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Moyen Orient et Monde - Union Européenne

Les 27 se donnent six mois pour rendre l’UE « attrayante »

Paris et Berlin s'engagent à faire de la « déclaration de Bratislava », qui précède une feuille de route agréée par les 27 participants au sommet, un succès.

Les dirigeants européens, réunis hier à Bratislava pour réfléchir à l’avenir de l’UE, se sont accordé une petite croisière sur le Danube, fleuve européen emblématique, pour inspirer leurs débats. Stéphane de Sakutin/AFP

Les dirigeants européens réunis, hier, à Bratislava se sont donné six mois pour élaborer « la vision d'une UE attrayante », selon une déclaration finale publiée à l'issue de ce sommet européen informel sans le Royaume-Uni. « Nous nous sommes engagés à Bratislava à offrir à nos citoyens, dans les mois qui viennent, la vision d'une UE attrayante, dans laquelle ils puissent avoir confiance et qu'ils pourront soutenir », est-il écrit dans ce document, baptisé « déclaration de Bratislava », qui précède une feuille de route agréée par les 27 participants au sommet. Au terme de la journée, les dirigeants européens se sont en effet mis d'accord sur « une feuille de route » pour donner un nouveau souffle à un projet européen en perte de crédibilité.
« La France et l'Allemagne vont très intensément s'engager dans les prochains mois pour faire de tout ça un succès », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, aux côtés du président français François Hollande, pour une inhabituelle et très symbolique conférence de presse conjointe à l'issue du sommet. Paris et Berlin « vont continuer à faire en sorte que l'on puisse délivrer des mesures concrètes », a aussi promis M. Hollande, expliquant que les dirigeants européens avaient érigé en priorité la protection des frontières extérieures de l'UE contre les migrations irrégulières, le renforcement de la défense européenne et la lutte contre le terrorisme.

« Situation critique »
Avec la relance économique, l'emploi et l'accent sur la jeunesse, ces priorités partagées par tous constituent « l'agenda de Bratislava », a dit le président français.
Les deux dirigeants, confrontés à des élections nationales en 2017, avaient débuté la journée par des avertissements empreints de gravité, M. Hollande mettant en garde contre une « dislocation » de l'UE tandis que la chancelière diagnostiquait « une situation critique ».
« Notre évaluation est sobre mais pas défaitiste », a conclu le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, qui a élaboré la « feuille de route » dominée par le lourd dossier de la sécurité. Il faut « corriger les erreurs passées et avancer avec de nouvelles solutions », a plaidé M. Tusk, érigeant en priorité absolue la maîtrise « totale » du contrôle des frontières de l'Union pour revenir à un fonctionnement normal de l'espace Schengen de libre-circulation. Dans le domaine de la défense, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, demande de boucler en juin 2017 une série de mesures phares, comme la création d'un quartier général européen unique pour coordonner toutes les opérations civiles et militaires européennes.
La France « fait l'effort principal pour la défense européenne, mais elle ne peut pas être seule, a prévenu M. Hollande. Si les États-Unis font un choix de s'éloigner, l'Europe doit être capable de se défendre par elle-même ». Le départ du Royaume-Uni, qui a toujours privilégié l'Otan, offre une chance d'avancer sur ce thème, soulignent des sources diplomatiques, dans un contexte où l'Europe est cernée par les crises, les guerres et le terrorisme.
Les négociations du divorce avec Londres n'étaient pas un thème du sommet, mais les 27 ont abordé le sujet sur le Danube, lors d'un « déjeuner de travail » sur un bateau de croisière sous pavillon allemand, qui a navigué pendant deux heures sur ce fleuve européen emblématique. « Le Brexit en tant que tel n'a pas été abordé », a expliqué un diplomate européen, indiquant qu'il « s'agissait de faire un point » sur les contacts entre M. Tusk et Theresa May. « Il n'y avait pas grand-chose à dire, puisque Londres n'a toujours pas activé la procédure de divorce », et que les 27 refusent toute négociation avant cette étape formelle, a-t-il poursuivi.

« En famille »
Mais Bratislava n'a pas fait oublier toutes leurs autres divergences. Des dossiers comme les travailleurs détachés ou la répartition des réfugiés dans l'UE restent hautement conflictuels.
Les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque) ont rappelé hier qu'ils souhaitaient que les États membres soient davantage écoutés à Bruxelles et répété qu'ils restaient fermement opposés à tout mécanisme obligatoire de répartition des réfugiés, comme le plan de « relocalisation » adopté en septembre 2015 par l'UE, alors que des pays comme la Grèce et l'Italie réclament précisément plus de solidarité face à la charge migratoire.
Le récent appel du chef de la diplomatie luxembourgeoise à exclure la Hongrie de l'UE pour violation de ses valeurs illustre aussi les fissures. « Ce n'est pas une position de mon gouvernement, a tempéré à Bratislava son chef de gouvernement, Xavier Bettel. On est autour d'une table, on est en famille, on discute les problèmes en famille, on essaie de trouver des solutions. »
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui organise en octobre un référendum sur la « relocalisation » de réfugiés, a lui demandé « de traiter les Hongrois avec du respect », après une rencontre avec le président du Parlement européen, Martin Schulz.
« Nous initions un processus » à Bratislava, a conclu le même responsable européen, soulignant que c'est lors d'un autre sommet, prévu à Rome en mars 2017 à l'occasion des 60 ans du traité fondateur de la construction européenne, que sont prévues de véritables décisions.
(Source : AFP)

Les dirigeants européens réunis, hier, à Bratislava se sont donné six mois pour élaborer « la vision d'une UE attrayante », selon une déclaration finale publiée à l'issue de ce sommet européen informel sans le Royaume-Uni. « Nous nous sommes engagés à Bratislava à offrir à nos citoyens, dans les mois qui viennent, la vision d'une UE attrayante, dans laquelle ils puissent avoir confiance et qu'ils pourront soutenir », est-il écrit dans ce document, baptisé « déclaration de Bratislava », qui précède une feuille de route agréée par les 27 participants au sommet. Au terme de la journée, les dirigeants européens se sont en effet mis d'accord sur « une feuille de route » pour donner un nouveau souffle à un projet européen en perte de crédibilité.« La France et l'Allemagne vont très intensément...
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