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Une musulmane voilée dans les pages de Playboy

Dans la presse
OLJ/AFP
28/09/2016

Le magazine Playboy, longtemps connu pour ses "bunnies" et ses photos érotiques, montre pour la première fois dans ses pages une musulmane portant le voile, dans un article qui génère autant de louanges que de critiques.


La journaliste américaine d'origine libyenne, Noor Tagouri, apparaît dans l'édition d'octobre dans un article intitulé "Les renégats", et qui se focalise sur des hommes et femmes "qui risquent tout - même leur vie - pour faire ce qu'ils aiment". La journaliste de 22 ans qui travaille pour le réseau de vidéos d'informations Newsy est photographiée portant un perfecto en cuir noir, des baskets et un voile kaki autour de la tête.


Tagouri, qui veut devenir la première journaliste "à hijab" de la télévision américaine, affirme que ses difficultés en tant que jeune musulmane qui a grandi aux Etats-Unis l'ont aidée dans sa carrière. "Je sais ce que c'est que de voir l'histoire de notre communauté distordue et exploitée dans les médias", raconte-t-elle à Playboy, qui a tourné la page de la pleine nudité cette année pour tenter d'élargir son audience.


L'apparition de Noor, suivie par plus de 100 000 personnes sur les réseaux sociaux, dans le Playboy nouvelle version est saluée par beaucoup comme une avancée, mais d'autres ont vertement critiqué la jeune femme.
"Playboy est synonyme de pornographie", dénonce le magazine en ligne The Muslim Vibe, argumentant que le magazine fondé par Hugh Hefner objectifie les femmes, les transforme en marchandise et les sexualise à outrance "depuis des décennies". "Ce n'est pas parce qu'ils ont adouci leur image que nous pouvons commencer à (collaborer) avec cette plateforme", ajoute-t-il.
La blogueuse voilée Nishaat Ismail s'est aussi élevée dans une chronique contre le fait que Tagouri s'associe à une entreprise "fondée sur l'objectification des femmes".

Le réalisateur de vidéo et rédacteur de Slate, Aymann Ismail, salue, pour sa part, la décision de Noor. "Trop souvent, les musulmanes se voient expliquer comment elles doivent se vêtir ou comment elles doivent se comporter par des groupes qui ne sont ni des femmes ni des musulmans", écrit-il.
 "Pour les femmes qui choisissent le hijab, l'expression extérieure de leur foi les rend vulnérables alors que le discours sur les droits des femmes est de plus en plus polarisé. (...) C'est pour cela que des femmes comme Noor Tagouri contribuent à créer un nouveau contexte et méritent, à ce titre, le soutien de toute la communauté musulmane", poursuit-il.

 

 

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