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À La Une - Portrait

Peres : ultime représentant d'une génération de dirigeants qui ont fait leurs premières armes à la création d'Israël

Mais cette figure historique du Parti travailliste n'a pas toujours été un homme de paix. Il était PM quand l'aviation israélienne a bombardé le village libanais de Cana, tuant 106 civils en avril 1996, ce qui lui a valu une traversée du désert.

Shimon Peres, le dernier des pères fondateurs d'Israël et prix Nobel de la paix hospitalisé en urgence mardi soir, est un vétéran de la politique internationale, fervent partisan de la paix et du dialogue avec les Palestiniens jusqu'au bout. Photo REUTERS/Baz Ratner/File Photo

Shimon Peres, le dernier des pères fondateurs d'Israël et prix Nobel de la paix hospitalisé en urgence mardi soir, est un vétéran de la politique internationale.

Doté d'une aura certaine, M. Peres, 93 ans, a assumé jusqu'à aujourd'hui son rôle de sage de la nation, toujours chaleureusement reçu dans les capitales internationales, même s'il n'est plus président de l'Etat depuis 2014 et s'il a été contraint ces derniers mois de réduire ses déplacements.
Il est particulièrement apprécié à l'étranger. Les anciens présidents Bill Clinton et Mikhaïl Gorbatchev étaient présents à la somptueuse fête donnée pour son 80e anniversaire. Le réalisateur Woody Allen avait envoyé ses félicitations "de la part d'un mauvais juif à un très grand juif".

Présent sur le devant de la scène politique depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, Shimon Peres a montré une résilience à toute épreuve. Ce battant avait confié un jour que le secret de sa longévité consistait à faire de la gymnastique tous les jours, à manger peu et à boire un ou deux verres de bon vin.
"Tout le monde mange trois fois par jour. On mange trois fois et on s'engraisse. Mais si on lit trois fois par jour, on devient sage, et mieux vaut être sage que gras", conseillait-il lors d'un entretien avec l'AFP en 2012, en précisant qu'il ne dormait que 4 ou 5 heures par nuit.

Après avoir quitté ses fonctions de président, le nonagénaire n'a rien perdu de sa vivacité et a continué à sillonner le monde, en tant qu'orateur prisé dans les congrès mondiaux.

 

(Pour mémoire : Shimon Peres souhaite la paix avec tous les pays arabes)

 

Faucon devenu colombe
Devenu en 2007 le 9e chef d'Etat d'Israël, il aura usé de cette fonction protocolaire pour promouvoir la paix, au point d'apparaître souvent comme le seul opposant au Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu.

Mais cette figure historique du Parti travailliste, parti fondateur d'Israël, n'a pas toujours été un homme de paix. Né à Vishneva (Pologne) en 1923 et arrivé 11 ans plus tard en Palestine alors sous mandat britannique, Shimon Peres est l'ultime représentant d'une génération de dirigeants qui ont fait leurs premières armes, au propre comme au figuré, à la création d'Israël.

Classé parmi les "faucons" travaillistes, M. Peres a cautionné, alors qu'il était ministre de la Défense dans les années 1970, les premières colonies juives en Cisjordanie occupée. Il était Premier ministre quand l'aviation israélienne a bombardé le village libanais de Cana, tuant 106 civils en avril 1996, ce qui lui a valu une traversée du désert.

Il s'est malgré tout acquis une réputation de colombe en étant l'un des architectes des accords d'Oslo conclus en 1993 avec l'Organisation de libération de la Palestine. Yitzhak Rabin, le Premier ministre de l'époque et son grand rival travailliste, était encore très sceptique devant cet édifice diplomatique, aujourd'hui mal en point, qui devait conduire à la création d'un Etat palestinien et à la fin de décennies de conflit.

 

Eternel perdant, éternel battant
Dans ce rôle, Shimon Peres a obtenu en 1994 le prix Nobel de la paix, partagé avec Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.

