La dépendance financière de l’État vis-à-vis des banques locales et de la Banque centrale est une « faiblesse structurelle », rappelle Standard & Poor’s. Photo archives AFP
L'agence de notation financière Standard & Poor's (S&P) a maintenu la note souveraine du Liban à « B-/B » à court et long termes avec une perspective négative, rapporte le Lebanon This Week de la Byblos Bank. S&P justifie cette décision par l'impasse politique locale et l'escalade des tensions régionales.
S&P note que la capacité du gouvernement à assumer le service de la dette reste dépendante de la solidité des dépôts bancaires et de la volonté du secteur financier à continuer à acheter des obligations souveraines. Cette dépendance vis-à-vis des banques locales – qui détiennent près de la moitié du total de la dette publique – et de la Banque centrale (23 %) est une « faiblesse structurelle », rappelle l'agence.
Elle estime que les besoins d'emprunt brut de l'État représenteront environ 26 % du PIB en 2016, tandis que le ratio déficit public/PIB devrait s'élargir de 0,6 points en rythme annuel, à 8,7 % en 2016. Le déficit des comptes courants devrait, lui, baisser à 18,4 % du PIB en moyenne entre 2016 et 2019, contre une moyenne de 23 % entre 2012 et 2015.
S&P table enfin sur une nouvelle décélération de la croissance des dépôts bancaires, à 4 % en 2016 – pour atteindre environ 12 % du PIB , contre 5 % en 2015 et 11,5 % en 2010. Ces dépôts, provenant en grande majorité de la diaspora, pourraient voir leur hausse affectée par plusieurs facteurs, dont leur stock déjà conséquent, les retombées de la guerre syrienne et le ralentissement des économies du Golfe. L'impact sur la confiance des déposants des mesures récentes prises par les pays du Golfe contre le Liban devrait en revanche être « temporaire », estime S&P.


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