la messagerie d'Hillary Clinton, qui avait utilisé un serveur privé lorsqu'elle était secrétaire d’État.
Dans cette missive, véritable coup de tonnerre immédiatement exploité par le candidat républicain Donald Trump dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, il restait cependant très évasif sur la portée réelle de cette découverte. Aucun calendrier n'a été communiqué sur les nouvelles investigations en cours visant à déterminer si les emails contiennent des informations confidentielles.

Cet énième rebondissement dans l'affaire des emails privés de la candidate démocrate à la présidentielle qui se déroule le 8 novembre prochain a relancé le suspense aux États-Unis. A une semaine de l'élection, l'ex-secrétaire d’État, qui avait fait le trou dans les sondages, voit son rival républicain Donald Trump revenir sur ses talons. La dernière moyenne réalisée par le site Real Clear Politics ne la crédite plus que de 2,2 points d'avance, à 47,5% des intentions de vote contre 45,3.

Retour sur une affaire qui fragilise la candidate démocrate depuis début 2015.

 

CE QUI EST REPROCHÉ À HILLARY CLINTON

En mars 2015, avant même qu'Hillary Clinton n'officialise sa candidature à la primaire démocrate, le New York Times révèle que l'ex-secrétaire d'Etat aurait travaillé à partir de son adresse électronique personnelle pendant les quatre années qu'elle a passées à la tête du département d'Etat sous le premier mandat de Barack Obama (2009-2013).

Les républicains l'accusent aussitôt d'avoir enfreint les lois fédérales sur l'archivage des données et sur le traitement des informations classées et d'avoir mis en danger la sécurité du pays en exposant des documents confidentiels à un risque de piratage informatique.

Clinton, qui se déclare officiellement candidate en avril 2015, remet plusieurs dizaines de milliers de ces courriels à l'administration.

Son utilisation pour des tâches officielles d'un serveur privé installé dans sa propriété de Chappaqua, dans l'Etat de New York, va continuer de polluer sa campagne alors qu'une majorité d'électeurs, s'ils reconnaissent sa compétence, doutent de son honnêteté.

En mai dernier, un audit mené par l'Inspection générale du département d'Etat (OIG) évoque des "faiblesses durables et systématiques" sous la conduite de ses prédécesseurs à la tête de la diplomatie américaine mais souligne que sa décision d'utiliser un serveur de messagerie privé pour des tâches officielles a été prise apparemment sans l'autorisation des responsables de la sécurité du département d'Etat.

 

QUAND LE FBI RECOMMANDAIT QU'IL N'Y AIT PAS DE POURSUITES

Le 5 juillet, quelques semaines avant son investiture lors de la convention démocrate de Philadelphie, le FBI estime qu'Hillary Clinton a fait preuve de "négligence extrême" mais recommande qu'elle ne soit pas poursuivie. Le directeur du FBI, James Comey, explique que les agents fédéraux n'ont pas établi que Clinton ou son entourage aient intentionnellement voulu violer la loi. Rien ne prouve, ajoute-t-il, que quiconque ait piraté les communications de l'ancienne secrétaire d'Etat.

Donald Trump, qui estime que l'affaire devrait la disqualifier de la course à la Maison blanche, réagit à l'annonce du FBI en dénonçant un "système truqué". "Très, très injuste! Comme d'habitude, erreur de jugement", écrit-il sur Twitter. "Le directeur du FBI a déclaré qu'Hillary la véreuse ("Crooked Hillary") avait compromis notre sécurité nationale. Et pas de poursuites. Wouah!"

Le lendemain, l'Attorney General (ministre de la Justice) Loretta Lynch suit la préconisation du FBI. L'enquête menée depuis un an est close.

 

COMMENT L'AFFAIRE A REBONDI

Le 28 octobre, l'affaire resurgit lorsque le directeur du FBI annonce dans une lettre adressée à des parlementaires que l'agence fédérale va ouvrir un complément d'enquête après avoir découvert de nouveaux courriels envoyés par Clinton depuis sa messagerie personnelle.

En campagne dans le New Hampshire, Trump s'empresse de partager la nouvelle avec ses partisans. "J'ai un grand respect pour le fait que le FBI et le département de la Justice soient désormais disposés à avoir le courage de rectifier l'horrible erreur qu'ils ont commises", dit-il.

C'est une enquête sans lien avec la candidate démocrate qui provoque ce rebondissement inattendu, à dix jours à peine de l'élection. En cause, des investigations menées par des agents du FBI autour d'Anthony Weiner, ex-élu démocrate de New York et séparé de Huma Abedin, une des plus proches conseillères de Clinton. Agée de 40 ans, Abedin travaille depuis l'âge de vingt ans avec la candidate démocrate qu'elle a notamment accompagnée au département d'Etat et occupe un poste élevé dans son dispositif de campagne.

Abedin a annoncé en août qu'elle se séparait de son mari. Weiner, déjà contraint de démissionner de son mandat de député en 2011 après avoir posté malencontreusement sur Twitter une photographie de son sexe en érection dissimulé par son caleçon puis reconnu des discussions à caractère sexuel avec de multiples femmes, a continué ses pratiques équivoques.

Les enquêteurs du FBI s'intéressent à lui quand il apparaît qu'une adolescente de 15 ans figure parmi les destinataires de ses échanges de textos à caractère sexuel.

L'exploitation des ordinateurs d'Abedin et Weiner fait apparaître de nouveaux courriels émanant du serveur privé de Clinton.

"Dans le cadre d'une affaire sans rapport, le FBI a découvert l'existence de courriels qui semblent pertinents dans cette enquête (ndlr, sur le serveur privé de messagerie de Clinton)", écrit Comey dans sa lettre aux parlementaires. "Je ne peux pas prédire le temps qu'il nous faudra pour effectuer ce travail complémentaire."

 

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