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Nos lecteurs ont la parole - Georges Tyan

Amen

Bon, puisqu'il faut y aller, allons-y. Tentons de nous approcher le plus possible de ce qui fut une mare insalubre où même les canards les plus aguerris refusaient de barboter tant les microbes sont tenaces, les maladies qui en découlent irréversibles, les meilleurs antidotes, analgésiques, antibiotiques et autres médecines ayant rapidement hélas trouvé leurs limites.
Et pourtant, il existe un genre d'humains, le mot humain ici est à prendre avec des pincettes, qui s'y baignent dans une sorte d'allégresse béate, enchantés qu'ils sont d'avoir pour eux et à personne d'autre cet espace dont ils ont fait à force de subterfuges un sanctuaire privé, y ont établi un camp retranché transformé en poste de commandement inexpugnable pour les siècles des siècles. Amen.
Amen ? Oui Amen, y a-t-il un inconvénient ? La mare est devenue une piscine de luxe, tout autour, un complexe ultramoderne a été bâti, comprenant de belles demeures extravagantes avec le fin du fin du dernier cri en confort, habitées par des gens que vous avez commissionnés légalement pour quatre ans pas un jour de plus. Ils sont parvenus à faire de vos propres habitations des taudis, de votre avenir une précarité et de leur momentané une éternité.
Comme tour de force, on ne peut faire mieux. J'y suis j'y reste, et pour toujours. Si ce n'est moi ce sera ma veuve, mes orphelins, leur progéniture. Bref, la charge que vous m'avez confiée, bien que limitée dans le temps et non cessible, est désormais inscrite en mon nom et partant celui de mes héritiers dans les feuillets de services fonciers de la république.
Encore heureux que le droit de cuissage soit passé de mode, sinon avec toutes les jolies dames que nous avons dans le pays, les statistiques montrent qu'au Liban il y aurait plus de six femmes pour un homme, rester verts pour ces gens-là poserait plus d'un problème que même la petite pastille bleue peinerait à résoudre.
Mais voyons, un peu de sérieux quand même. Si, comme il apparaît clairement, ces personnes qui pour notre malheur nous gouvernent ne le sont pas, la situation, elle, l'est à tous les égards, bien plus, elle devient inquiétante, pas pour eux qui nagent en plein bonheur, mais pour le peuple de mon pays. Dommage que leur félicité ne soit pas contagieuse.
Au moment où le vide institutionnel élargit son cercle vicieux à tous les niveaux de l'État, où les ennemis de notre patrie se liguent aux comploteurs sournois et pernicieux se préparant à sonner l'hallali, tirer un trait définitif sur le pays du lait et du miel, nos dirigeants s'amusent en devinettes, pour ne pas écrire galipettes. Que mettre avant, la charrue persique ou les dromadaires du désert ?
Je persiste à croire que le bon bœuf de nos montagnes, ou le petit mulet qui va les yeux fermés sur les chemins escarpés de nos vallées, évitant les ravins piégeurs, les crevasses traitresses, aurait mieux fait l'affaire que les bidules importés de l'étranger.
Les autochtones acceptent nos remarques, discutent, comprennent notre langage, se suffisent de peu. Alors que la réciproque n'est pas vraie pour les importés, nous devons nous mettre à leur diapason, prendre au garde-à-vous leurs instructions. Trop exigeants, ils vous coupent en un clin d'œil leurs subsides et faux dons.
Je suis persuadé que le meilleur serait de revenir à nos classiques, à nos valeurs, à nos lois fondamentales qui ont fait la beauté du Liban, l'ont placé à la croisée des civilisations, à la pointe de la culture, de la pensée en toute liberté.
Il ne suffit plus de se trimballer de dînettes en banquets, la main sur le cœur, battre sa coulpe, une larme de crocodile à l'œil, et s'écrier : « Je suis responsable », comme pour apitoyer une assistance conquise d'avance pour vous absoudre de vos impardonnables errances, sans pour autant avancer la moindre ébauche de solution au mal que vous avez occasionné au pauvre peuple crédule, que vos affidés ont mené au seuil de l'indigence.
Le fait du prince n'était pas discutable, il l'est à présent et bien plus encore. À l'heure des réseaux sociaux, nul n'est à l'abri des sanctions, de la grogne, de la révolte populaire. Le peuple ne s'en laisse plus compter, preuve en est le semi-échec des alliances contre nature aux municipales de Beyrouth, le camouflet tonitruant à Tripoli, l'élection d'un Pakistanais à la mairie de Londres et enfin la victoire haut la main d'une parfaite inconnue en Italie, mettant en échec la mafia romaine.
La liberté, la candeur, l'honnêteté, portées par la globalisation, sont contagieuses. Alors messieurs, vous pouvez élaborer toutes les lois électorales que vous voulez, couper et découper les circonscriptions à votre taille, tirer de vos chapeaux des lapins à profusion, user et abuser de vos dons de prestidigitateurs, scrutin de liste, uninominal, direct, proportionnel, majoritaire, vous n'y couperez pas.
Le peuple de mon pays se réveille, il sort lentement mais sûrement de sa léthargie. Sa jeunesse a jeté loin les œillères qui troublaient sa vue, coupé le cordon ombilical qui la reliait soit à l'exil, soit à la pauvreté.
Je prie, et je prie les personnes de bonne volonté de se joindre à moi et prier que cet élan salvateur, propre, innocent continue et se concrétise, pour que notre beau Liban renaisse. Amen !

Bon, puisqu'il faut y aller, allons-y. Tentons de nous approcher le plus possible de ce qui fut une mare insalubre où même les canards les plus aguerris refusaient de barboter tant les microbes sont tenaces, les maladies qui en découlent irréversibles, les meilleurs antidotes, analgésiques, antibiotiques et autres médecines ayant rapidement hélas trouvé leurs limites.Et pourtant, il existe un genre d'humains, le mot humain ici est à prendre avec des pincettes, qui s'y baignent dans une sorte d'allégresse béate, enchantés qu'ils sont d'avoir pour eux et à personne d'autre cet espace dont ils ont fait à force de subterfuges un sanctuaire privé, y ont établi un camp retranché transformé en poste de commandement inexpugnable pour les siècles des siècles. Amen.Amen ? Oui Amen, y a-t-il un inconvénient ? La mare est...
commentaires (2)

RENAITRE QUAND LE CORPS EST ATTEINT D,UNE GANGRENE N,EST PAS POSSIBLE... IL FAUT LA CURE... SINON L,AMPUTATION !!!

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

09 h 22, le 28 juin 2016

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Commentaires (2)

  • RENAITRE QUAND LE CORPS EST ATTEINT D,UNE GANGRENE N,EST PAS POSSIBLE... IL FAUT LA CURE... SINON L,AMPUTATION !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 22, le 28 juin 2016

  • Oui, bon, mais que faire de tous ces curés, cheikhs, prélats, mollahs ou ulémas et de tous leurs troupeaux ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 29, le 28 juin 2016

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