Liban

Les bibliothèques de l’AUB : plus de 600 000 ouvrages et publications, et 1,3 million de livres électroniques

Universités

La Bibliothèque Nami Jafet de l'Université américaine de Beyrouth (AUB) a été entièrement informatisée à la fin des années 90, mais elle préserve jusqu'à présent ses microfilms. Dans le cadre d'une série d'articles publiés pour marquer le 150e anniversaire de l'AUB, « L'Orient-Le Jour » propose aujourd'hui la petite histoire et les atouts de la « Jafet Library ».

31/10/2016

L'histoire de la bibliothèque de l'Université américaine de Beyrouth (AUB) est aussi vieille que celle de l'université. « L'AUB a été fondée en 1866 et la librairie en 1869, comme l'indiquent les documents dont nous disposons », souligne Lokman Meho, responsable de la bibliothèque Nami Jafet. Elle a été mise en place au College Hall par le fondateur de l'AUB, Daniel Bliss, et ses associés. Les livres de cette première librairie venaient de donation, des fondateurs de l'université et de différents doyens. Les missionnaires de l'AUB voyageaient et ramenaient des livres avec eux. « Plus l'université grandissait, plus les livres et documents augmentaient. Il fallait donc avoir un plus important espace pour abriter les ouvrages », note M. Meho.

Ce sont les petits-enfants de Nami Jafet qui ont fait don à l'AUB d'une importante somme d'argent pour qu'une importante bibliothèque portant le nom de leur grand-père voie le jour. Nami Jafet, originaire de Choueir dans le Metn, avait suivi des études à l'AUB à la fin du XIXe siècle avant de se rendre au Brésil, où il est devenu un riche industriel du textile. La grande bibliothèque voit le jour en mai 1952, elle est élargie en 1961 et rénovée en 1995.
« À la fin du XIXe siècle, le nombre de livres de la bibliothèque était de 3 000. Durant la Première Guerre mondiale, ce chiffre atteint les 15 000. La collection a commencé à grandir rapidement, après la Seconde Guerre mondiale, avec différents types de matériel », indique M. Meho.

La Bibliothèque Jafet compte des manuscrits en diverses langues, des publications, des correspondances dont certaines remontent au XVIe siècle. Elle possède la plus importante collection d'affiches des partis politiques libanais, ainsi qu'une collection d'affiches de films égyptiens. Elle abrite également la bibliothèque et la médiathèque Zaki Nassif, ainsi que des bandes sonores portant sur l'héritage oral de l'histoire des réfugiés palestiniens au Liban. Construite sur plusieurs étages, elle comprend notamment un espace spécial où les livres rares, dont un Évangile d'Édesse du IXe siècle, sont rangés.

Quatre bibliothèques en tout

Même si tout y a été informatisé, la Bibliothèque Nami Jafet préserve ses microfilms qui ont une durée de vie de 500 ans. Une machine pouvant transformer les microfilms en format numérique en quelques minutes a été également acquise. C'est que jusqu'à présent, les données en provenance notamment de la presse sont préservées sur microfilm.

« La Bibliothèque Nami Jafet était la première grande bibliothèque de l'AUB. Après les années cinquante, l'université a continué à grandir en facultés et collections. D'autres bibliothèques ont été créées sur le campus. Elles sont trois à avoir suivi la Bibliothèque Jafet : la bibliothèque de la faculté d'agriculture, celle de la faculté d'ingénierie et d'architecture ainsi que la Bibliothèque Saab, créée en 1975. Cette dernière porte le nom d'un ancien élève de l'AUB disparu dans des conditions tragiques. Elle est la plus importante des bibliothèques médicales du monde arabe », souligne M. Meho.

Les quatre bibliothèques de l'AUB comptent 400 000 livres et 200 000 autres publications, au total 600 000 ouvrages imprimés. Elles possèdent également 1,3 million de livres électroniques, ont accès à 190 000 publications électroniques et sont abonnées à 350 000 banques de données. Cela fait de l'AUB l'une des rares universités du monde à avoir accès à un aussi grand nombre de publications en ligne.

« L'une des plus importantes acquisitions de la bibliothèque de l'AUB date de 1924, quand le professeur libanais Assad Rustom a entamé ses recherches sur la civilisation arabe. Il a été chargé par le président de l'université de se rendre à Zahlé pour acquérir une partie de la collection de Issa Iskandar Maalouf, journaliste, penseur et biographe très connu au début du siècle denier », raconte M. Meho. « Il a acheté à cette époque environ 300 manuscrits sur les sciences, la religion et la philosophie arabe, datant pour la plupart de l'Empire ottoman. Les descendants de Issa Iskandar Maalouf ont ensuite vendu toute la collection à l'AUB. Elle compte notamment 400 manuscrits, 1 800 livres rares, des photos, des cartes géographiques et des pamphlets sur le Liban et le monde arabe », poursuit-il.

À part la collection de Issa Iskandar Maalouf, la Bibliothèque de l'AUB compte des acquisitions et des dons de nombreux chercheurs, penseurs et collectionneurs libanais.


Pour mémoire

Lancement d'un portail des Bibliothèques du Levant

Fin de chapitre pour al-Bourj !

La bibliothèque est-elle uniquement une collection de livres ?

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

Pause verte de Suzanne BAAKLINI

Quand le gardien du temple ouvre grand la porte

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.