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Réalisateur de films d’animation

Métier

Insuffler la vie à des images fixes est tout un art. En composer une suite, pour créer un mouvement et raconter une histoire, exige des connaissances techniques ainsi que des compétences artistiques dans plusieurs disciplines.

02/09/2016

Si les films d'animation sont encore souvent associés au public jeune, ceux-ci s'adressent plutôt à un large public et constituent « un mouvement d'expression artistique à part entière dont la réalisation pourrait être tout aussi raffinée et avant-gardiste que celle des films cinématographiques », affirme David Habchy, auteur de films d'animation et l'un des fondateurs de l'association culturelle et artistique, Waraq. L'animation est un médium vaste qui consiste à créer l'ensemble des éléments d'un film. « Cette flexibilité qui lui est propre offre la liberté à l'animateur de faire ce que bon lui semble, de réaliser des idées que l'on ne peut pas exécuter avec d'autres médias », ajoute-il. Laissant libre cours à son imagination, l'auteur d'un film d'animation peut ainsi animer toute matière donnant lieu à un visuel, à travers des prises de vue qui formeront une séquence. « Tout ce qui est en rapport avec le travail image par image ou la manipulation d'images dans une séquence quelconque relève de l'animation », résume-t-il.
Avec l'expérience, l'auteur de films d'animation cultive une identité et un style qui dépendent de plusieurs facteurs, parmi lesquels la technique utilisée, que ce soit de la 2D, la 3D ou le stop-motion. Le choix de la technique peut s'opérer aussi en fonction du message, de l'idée du film ou de l'effet souhaité. La 2D comprend l'animation traditionnelle, image par image que l'on travaille sur une table lumineuse, mais aussi l'animation digitale, réalisée grâce à des logiciels qui font la transition entre la première image, celle du milieu et celle de la fin d'un certain mouvement. L'animation 3D utilise des logiciels qui permettent de créer des personnages, de les animer, de bouger la caméra tout autour, de déterminer l'éclairage ainsi que l'environnement dans lequel évoluent les personnages. En animation stop-motion, l'approche est celle de la vidéo ou des prises de vue photographiques. Elle englobe l'animation des marionnettes, du sable, de l'eau, de la lumière, etc. ainsi que la technique de la pixellisation qui filme des acteurs et les transforme en caractères animés.
En ce qui concerne le processus de réalisation d'un film d'animation, l'animateur commence par définir l'idée, effectue une recherche, travaille la scénarisation, puis le story-board. « Celui-ci doit être bien précis et la durée exacte de chaque plan doit y être indiquée », note David Habchy.
En outre, l'une des étapes majeures est celle de la création des personnages. « C'est un champ large qui comprend le design des personnages, leur expression corporelle, leur histoire, leur comportement ou leur pose neutre », explique ce professionnel de l'animation. S'y ajoute l'étude du layout (ou environnement) pour lequel il s'agit de définir les matériaux, les textures, les couleurs ou le poids. Puis, à partir des images finales, sont créées les séquences qui seront placées sur l'animatic, « une sorte de story-board animé dont le but est de visualiser le rythme du film et d'y apporter les modifications nécessaires ». Enfin, la dernière étape est celle du montage pendant lequel l'on ajoute la musique, les effets spéciaux et les dialogues. Le son est, en fait, essentiel en animation, car il traduit, entre autres, le poids ou le mouvement.

L'animation ou l'art aux multiples facettes
En somme, réaliser un film d'animation requiert d'avoir un esprit créatif, d'être passionné, mais aussi d'avoir des connaissances générales en physique. « Notre perception doit être bien développée, car nous devons disséquer un mouvement dans son détail, et il faut avoir des compétences d'acteur qui nous permettent de développer les personnages. » S'y ajoutent des connaissances dans plusieurs domaines de l'art, tels les arts plastiques, la sculpture, la danse, la mode, la direction de la photo ou la conception de l'éclairage et celle du son. Toutes ces disciplines « apportent une valeur ajoutée au processus complexe de ce médium. Plus on possède de compétences, plus on contrôle le processus de réalisation », confie M. Habchy.
Le processus de réalisation d'un film d'animation est ainsi complexe et méticuleux, et, par conséquent, nécessite beaucoup de temps, ce qui le rend coûteux. « Ceci rend sa production difficile, surtout en animation traditionnelle. Dans le monde arabe, les fonds sont rares, quoique, actuellement, ceci commence à changer », assure David Habchy, plutôt confiant. En effet, c'est grâce à ces fonds que certains parviennent à réaliser leur propre film. Il est possible aussi, en free-lance, de travailler sur des projets commissionnés. « L'essentiel c'est de collaborer à plusieurs projets. L'on peut se faire connaître rapidement, car nous sommes peu à travailler dans ce domaine au Liban », note M. Habchy.
Toutefois, la majorité des animateurs se retrouvent, en général, dans la création publicitaire, notamment dans le département d'animation des studios de production. Ils occupent alors divers postes, tels illustrateur, coloriste, spécialiste du background, de l'éclairage, de la caméra, etc. Le salaire peut varier entre 800 et 4 000 dollars. « On peut être bien payé, car ce n'est pas facile de trouver un bon animateur, et ceci vaut spécialement pour l'animateur de personnages, car il requiert beaucoup de compétences, techniques, physiques et artistiques. »
Au Liban, malgré les difficultés de production et le manque d'équipements, des initiatives universitaires et des événements culturels, dont un festival biannuel d'animation, sont organisés. Ils diffusent, auprès du public, des films d'animation libanais d'auteurs et de publicitaires qui se distinguent par leur qualité, contribuant à propager cet art et à le populariser.

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