Le boxeur camerounais Dieudonné Wilfred Seyi Ntsengue célèbre à sa façon sa qualification pour le deuxième tour dans la catégorie des 75 kilos. Peter Cziborra/AFP
L'équipe du concours complet a offert le premier titre olympique à la France à Rio, avec un total de 169 points à l'issue du saut d'obstacles, devant l'Allemagne (172,80), tenante du titre, et l'Australie (175,30), hier à Deodoro.
C'est le second sacre pour les Français dans la discipline, après celui, rocambolesque, de 2004 à Athènes. Aux Jeux de Rome, en 1960, les « vestes bleues » avaient conquis la médaille de bronze. C'est également la seconde médaille à Rio pour les Bleus, après la médaille d'argent du relais 4 x 100 m messieurs obtenue dimanche en natation.
Cette médaille constitue une revanche pour l'entraîneur national Thierry Touzaint, l'homme des multiples médailles depuis 1993, mais remercié en 2009 après des championnats d'Europe ratés à Fontainebleau. L'Angevin avait retrouvé son poste début 2013. L'ossature de l'équipe championne olympique avait subi l'épreuve du feu aux championnats d'Europe 2015 à Blair Castle (Écosse), où les Français s'étaient classés troisièmes par équipe.
Cette victoire a couronné une magnifique matinée pour les Bleus, avec le carton des « Experts » du hand contre l'armada de mercenaires du Qatar (35-20), la qualification en quarts de finale de la championne du monde 2014 Clarisse Agbegnenou sur le tatami chez les -63 kg, et les qualifications de deux des trois épéistes en huitièmes de finale à l'escrime, avec le n° 1 mondial Gauthier Grumier et le champion d'Europe Yannick Borel.
De quoi remettre le sourire sur les visages de Tricolores bien moroses depuis l'ouverture des JO vendredi soir au Maracana, avec une seule petite médaille d'argent décrochée jusque-là par Florent Manaudou et ses partenaires du relais 4 x 100 m en natation, et après la déception du nageur Camille Lacourt, vice-champion du monde sur 100 m dos et qui a calé, incapable de monter sur le podium en finale de cette discipline.
Le beau gosse de la natation française pensait reléguer aux oubliettes sa 4e place de Londres en 2012. Raté : il a reculé d'une place dans le bassin de Barra, pour finir à une triste 5e place, loin d'un podium dominé par l'Américain Ryan Murphy.
La France est déjà à la traîne dans ces JO avec une unique médaille d'or au compteur. À elle seule, Katinka Hosszu, la « dame de fer » de la natation hongroise, compte déjà deux médailles d'or, avec son nouveau titre sur 100 m dos.
Si les Bleus avaient fait parler d'eux dimanche dans la piscine de Barra, avec le relais 4 x 100 m, dauphin d'un quatuor américain royal avec Michael Phelps, ils n'ont pas récidivé. Seul Lacourt avait atteint une des quatre finales, sans succès. Et ce sont des nageurs parfois sulfureux qui ont été couronnés ou médaillés. Avec Sun Yang d'abord, titré sur 200 m nage libre, la distance qui avait sacré Yannick Agnel en 2012 à Londres. Puis Yuliya Efimova, en argent sur 100 m brasse, derrière l'Américaine Lilly King, la nouvelle reine de la distance. Leur point commun ? Avoir tous les deux été suspendus pour dopage.
Le dopage à la une
Pour le Chinois de 24 ans, c'était en 2014. Contrôlé positif à un produit supposé prévenir les angines de poitrine, le double champion du monde en titre avait écopé de trois mois de suspension. Pour la Russe, ce fut d'abord une suspension de 16 mois en 2014 (stéroïde). Puis, en mars 2016, un nouveau contrôle positif, au Meldonium, un médicament très à la mode dans le sport russe avant son interdiction le 1er janvier.
Et tous les deux n'ont pas reçu le même accueil du public : l'indifférence pour Sun, l'hostilité et les sifflets pour Efimova, repêchée de justesse pour les Jeux vendredi soir, malgré l'accablant dossier McLaren sur le dopage d'État russe. « Essayez de me comprendre et de revoir votre position sur moi », a supplié Efimova.
« C'est triste que de nos jours, il y a des gens contrôlés positifs, même deux fois pour certains, qui ont quand même l'occasion de nager aux Jeux olympiques. Ça m'énerve », a réagi Phelps. « Sun Yang, il pisse violet ! Quand je vois le podium du 200 m libre, ça me donne envie de vomir », a tonné Lacourt.
Si le CIO espérait que le dopage cède la place au sport, c'est donc raté. C'est compter sans le potentiel scandale qui a émergé lundi matin, autour de la première médaillée de l'histoire du Kosovo, la judoka Majlinda Kelmendi. Coupable d'avoir refusé de se soumettre à un contrôle antidopage en juin, en France, la championne olympique est sous le coup d'une suspension provisoire.
Du côté français, avant l'éclaircie en équitation hier, ce sont plutôt les piètres performances qui ont fait parler depuis le début de ces Jeux. Zéro pointé pour le judo et l'escrime, bérézina au tennis, avec en prime la sortie de Tsonga, l'échec pour Lacourt...
Agnel pour la der
Un autre rayon de soleil est venu de la baie de Guanabara et de la véliplanchiste Charline Picon, championne du monde 2014, en tête au général après trois régates.
Pour les basketteurs bleus, avant de parler de médailles, il était d'abord question d'honneur à sauver, après une rentrée ratée samedi face à l'Australie (87-66). Opération réussie : la bande de Tony Parker s'est ressaisie en corrigeant la Chine 88 à 60.
La tendance va-t-elle s'inverser pour l'équipe de France olympique ? C'est possible, avec encore plusieurs grosses chances de podiums dans les rangs bleus.
Du côté de la piscine, une seule finale pourrait permettre aux Français de décrocher une médaille : le relais 4 x 200 m nage libre, avec la dernière course de Yannick Agnel sous le maillot bleu. Victime d'un coup de déprime prononcé, le champion olympique de Londres avait annoncé sa retraite dimanche. Ce sera donc pour ce soir. En face de lui, le Niçois retrouvera son maître, celui à qui il avait souvent été comparé : le roi Michael Phelps.
(Source : AFP)


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