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Moyen Orient et Monde

Le Qatar s’affiche en allié indéfectible de la Turquie d’Erdogan

Putsch raté

L'alliance entre les deux pays constitue un contrepoids aux autres puissances régionales, en particulier l'Arabie saoudite et l'Iran.

OLJ/David HARDING/AFP
31/08/2016

Pendant les heures d'incertitude ayant suivi la tentative de coup d'État du 15 juillet en Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a très vite reçu un appel de soutien d'un leader étranger. À l'autre bout du fil, l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani, lui a apporté un appui indéfectible, a raconté M. Erdogan lui-même aux médias turcs. « C'était un signe important de soutien politique à un moment où la situation en Turquie était encore très incertaine, commente Kristian Coates Ulrichsen, de l'Université Rice. Et il contrastait fortement avec les déclarations tièdes des capitales occidentales pendant ou après la tentative de coup d'État. » De telles déclarations ont alimenté la suspicion du régime Erdogan à l'égard de certains pays occidentaux. Le président turc s'est en même temps empressé de remercier le Qatar.

La proximité entre le Qatar et la Turquie est ancienne. Les deux pays soutiennent les Frères musulmans et veulent le départ du président syrien Bachar el-Assad. Ils entretiennent en outre de bons rapports économiques et une étroite collaboration militaire. À l'inverse de ses homologues qui ont fui Doha en ce mois d'août chaud et moite, l'ambassadeur de Turquie Ahmet Demirok a brillé par sa présence. Après la tentative de putsch, il a tenu une conférence de presse pour rassurer la communauté de 8 000 Turcs vivant au Qatar sur la situation et pour remercier le pays hôte. Il a accueilli plus tard dans un grand hôtel de Doha une soirée coorganisée avec la Chambre de commerce turque pour souligner les liens économiques forts entre les deux pays.

 

(Pour mémoire : Le putsch raté aura-t-il des conséquences sur la politique étrangère turque dans la région ?)

 

« Nous avons une relation très forte avec le Qatar, déclare M. Demirok à l'AFP. Nous n'avons pas de contentieux historique, nous avons des similitudes culturelles et la relation entre nos dirigeants est excellente. » Le « flirt » s'est poursuivi avec le vice-Premier ministre turc Omer Faruk Korkmaz qui a tressé des louanges à l'émir du Qatar dans une interview au quotidien al-Sharq de Doha.

Le 24 août, Doha et Ankara ont signé un accord de jumelage le jour même où une société turque remportait un contrat de deux milliards de dollars pour construire une autoroute à 10 voies dans le nord du Qatar. Le 27 août, le groupe de télévision BeIN du Qatar annonçait le rachat du bouquet turc Digiturk, en évoquant « la plus grosse acquisition de son histoire ».

 

(Pour mémoire : Le Qatar félicite son allié Erdogan pour avoir mis en échec le putsch)

 

Une alliance qui dérange
Au niveau économique, les deux pays profitent d'un partenariat étroit : leurs échanges ont atteint fin 2015 plus de 1,2 milliard de dollars contre 769 millions en 2013, selon des chiffres du gouvernement turc. Sur le plan politique, le Qatar et la Turquie soutiennent les mêmes groupes en Libye, les Frères musulmans en Égypte et les mêmes rebelles en lutte contre le régime en Syrie. Leur alliance constitue un contrepoids aux autres puissances régionales, en particulier l'Arabie saoudite et l'Iran, et est vue avec « suspicion » par les Émirats arabes unis, selon M. Ulrichsen.

La Turquie a une base militaire au Qatar qui abrite jusqu'à 3 000 hommes et plus si « besoin est », a déclaré M. Demirok. « L'axe Qatar-Turquie repose sur un solide terrain d'entente, relève Christopher Davidson, spécialiste du Moyen-Orient à l'Université Durham de Grande-Bretagne. Les deux pays cultivent l'islam politique à l'intérieur et à l'extérieur pour servir leurs agendas et se voient en partenaires dans la lutte contre les puissances rivales, Riyad ou Téhéran. »

Et même si la base militaire est « symbolique », elle donne « un signal clair à Washington, Téhéran et Riyad qu'Ankara est bien placé pour prendre en charge le rôle (de garant de la sécurité du Qatar) des États-Unis dans l'avenir si besoin est », ajoute-t-il.
La question reste posée toutefois sur de possibles failles dans cette relation. « Il faut garder un œil » sur l'évolution possible de la position turque sur la Syrie qui semble prête à accepter le maintien au pouvoir du président Assad à court terme, estime M. Davidson.

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Indéfectible ? , hahahaha , qui trop étreint mal embrasse .... c'est dans la nature même des alliés de se poignarder , n'est ce pas les amis bensaouds ?

DAMMOUS Hanna

Évidente alliance, le gaz doit parvenir à la Turquie après le changement à terme de régime de ce pays sacrifié pour la captation des marchés de l’Énergie. Business run the war.

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