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Culture

Nathalie Baye à « L’OLJ » : Faire confiance aux enfants leur donne des ailes

Rencontre

Invitée par la présidente de l'association CLES (Centre libanais pour l'éducation spécialisée), Carmen Chahine Debbané, à la conférence donnée sur les troubles de l'apprentissage, l'actrice française a partagé avec « L'Orient-Le Jour » son expérience de dyslexique, qui lui a notamment permis de trouver sa voie.

11/10/2016

« Si on fait confiance aux enfants, ça leur donne des ailes. » C'est ce message plein d'espoir qu'a donné l'actrice française Nathalie Baye au cours d'un entretien accordé à L'Orient-Le Jour. La comédienne, dyslexique dans sa jeunesse, a été lancée par François Truffaut dans La Nuit américaine avant de travailler par la suite avec les plus grands metteurs en scène, enchaînant comédies, films d'auteur ou même théâtre. Elle témoigne ainsi qu'il suffit d'avoir de la curiosité, de la volonté et d'être surtout porté par le regard confiant des autres pour dépasser ces troubles de l'apprentissage qui sont fréquents dans notre siècle. « J'ai rencontré Carmen Debbané lors d'un festival du film à Greenwich dans le Connecticut. Partageant nos expériences respectives de dyslexie (son fils en souffrant également), nous avons très vite sympathisé. Alors, lorsqu'elle m'a parlé de cette grande conférence qu'elle organisait, j'ai voulu immédiatement y participer. »

Il ne faut pas que les parents s'affolent
« Beaucoup d'enfants n'ont pas eu le privilège que j'ai eu, enchaîne Nathalie Baye. Ils sont incompris et vivent mal ce handicap. » L'association Centre libanais pour l'éducation spécialisée (CLES), fondée en 1999, vient les réadapter dans la société et les rendre petit à petit moins marginaux. Avec le recul, l'actrice réalise combien ses parents, « un peu bohèmes, un peu perchés », ont été intelligents en lui accordant une confiance totale. « Une liberté qui m'a permis de retrouver ma voie, dit-elle. Ils m'ont d'abord inscrite dans une école "intelligente", l'école alsacienne, qui a su discerner que je n'étais pas un cancre, ni une paresseuse – car la paresse n'existe pas – mais une rêveuse, donc par conséquent ayant certains troubles. »
Rêver était le refuge de Nathalie Baye qui s'envolait dans son imaginaire. Le professeur qui détecte alors sa dyslexie l'envoie chez un orthophoniste qui va lui assurer des cours parallèles, en lui faisant déclamer à haute voix Les contes du chat perché. « C'est ce qui m'a réconcilié avec l'apprentissage. Je ne suis pas devenue une bonne élève pour autant, dit-elle en riant, loin de là, mais j'avais davantage confiance en moi. » Pour elle, les parents ne doivent pas s'affoler devant leurs enfants, car les moyens existent aujourd'hui pour corriger ces troubles-là.

 

(Lire aussi : Le CLES réunit des experts autour des troubles de l’apprentissage)

 

Le refuge dans l'imaginaire m'a orientée
Encore une fois, les parents de Nathalie Baye lui font une confiance aveugle lorsqu'elle leur demande d'abandonner les études pour se tourner vers la danse. Sa mère n'hésite pas et l'inscrit dans une école de ballet professionnelle à Monaco. « J'ai commencé donc très jeune et j'avoue qu'étant très libre, je faisais moins de bêtises que mes copines dont l'éducation était plus serrée. » « Un jour, poursuit-elle, j'accompagne une copine danseuse à un court d'art dramatique. Comme il y avait des auditions, j'en ai passé une et je l'ai obtenue. En assistant au premier cours, je me suis sentie chez moi, plus dans mon élément qu'en dansant. Contrairement aux professeurs de danse russes un peu trop sévères à mon goût, René Simon était un personnage charmant. Il me demande très vite d'arrêter la danse, de m'inscrire au Conservatoire qu'il se charge de ne pas me faire payer. »

La curiosité est un moteur pour la vie
Le secret de ce sourire qui fait cligner ses yeux pétillants ?
C'est la curiosité et le désir qu'elle a su préserver tout au long de son parcours qui n'a pas pour autant été dépourvu de coups et blessures. « Quand on aime infiniment son métier, quelque chose ou quelqu'un, garder le désir, c'est ce qu'il y a de plus difficile. Il faut savoir protéger cela, rentrer dans des univers différents. Je peux dire, souligne-t-elle, que j'ai une grande chance de pouvoir le faire. Si Xavier Dolan, avec lequel j'ai travaillé deux fois et qui est un petit génie à mon avis, me demande de me maquiller comme une voiture volée ou comme une folle, je n'hésite pas à le faire et je ne considère pas que je me mets en danger. Ce sont de faux problèmes. Par contre, venir ici au Liban et essayer, avec mes faibles moyens, d'aider Carmen dans ce long combat qu'elle mène pour les enfants, c'est ça ce que j'appelle un défi. »

 

 

Pour mémoire

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