Rechercher
Rechercher

Économie - Focus

L’économie britannique plonge dans l’inconnu

Le cabinet PwC estime que le Brexit pourrait coûter 70 000 à 100 000 emplois dans le secteur des services financiers britanniques d’ici à 2020....

La sortie des Britanniques de l'UE entraîne un vertigineux plongeon dans l'inconnu pour leur économie, qui risque de pâtir d'un choc d'incertitudes avec une croissance ralentie et un chômage en hausse à la clef.
Les partisans du maintien dans l'UE en avaient fait leur principal argument de campagne, mais cela n'a pas suffi : le Royaume-Uni va désormais affronter les vents tourbillonnants générés par sa décision de partir. Voir la cinquième puissance économique mondiale quitter le navire européen a immédiatement engendré un impact planétaire, au point que des observateurs jugeaient que le Royaume-Uni avait rétrogradé au sixième rang, derrière la France, en quelques heures, du fait de l'impact sur le marché des changes. La livre sterling chère aux sujets de sa majesté plongeait encore de 8,01 % vers 20h20 GMT (23h20 à Beyrouth) face au dollar, après être tombée à son plus bas niveau en 30 ans en cours de séance.

Barrières commerciales
L'impact économique devrait en effet être majeur, et même si les experts se sont écharpés sur les risques encourus, ils s'attendent dans l'ensemble à des conséquences négatives – au moins pour les années à venir – en raison d'un lourd paquet d'incertitudes.
Le gouvernement britannique a prévenu qu'une bonne dizaine d'années pourraient être nécessaires pour mener à bien les diverses négociations ouvertes par un Brexit – conditions de sortie de l'UE, négociations de nouveaux accords avec elle et conclusions de traités commerciaux avec les pays extérieurs à l'UE liés à cette dernière par une entente.
Les barrières commerciales pourraient être relevées pendant la période de transition, avec 5,6 milliards de livres (8,2 milliards de dollars) par an de droits de douane supplémentaires à payer pour les exportateurs britanniques, d'après l'OMC. Les secteurs manufacturiers comme l'aéronautique, avec l'entreprise européenne Airbus au centre des attentions, ou l'automobile, en plein boom au Royaume-Uni, pourraient en souffrir.
En outre, « de nombreuses entreprises utilisent le Royaume-Uni comme porte d'entrée vers l'Europe et certaines d'entre elles ont prévenu qu'elles relocaliseraient leur siège européen en cas de Brexit », avertit Scott Corfe, directeur du Centre for Economics and Business Research, qui s'attend à un repli des investissement chinois et américains.
Les partisans du Brexit ont battu campagne de surcroît pour limiter l'immigration, ce qui devrait réduire l'afflux de main-d'œuvre d'Europe de l'Est et du Sud qui a dopé l'économie ces dernières années, en particulier le secteur du BTP.

Des milliers de départs à la City ?
Au final, la croissance dynamique depuis deux ans risque de se réduire et le FMI envisage un scénario défavorable où l'économie britannique sombrerait en récession l'an prochain, entraînant une remontée du chômage de 5 % actuellement à 6,5 % d'ici à deux ans.
Cette panne redoutée devrait assécher les rentrées fiscales et l'Institut des études budgétaires (IFS) prévoit un manque à gagner annuel compris entre 20 et 40 milliards de livres (entre 23 et 46 milliards de dollars) d'ici à 2020 – en tenant compte de l'arrêt de la contribution britannique aux comptes de Bruxelles.
Conséquence : Standard & Poor's a prévenu dès hier matin que le Royaume-Uni pourrait perdre sa précieuse note « AAA » que lui attribue l'agence de notation depuis un demi-siècle. De son côté, Moody's a révisé hier de stable à négative la perspective de la note du Royaume-Uni, alors qu'elle avait déjà abaissé sa notation à « Aa1 » avant le scrutin de jeudi. Au cœur des turbulences financières à prévoir, la City de Londres risque d'être moins attractive : les banques craignent de perdre le droit de vendre sans entrave leurs services financiers depuis le Royaume-Uni vers les pays de l'UE.
La banque américaine JP Morgan, qui emploie 16 000 personnes au Royaume-Uni, a averti hier qu'elle pourrait déplacer des emplois hors du pays. Avant le vote, ses compatriotes Morgan Stanley et Goldman Sachs, ainsi que la britannique HSBC, avaient évoqué la possible délocalisation de milliers de postes en cas de Brexit. Au total, le cabinet PwC estime que le Brexit pourrait coûter 70 000 à 100 000 emplois dans le secteur des services financiers britanniques d'ici à 2020.
Reste désormais à savoir qui profitera de ce mouvement... La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a par exemple assuré hier être « prête à accueillir tous ceux qui veulent revenir en Europe ». « Welcome to Paris region », « le nouveau Londres », a-t-elle lancé. Frankfurt Main Finance, une association de défense des intérêts de la place francfortoise, a lancé de son côté une hotline, un site internet et une campagne sur les réseaux sociaux intitulée – en anglais dans le texte – « Welcome to Frankfurt – What can we do for you ? »
« Même si Paris et Francfort aimeraient profiter du Brexit, le grand bénéficiaire devrait être New York car les grandes banques se tournent de nouveau vers l'autre rive de l'Atlantique », présage néanmoins Huw Macartney, professeur à l'université de Birmingham.

(Source : AFP)

La sortie des Britanniques de l'UE entraîne un vertigineux plongeon dans l'inconnu pour leur économie, qui risque de pâtir d'un choc d'incertitudes avec une croissance ralentie et un chômage en hausse à la clef.Les partisans du maintien dans l'UE en avaient fait leur principal argument de campagne, mais cela n'a pas suffi : le Royaume-Uni va désormais affronter les vents tourbillonnants générés par sa décision de partir. Voir la cinquième puissance économique mondiale quitter le navire européen a immédiatement engendré un impact planétaire, au point que des observateurs jugeaient que le Royaume-Uni avait rétrogradé au sixième rang, derrière la France, en quelques heures, du fait de l'impact sur le marché des changes. La livre sterling chère aux sujets de sa majesté plongeait encore de 8,01 % vers 20h20 GMT (23h20...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut