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Moyen Orient et Monde

Les quartiers rebelles d’Alep totalement assiégés par l’armée syrienne

Conflit

L'Onu parle de près de 600 000 personnes « en danger » dans le pays ; Israël abat un drone venant du Golan.

OLJ
18/07/2016

L'armée syrienne assiège désormais « complètement » les quartiers rebelles de la ville d'Alep après avoir pris hier le contrôle de la dernière route permettant de les ravitailler, faisant craindre un désastre humanitaire.
Après des semaines de combats, « les combattants du régime sont désormais sur la route du Castello » située au nord-ouest d'Alep, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Ils l'ont « totalement coupée » et, de ce fait, « les quartiers de l'est sont complètement assiégés ». Pour sa part, un combattant rebelle a confirmé hier qu' « Alep était dorénavant à 100 % assiégée ». « L'armée a atteint la route et a même arrêté un groupe de civils qui s'y trouvaient », a-t-il indiqué, précisant qu'elle avait également placé des sacs de sable en guise de barrières. Un correspondant de l'AFP présent dans les quartiers rebelles a pour sa part indiqué qu'au moins six frappes aériennes avaient visé l'est d'Alep après cette dernière avancée des combattants du régime.
Selon l'OSDH, au moins 16 combattants rebelles ont été tués hier lors de l'avancée des troupes loyalistes au président Assad. Par ailleurs, six civils ont été tués dans des raids aériens sur des quartiers rebelles, a ajouté l'Observatoire. Des activistes d'Alep ont pour leur part exhorté sur Facebook les civils à se tenir éloignés de la route du Castello où ils pourraient être arrêtés ou blessés.
La reprise de cette route, dite du Castello, était l'une des priorités du régime de Bachar el-Assad. Elle lui permet d'isoler les insurgés qui contrôlent la moitié de la deuxième ville du pays depuis 2012. Quelque 300 000 personnes, selon l'Onu, vivent dans des conditions de plus en plus précaires dans les quartiers rebelles de l'est, totalement coupés des quartiers de l'ouest aux mains du pouvoir.
La route du Castello restait le dernier axe que pouvaient emprunter hommes et marchandises pour entrer ou sortir des quartiers rebelles, notamment vers la Turquie. Le 7 juillet, les forces prorégime avaient réussi à prendre position à moins de 500 mètres de la route, étant ainsi capables de tirer sur toute personne ou tout véhicule l'empruntant.

Risques de famine
Selon les Nations unies, près de 600 000 personnes vivent dans des zones assiégées en Syrie, dans la plupart des cas par le régime, sans accès à la nourriture ni à une aide médicale. Si les quartiers est d'Alep ne sont pas encore définis comme « assiégés » par l'Onu, cette dernière s'est déclarée « très inquiète de l'escalade de la violence » à Alep, qui « met en danger des centaines de milliers de personnes ». Elle a appelé cette semaine « toutes les parties à autoriser la livraison de l'aide humanitaire » et à « l'évacuation des civils qui le désirent ». « En l'absence d'accès au monde extérieur, l'apparition de cas de famine n'est qu'une question de temps », a mis en garde hier The Syria campaign, un groupe militant pour une Syrie démocratique.
Aux pénuries s'ajoutent les bombardements qui se sont intensifiés ces dernières semaines. Samedi, au moins 28 civils dont des enfants ont été tués dans des raids aériens sur les quartiers rebelles, selon l'Observatoire. Les rebelles ont riposté par des tirs de roquettes sur les secteurs ouest de la ville, tuant quatre personnes, toujours selon l'OSDH.
Par ailleurs, Israël a tiré hier deux missiles Patriot vers un drone « infiltré » de Syrie, a affirmé un communiqué de son armée. « Deux missiles Patriot ont été tirés vers un drone qui s'est infiltré à partir de la Syrie sur le plateau du Golan », indique ce communiqué. « Le drone est retourné en Syrie », a précisé l'armée.
Toujours hier, le Haut Comité des négociations (HCN), qui rassemble les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes, a assuré que l'avancée du régime à Alep menace de retarder toute reprise des pourparlers de paix. Pour Basma Kodmani, membre du HCN, la « punition collective » imposée aux civils à Alep « place un grand point d'interrogation sur Genève », où plusieurs cycles de négociations ont eu lieu.

(Source : AFP)

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