La dépendance financière de l’État vis-à-vis des banques locales et de la Banque centrale est une « faiblesse structurelle », rappelle Standard & Poor’s. Archives AFP
L'agence de notation financière Standard & Poor's (S&P) a relevé hier sa perspective d'évolution de la note de la dette souveraine du Liban, désormais fixée à « stable » contre « négative » auparavant. « La perspective stable reflète notre opinion selon laquelle le flux des dépôts dans le système bancaire sera suffisant pour soutenir les besoins d'endettement du gouvernement ainsi que les besoins de financements externes du pays, malgré un environnement politique interne et externe difficile », a expliqué S&P dans un communiqué.
La note de dette à long terme reste fixée à « B- » et celle pour les emprunts à court terme à « B », aussi bien pour les emprunts en monnaie locale qu'en devises étrangères. La note « B-/B » correspond à des emprunts considérés comme « très spéculatifs », dont l'émetteur ne présente qu'une assez faible sécurité de remboursement sur le long terme.
S&P rappelle que la capacité du gouvernement à assumer le service de la dette reste dépendante de la solidité des dépôts bancaires et de la volonté du secteur financier à continuer à acheter des obligations souveraines. Cette dépendance vis-à-vis des banques locales – qui détenaient près de la moitié du total de la dette publique en 2015 – et de la Banque centrale (qui détenait 23 % de la dette publique) reste néanmoins vue comme une « faiblesse structurelle ». S&P maintient à l'identique sa prévision d' une nouvelle décélération de la croissance des dépôts bancaires, à 4 % en 2016 ; contre 5 % en 2015 et 11,5 % en 2010.
(Pour mémoire : Fitch dégrade la note du Liban à « B- »)
Ces dépôts, provenant en grande majorité de la diaspora, pourraient voir leur hausse affectée par plusieurs facteurs, dont les retombées de la guerre syrienne et le ralentissement des économies du Golfe.
En outre, S&P continue d'identifier « la division de l'environnement politique organisée autour de fractures confessionnelles » comme une « contrainte à long terme sur la croissance économique », qui devrait atteindre un rythme moyen de 2,3 % entre 2016 et 2019. L'agence estime par ailleurs que les besoins d'emprunt brut de l'État représenteront environ 26 % du PIB en 2016 ; tandis que le ratio déficit public/PIB devrait s'élargir de 0,9 point en rythme annuel, à 8,7 % en 2016.
Le déficit des comptes courants devrait, lui, baisser à 14 % du PIB en moyenne entre 2016 et 2019 ; contre une moyenne de 23 % entre 2012 et 2015, cela principalement en raison d'une baisse de la valeur des importations liée à la faiblesse des prix du pétrole et de l'activité économique.
En dépit de sa perspective « stable », l'agence indique enfin qu'elle pourrait baisser la note souveraine du Liban en cas de baisse marquée des dépôts bancaires ou des réserves en devises de la Banque centrale ;
ou encore en cas « d'escalade de l'impasse politique intérieure vers une situation plus déstabilisante ».
Pour mémoire
La note de dette à long terme reste fixée à « B- » et celle pour les emprunts à court terme à « B », aussi bien pour les emprunts en monnaie locale qu'en devises étrangères. La note « B-/B » correspond à des emprunts considérés comme « très...


Cas d'école de schéma Ponzi. On peut basculer soudainement du génie à l'escroc.
10 h 19, le 03 septembre 2016