Dans ses dernières prévisions, le FMI voit toujours la croissance mondiale ralentir à 3,1 % cette année, puis rebondir légèrement à 3,4 % en 2017. Kim Kyung-hoon/Reuters
Le Fonds monétaire international (FMI) ne prévoit toujours qu'une croissance atone pour l'économie mondiale cette année, avant une timide amélioration en 2017, et il s'inquiète de la montée d'un protectionnisme qui ne pourra, selon lui, que prolonger et aggraver le marasme actuel.
Dans ses perspectives économiques d'automne publiées hier, le FMI se félicite d'autre part de la réaction limitée des marchés à la victoire du « Brexit » fin juin. Mais il souligne aussi que ce dernier constitue une source d'incertitudes politiques et économiques potentiellement néfastes pour l'investissement et l'emploi en Europe.
Par rapport à ses prévisions actualisées au début de l'été, le Fonds voit toujours la croissance mondiale ralentir à 3,1 % cette année, puis rebondir légèrement à 3,4 % en 2017. La stabilité des prévisions du FMI traduit un léger mieux pour les émergents, Inde et Russie en tête, et une révision en baisse pour les économies avancées, surtout aux États-Unis, qui ont connu un début d'année difficile. Le FMI n'escompte plus que 1,6 % de croissance pour l'économie américaine en 2016, contre 2,2 % prévu mi-juillet, du fait d'un mouvement prolongé de réduction des stocks et de la faiblesse de l'investissement des entreprises, liée pour une bonne part au secteur de l'énergie. La croissance des États-Unis remonterait à 2,2 % en 2017, contre 2,5 % prévu en avril.
Incertitudes liées au Brexit
Le FMI revoit parallèlement en très légère hausse (+0,1 point) ses attentes pour la zone euro, à 1,7 % en 2016 et 1,5 % en 2017, par rapport à celles publiées juste après le référendum britannique. Le Fonds anticipe néanmoins un net ralentissement de l'économie britannique du fait des incertitudes créées par la sortie de l'UE et leur impact sur la consommation et l'investissement. Le Royaume-Uni croîtrait de 1,1 % en 2017– contre 1,3 % prévu en avril–, après 1,8 % en 2016, dans un scénario « où les négociations se passeraient bien et de hausse limitée des barrières économiques ».
Quant au Japon, son économie progresserait de 0,6 % en 2017 (contre 0,1 % auparavant) grâce au report de la hausse de la TVA, aux nouvelles mesures de soutien à l'activité du gouvernement et à l'action de la Banque du Japon.
S'agissant des pays émergents, le FMI ne change rien pour la Chine, mais relève de 0,2 point son scénario pour l'Inde (à +7,6 % en 2016 et 2017) et plus nettement encore pour la Russie, dont la récession serait limitée en 2016 à -0,8 % (contre -1,2 % auparavant), avant un rebond de 1,1 % (+0,1 point) en 2017.
En matière de politique monétaire, le FMI juge appropriée la baisse de taux décidée en août par la Banque d'Angleterre après le vote sur le Brexit. Il estime de même que la pause dans la remontée des taux de la Fed américaine est adéquate tant que l'inflation des salaires et des prix ne repartira pas franchement. Il encourage la Banque centrale européenne à maintenir sa politique monétaire accommodante et à ne pas hésiter à augmenter ses rachats d'actifs si l'inflation ne redécolle pas.
Au-delà de ses recommandations habituelles, le Fonds réclame aux gouvernements une « détermination renouvelée » à faire baisser les barrières commerciales face aux tendances contraires du moment. Il les invite aussi à s'attaquer aux conséquences politiques de la faible croissance persistante, très dommageables selon lui dans les pays « où la distribution des revenus a continué d'évoluer fortement en faveur des plus riches ».
Le résultat en est la montée de « mouvements qui rendent la mondialisation responsable de tous les maux et veulent isoler l'économie des tendances globales plutôt que d'agir en coopération avec les pays étrangers », à l'instar du Brexit, déplore Maurice Obstfeld, chef économiste du FMI.
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