Rien n'interdit à la Fed de monter ses taux la semaine prochaine et de convoquer à la dernière minute une conférence de presse pour justifier son action, mais c'est très peu probable. La prudence aura été le maître-mot de la Fed tout au long de l'année. Les prétextes, il faut le reconnaître, n'ont pas manqué. Qu'il s'agisse des fortes turbulences sur les marchés en début d'année ou de certains événements politiques, par exemple le référendum sur le Brexit quelques jours après sa réunion de juin. Si la Fed a bien voulu reconnaître une influence de la politique étrangère sur son calendrier d'action, il n'en va pas de même de la politique domestique. On peut admettre toutefois que monter les taux à moins d'une semaine des élections générales ferait désordre. Non seulement les investisseurs seraient pris à froid, mais cela ne manquerait pas de susciter des commentaires, peut-être malveillants, de la part de tel ou de tel candidat. Par ailleurs, l'économie suit une trajectoire de croissance positive mais assez modeste (≈1.5 % en 2016), avec une inflation remontant timidement. Une hausse de taux n'a donc vraiment aucun caractère d'urgence et peut bien être différée de six semaines.
En l'absence de conférence de presse, c'est le communiqué du FOMC qui servira de vecteur pour confirmer le biais haussier de la Fed, ce que reflète la probabilité implicite des marchés de taux qui voient 3 chances sur 4 d'une hausse de taux en décembre. La phrase introduite la fois dernière (« les arguments en faveur d'une hausse de taux se sont renforcés ») devrait être reprise mot pour mot. Au-delà de ces questions de calendrier, un point que la Fed ne peut ignorer est que l'économie a continué de converger vers son double objectif, au point que la distance au mandat est désormais historiquement basse. En même temps, la distance par rapport à ce qu'est une politique monétaire « normale » – taux directeur bien au-dessus de zéro, bilan de la banque centrale de faible taille – reste pour sa part considérable.Rien n'impose que la normalisation monétaire suive exactement la normalisation économique. L'écart actuel n'en est pas moins extrêmement frappant.
Cet article est réalisé par Fidus


