Avec la fête de l'Adha, célébrée à partir d'aujourd'hui, le Liban entre dans une phase d'inertie qui devrait durer jusqu'à la dernière semaine du mois et permettre dans le même temps la poursuite des contacts politiques devant assurer une sortie de crise au gouvernement.
Pas de Conseil des ministres cette semaine donc, non seulement parce que les ministres aounistes continuent de bouder les réunions et de multiplier les menaces d'escalade si jamais leurs doléances en rapport notamment avec le respect du pacte national ne sont pas prises en compte, mais parce que plusieurs ministres seront en dehors du pays. Le chef du gouvernement, Tammam Salam, devra d'ailleurs s'envoler lui aussi vers la fin de la semaine à New York, où il doit participer lundi au sommet des Nations unies sur le problème des réfugiés, puis le lendemain au débat annuel de l'Assemblée générale de l'Onu.
Cette pause au niveau de la politique locale aura un double avantage : elle permettra au Hezbollah et au Parti socialiste progressiste, engagés dans une médiation officieuse, d'essayer de trouver une formule de règlement du problème des nominations sécuritaires et donnera le temps aux parties politiques concernées de sonder la dimension et le sérieux de l'accord russo-américain sur la Syrie, qui s'est traduit par une nouvelle trêve, dans la perspective d'un éventuel impact sur le dossier libanais.
Dans les milieux aounistes, on continue cependant de hausser le ton. Pas plus tard qu'hier, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a réitéré ses menaces de recourir à la rue « même si nous y serons seuls » pour imposer « le respect du pacte national qui garantit l'égalité entre les Libanais ». Il a affirmé lors d'un dîner de son parti à Batroun que « les chrétiens refusent d'être des citoyens de deuxième catégorie ». « Si vous refusez notre candidat à la présidentielle, nous rejetterons le vôtre », a-t-il dit, en allusion à la présidence du Conseil. Gebran Bassil a même menacé de faire tomber le gouvernement « dans la rue et de décréter qu'il ne respecte pas le pacte national, si celui-ci continue de ne pas tenir compte des intérêts de la population ». Il avait auparavant annoncé que « le problème ne se limite plus à la nomination d'un nouveau commandant en chef de l'armée ». Celui qui a à cœur l'intérêt des Libanais doit débloquer le dossier de la prospection gazière et les projets électriques. Il ne doit pas se contenter de jouer au ministre de l'Environnement dans l'affaire du barrage de Janné seulement, en enfouissant sa tête dans les déchets et autres dossiers écologiques, a-t-il asséné implicitement à l'adresse de Mohammad Machnouk.
Pour le moment, tout porte à croire qu'un règlement est difficile. De sources ministérielles, on a fait savoir que le dossier des nominations sécuritaires sera clos même en l'absence des représentants du CPL au sein du gouvernement, surtout que la majorité des forces politiques veulent maintenir à son poste le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi. Durant la dernière séance du gouvernement, le ministre de la Défense, Samir Mokbel, a fait savoir qu'il a préparé le dossier nécessaire à la nomination d'un commandant en chef de l'armée et d'un chef d'état-major. Si le Conseil des ministres ne se réunit pas ou si les noms qu'il propose seront rejetés, il n'hésitera pas à user de ses prérogatives pour retarder le départ à la retraite des deux généraux.
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10 h 22, le 13 septembre 2016