De gauche à droite, Khalil Moussa, Margarita Carrillo et Jaime Garcia Amaral.
Le coup d'envoi de la quinzaine de la gastronomie mexicaine a été donné hier au Casino du Liban, au restaurant La Martingale, à l'initiative de l'ambassade du Mexique. Cet événement accueille l'une des plus importantes chef mexicaine, Margarita Carrillo, nommée ambassadrice de la cuisine mexicaine, une cuisine qui figure depuis novembre 2010 sur la liste de l'Unesco du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Mme Carrillo a œuvré avec acharnement, avec d'autres, pour que les mets de son pays soient reconnus par l'organisation onusienne.
« Le ministère mexicain des Affaires étrangères a décerné à Margarita Carrillo le titre d'ambassadeur culturel. Comme les vrais diplomates de carrière, elle bénéficie, à l'instar d'une vingtaine d'autres chefs, d'un passeport diplomatique », souligne dans un entretien avec L'Orient-Le Jour l'ambassadeur du Mexique au Liban, Jaime Garcia Amaral.
Ce n'est pas le premier événement gastronomique que l'ambassade du Mexique organise au Liban, mais cette année il prend une dimension spéciale avec la présence de Mme Carrillo, qui est arrivée à Beyrouth avec Celia Florian, une chef spécialiste des plats mexicains précoloniaux. L'événement s'étalera sur quinze jours au Casino du Liban.
Ces soirées gastronomiques présenteront également une troupe de mariachis mexicains basés à Barcelone et qui sont venus spécialement au Liban pour l'occasion.
« Le ministère mexicain des Affaires étrangères nous a beaucoup soutenus. En ce moment en particulier, il y a un engouement au Mexique pour tout ce qui est promotion de la gastronomie de notre pays et qui fait partie désormais de notre promotion culturelle, a noté M. Amaral. La cuisine mexicaine a été la première à être nommée patrimoine immatériel de l'humanité. Le Mexique est un vaste pays et sa cuisine est extrêmement riche et variée. Elle est très représentative de notre culture. Le goût et les saveurs changent selon les régions. C'est une cuisine assez vieille qui est un mélange de la cuisine préhispanique et de la cuisine espagnole et européenne. Par l'Espagne, nous avons reçu également l'influence des cuisines arabes et méditerranéennes. »
(Pour mémoire : Astrid Honein, la cocina del corazon)
Un livre traduit en plusieurs langues
Au programme, également, de cette quinzaine : des dégustations quotidiennes de téquila qui vient directement du Mexique, grâce aussi au soutien du ministère mexicain des Affaires étrangères. De nombreux ingrédients qui seront utilisés durant ces soirées gastronomiques, notamment des épices et des viandes, sont en provenance du Mexique.
Il ne faudrait surtout pas affirmer devant Margarita Carrillo que le Tex-Mex fait partie du patrimoine culinaire mexicain. « Le Tex-Mex est une invention américaine », dit-elle d'emblée.
Margarita Carrillo est une puritaine. C'est elle qui a milité pour que la cuisine de son pays soit reconnue patrimoine immatériel de l'humanité. Chef star dans son pays, elle a à son actif plusieurs émissions de télévision. Son dernier livre baptisé simplement The Cookbook, qui présente 700 recettes formant un panorama complet de la gastronomie mexicaine, écrit en espagnol, a déjà été traduit en plusieurs langues, notamment en anglais, en français et en allemand.
Margarita Carrillo parle des 9 000 ans d'histoire culinaire mexicaine, de la cuisine précolombienne et de l'influence espagnole.
« La friture est venue avec les conquistadores qui ont ramené l'huile d'olive, la farine, la viande de bœuf, de porc et de moutons, indique-t-elle. Avant cela, on cuisinait les plats en les mettant sur des planches d'argile chauffés ou en les enfouissant dans des braises. Les tribus précolombiennes utilisaient le maïs, le chili, le cacao, la vanille et les tomates dans leur alimentation. Elles n'avaient pas de troupeaux. Pour les viandes, elles consommaient des lapins, des dindes, des sangliers et quelques insectes, explique-t-elle à L'Orient-Le Jour. Jusqu'à présent, nous utilisons des salades sauvages dans notre cuisine. Et c'est un héritage plusieurs fois millénaire », ajoute-t-elle.
Khalil Moussa, directeur des relations diplomatiques au Casino du Liban, a souligné dans un entretien avec L'Orient-Le Jour que « rien n'a été laissé au hasard pour la réussite de cette quinzaine gastronomique mexicaine ».
La terrasse de La Martingale a revêtu les couleurs du Mexique et l'espace a été décoré de sombreros, de hamacs, d'ustensiles de faïence peinte en provenance de la boutique « la Tiendita » à Achrafieh qui importe des objets artisanaux tout droit de Mexico.
« Vu le succès des semaines gastronomiques que nous organisons en coopération avec les ambassades présentes au Liban – cela a été notamment le cas avec l'Espagne, l'Inde et la Belgique –, nous avons décidé de tenter l'expérience de la quinzaine gastronomique mexicaine », a noté M. Moussa qui poursuit : « Nous continuons à organiser des événements culinaires avec nos hôtes étrangers pour renforcer l'image du Liban qui constitue un lien entre l'Orient et l'Occident. »
Lire aussi
« Le ministère mexicain des Affaires étrangères a décerné à Margarita Carrillo le titre d'ambassadeur culturel. Comme les vrais diplomates de carrière, elle bénéficie, à l'instar d'une vingtaine d'autres chefs, d'un passeport diplomatique », souligne dans un entretien avec...