Celui qui rejetait autrefois tout compromis avec les pays arabes hostiles dit avoir été converti après 1977 et la visite historique du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem conduisant au premier traité de paix arabo-israélien. "Il n'y a pas d'alternative à la paix. Faire la guerre n'a pas de sens", disait-il en 2013. Le processus de paix a un "objectif clair": avoir "un Etat juif appelé Israël et un Etat arabe appelé Palestine qui ne se combattraient pas mais vivraient ensemble dans l'amitié et la coopération".

Entré en politique à 25 ans grâce au "vieux lion" David Ben Gourion, le fondateur de l'Etat hébreu rencontré en faisant de l'auto-stop, Shimon Peres a fait preuve d'une ténacité à toute épreuve.
Il détenait peut-être un record de défaites électorales après ses échecs aux législatives de 1977, 1981, 1984, 1988 et 1996, si bien qu'une image d'"éternel perdant" lui a longtemps collé à la peau. Mais il s'est relevé à chaque fois.
Il a pratiquement exercé toutes les fonctions ministérielles: deux fois chef du gouvernement, ministre des Affaires étrangères, de la Défense, des Finances, de l'Information, des Transports ou encore de l'Intégration.

Israël lui doit ses puissantes entreprises d'armement et ses industries aéronautiques. Artisan de la coopération militaire avec la France dans les années 1950, il est considéré comme le "père" du programme nucléaire israélien.
"Shimon Peres a été un président important grâce à son statut particulier dans les capitales du monde entier et à la dignité qu'il a su restaurer en Israël après l'affaire Moshé Katsav", son prédécesseur condamné et emprisonné pour viol, relevait, avec une pointe de nostalgie l'éditorialiste vedette Nahum Barnea.

 

Remarque : Le titre de cette dépêche AFP ("Shimon Peres, fervent partisan du dialogue et de la paix") reproduite sur notre site a été modifié le 15 septembre.

 

Pour mémoire

Shimon Peres prêt à rencontrer Hassan Rohani


Shimon Peres, le dernier des pères fondateurs d'Israël et prix Nobel de la paix hospitalisé en urgence mardi soir, est un vétéran de la politique internationale.
Doté d'une aura certaine, M. Peres, 93 ans, a assumé jusqu'à aujourd'hui son rôle de sage de la nation, toujours chaleureusement reçu dans les capitales internationales, même s'il n'est plus président de l'Etat depuis 2014...

commentaires (6)

QU,A-T-IL FAIT EN 40 ANS ? RIEN DE RIEN ! TOUS SONT FAVORABLES POUR LA PAIX ET LE DIALOGUE AVEC UNE PALESTINE... MAIS... SANS PALESTINIENS...

LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

10 h 02, le 15 septembre 2016

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Commentaires (6)

  • QU,A-T-IL FAIT EN 40 ANS ? RIEN DE RIEN ! TOUS SONT FAVORABLES POUR LA PAIX ET LE DIALOGUE AVEC UNE PALESTINE... MAIS... SANS PALESTINIENS...

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    10 h 02, le 15 septembre 2016

  • je trouve scandaleux qu'un quotidien Libanais qualifie Shimon Peres de "fervent partisan de la paix et du dialogue".

    Viken Hannessian

    18 h 48, le 14 septembre 2016

  • JE NE CROIS PAS QU,IL Y AIT DE VRAIS PARTISANS DE PAIX EN ISRAEL...

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    18 h 21, le 14 septembre 2016

  • Belle analyse et bel hommage à un homme qui a essayé d'être un homme de paix la plus grande partie de sa vie !

    Coeckelenbergh Cartenian

    17 h 04, le 14 septembre 2016

  • Durant la tragedie de Cana , il etait PM mais n'avez surement pas donne l'ordre de tirer sur le camp de l'ONU En ne votant pas en masse pour lui lors des elections en Israel a la suite de cette tragedie , les Arabes Israeliens ont fait leur plus grande faute ( une fois de plus )et lui ont fait perdre cette election On sait ce qui a suivi

    LA VERITE

    15 h 52, le 14 septembre 2016

  • Un des très rares grands et derniers hommes qui restent encore dans ce monde, et plus pour très longtemps...

    NAUFAL SORAYA

    15 h 20, le 14 septembre 2016

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