Le président de la commission de la Sécurité nationale et de la Politique étrangère au Parlement iranien, Alaeddine Boroujerdi. Photo Ani
Alaeddine Boroujerdi, président de la commission de la Sécurité nationale et de la Politique étrangère au Parlement iranien (Majlis el-Choura), a assuré hier que l'élection présidentielle libanaise était une affaire interne et que l'Iran restait attaché à sa politique de non-ingérence. L'Iran serait toutefois prêt à prêter main-forte au Liban dans ce dossier s'il est sollicité pour le faire, a-t-il affirmé.
« La politique de l'Iran est basée sur le principe de non-ingérence dans les affaires internes des autres pays, dont le Liban, a dit M. Boroujerdi en réponse à une question sur la responsabilité de l'Iran dans la paralysie de la présidentielle libanaise. Par ailleurs, et compte tenu des relations fraternelles et amicales qui nous lient au Liban, si on nous demande de prendre part à des efforts politiques pour aider à mettre fin à la vacance présidentielle, nous n'hésiterons pas à le faire. Le Liban est le pays des élites politiques. Nous sommes donc confiants du fait que les politiciens libanais seront capables de trouver une solution à la vacance présidentielle. »
M. Boroujerdi, qui effectue une visite de deux jours à Beyrouth, s'est rendu hier au palais Bustros où il a discuté de la politique étrangère de son pays avec le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil. « Nous avons évoqué la politique étrangère iranienne, à l'ombre de l'accord sur le nucléaire avec l'Occident et les nouveaux horizons qui ont été ouverts à l'Iran avec la signature de cet accord. Nous avons également évoqué le fait que les États-Unis ne tiennent pas les promesses faites dans le cadre de cet accord. Mais nous ne pensons pas que l'intransigeance américaine puisse faire obstacle aux évolutions positives des relations entre l'Iran et le reste des pays signataires », a-t-il souligné. Un accord sur le nucléaire iranien avait été conclu en juillet 2015, à Vienne, entre l'Iran et les pays du « P 5+1 » (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).
M. Boroujerdi a par ailleurs rencontré Mohammad Raad, député du Hezbollah, avant de se recueillir sur la tombe de Imad Moughniyé, responsable militaire du Hezbollah tué dans un attentat en Syrie en 2008. « Ma visite au Liban tombe au même moment que la fête de l'Armée libanaise (1er août) ainsi que celle de la victoire de la résistance contre Israël en août 2006. Nous insistons sur le rôle unique et historique de la résistance guidée par son secrétaire général, Hassan Nasrallah, et qui a permis de répandre la sécurité et le calme non seulement au Liban, mais également au niveau régional », a déclaré le responsable iranien. « Nous appuyons l'initiative du chef du Parlement, Nabih Berry, qui organise une rencontre pour le dialogue national (aujourd'hui) dans le but de renforcer l'unité nationale et de trouver des solutions aux crises politiques », a-t-il ajouté.
Questionné sur les perspectives d'évolution des relations entre l'Iran et l'Arabie saoudite, M. Boroujerdi a indiqué que l'Iran avait fait le nécessaire en matière de rapprochement. « Comme vous le savez, après l'élection du président de la République iranienne, Hassan Rohani, l'Iran a fait plusieurs tentatives pour ouvrir une nouvelle page dans le cadre des relations avec l'Arabie saoudite. Mais malgré toutes ces tentatives, la situation nécessite une collaboration des deux côtés. Nous pensons que l'Arabie saoudite est entièrement responsable de l'état actuel des choses et non pas l'Iran », a-t-il souligné.


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