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La Dernière

Maya Salameh, 16 ans et poète, a les honneurs de la Maison-Blanche

This is America

Parmi les cinq meilleures plumes en herbe poussant du nord au sud et de l'est à l'ouest des USA,
a emergé un beau spécimen, originaire du pays du Cèdre.

16/09/2016

« Lorsque Barack et moi sommes arrivés à la Maison-Blanche, nous savions que nous allions utiliser cette incroyable plateforme pour inspirer nos jeunes à rêver grand et à envisager leur vie au-delà de leur quotidien. Nous voulions faire jaillir l'étincelle de leurs ambitions et célébrer leur talent, car il existe tant de jeunes doués à travers tout le pays. »
La First Lady Michelle Obama accueillait ainsi, la semaine dernière à la Maison-Blanche, les lauréats du programme The National Student Poets Program qui avait attiré des milliers de candidats et qui a été lancé par l'administration Obama il y a cinq ans. La compétition était ardue car ne devaient être retenus que les cinq meilleurs, représentant, chacun, les grandes régions du pays. Les gagnants ont été, par ordre alphabétique, Stella Binion, Chicago (Illinois, Midwest) ; Maya Eashwaran, Alpharetta (Géorgie, Sud-Est) ; Gopal Raman, Dallas (Texas, Sud-Ouest), Joey Reisberg, Towson (Maryland, Nord-Est) et Maya Salameh, San Diego (Californie, Ouest).

Son nom le dit bien, Maya Salameh est d'origine libanaise. Elle est née à San Diego où elle réside avec sa famille. Son père, Walid Salameh (de Tripoli), est un psychologue clinicien, doublé d'un écrivain et d'un poète, qui a notamment publié au Liban un recueil intitulé Mediterranean Love Canticles. Sa mère, Lana Kamouh (originaire de Damas), est ingénieure civile. Maya a une sœur, Nina (14 ans), et un frère, Anthony (8 ans). Aujourd'hui, elle est en classe de terminale à la San Diego High School of International Studies. Son choix de l'écriture poétique, elle l'explique ainsi : « C'est une expression créative, sans règles ou restrictions, et c'était là un récipient naturel pour mes émotions. »

Écrivaine pour le reste de sa vie
Des émotions qui ne sont pas du tout étrangères à son background identitaire dont elle avait pris plus précisément conscience lors d'un voyage au Liban avec son père. C'est devenu l'une de ses sources d'inspiration, comme en témoigne le poème qu'elle avait soumis à ce concours et qu'elle a lu à la Maison-Blanche. Ses vers sont imbibés de foi, celle portée, d'abord, par Gebran Khalil Gebran dans Le Prophète, et qui l'a tant impressionnée. « Son écriture m'a frappée par son fluide emploi du lyrisme arabe, confie-t-elle. C'était comme s'il s'adressait directement à moi. Et comme on dit, ce qui vient du cœur va au cœur », dit-elle. Parmi ses poètes privilégiés figurent aussi Nadia Tuéni et l'Américaine Maya Angelou.

Outre la poésie, Maya a une autre passion : la psychologie, qui lui « permet de mieux discerner les nuances techniques de l'émotion ». Ses études universitaires porteront probablement sur cette matière, ou sur la diplomatie. Elle ne le sait pas encore, mais ce dont elle est sûre, c'est qu'elle « restera une écrivaine pour le reste de sa vie ». La jeune fille parle un français impeccable, acquis dans une académie de langue où elle a réussi à décrocher le titre de « l'élève de français de l'année ». L'arabe, lui, est une affaire de famille.

Le soir de la remise des récompenses, le 8 septembre dernier, la First Lady, émue aux larmes en écoutant les poètes en herbe, et toujours soucieuse d'encourager les jeunes à donner le meilleur d'eux-mêmes, avait convié, à leur intention, le célèbre rappeur Q-Tip, qui leur a dédié une pensée syncopée. « Avec le hip-hop qui change et évolue en permanence, il est facile d'oublier l'histoire et l'héritage qui le précèdent. Je voudrais revenir à la naissance de la culture, pour aider les gens à voir ses racines, mieux comprendre son présent et créer, en toute responsabilité, son avenir », a-t-il souligné.

À noter qu'en septembre dernier, une autre Libanaise d'origine, Fedwa Malti Douglas Deir (de Deir el-Qamar), avait été félicitée par le président Obama, à la Maison-Blanche, après avoir reçu la prestigieuse médaille nationale des Arts et des Lettres.

(traduit de l'américain par I. M.)

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« Sacrilege Incorporated », son poème gagnant

« Je vous parle
Terroristes, pirates de l'air, pirates des vies
Et autres colporteurs
D'hérésie sacrée
Je vous parle...
Juste pour votre information
Juste pour vous éclairer
Dieu n'est pas
Une franchise McDonald's
Vous n'avez pas le droit de le vendre et marketer
En d'autres termes, opérer en son nom...
Je vous parle
Parce que la violence insensée
N'a pas de place
Dans ma définition de l'humanité
Je vous parle
Parce que la foi aveugle
N'est pas la foi »

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