Le « Sun », tabloïd aux 4,5 millions de lecteurs, a annoncé hier son ralliement au camp du Brexit. Daniel Sorabji/AFP
Le baromètre est au beau fixe pour les partisans du Brexit qui, en plus d'être en tête dans les sondages, ont engrangé hier le soutien du Sun, le quotidien le plus vendu au Royaume-Uni, entraînant une nouvelle chute des Bourses mondiales.
Face à la perspective d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, l'inquiétude continue à gagner les marchés financiers à neuf jours du référendum britannique.
La Bourse de Londres a terminé en chute de 2 %, celle de Paris a signé sa cinquième séance consécutive de baisse hier (-2,29 %), alors que Wall Street a également démarré la séance en territoire négatif.
« À chaque fois qu'il y a un sondage » en faveur du Brexit ou « une rumeur », « le marché recule à nouveau », expliquait Alexandre Baradez, un analyste de IG France, qui constate « une défiance envers l'Europe » de la part des investisseurs.
La livre sterling était particulièrement sous pression sur les marchés des changes. Les derniers sondages pèsent « encore plus lourdement », commentait dans une note Simon Smith, analyste chez FXPro.
Le camp du maintien dans l'UE, mené par le Premier ministre conservateur David Cameron, doit composer depuis quelques jours avec une succession de sondages donnant le Brexit en tête. Hier encore, les troupes du « Leave » comptaient six points d'avance (53 %) dans les intentions de vote, selon une enquête d'opinion ICM publiée par le Guardian, et sept dans un sondage YouGov pour le Times.
(Pour mémoire : La BCE évalue les plans des banques européennes en cas Brexit)
Vent de panique
Résultat : un vent de « panique » souffle désormais sur le camp du maintien, ont expliqué au Times et au Guardian des sources au sein de la campagne pro-UE, même si le porte-parole de « Britain Stronger in Europe » cherche à relativiser. « Je ne prêterais pas trop attention aux sondages (...), on sait qu'ils avaient tout faux l'année dernière » pour les législatives, a assuré James McGrory à l'AFP.
Même s'il n'a rien d'une surprise, le ralliement du Sun au camp du Brexit n'en constitue pas moins un nouveau coup dur pour les pro-européens. « BeLEAVE in Britain », pouvait-on lire en toutes lettres en une du tabloïd aux 4,5 millions de lecteurs. Un jeu de mots qui phonétiquement signifie « croire en la Grande-Bretagne » tout en comprenant le terme « sortie (de l'UE) ».
Pour tenter d'inverser la tendance, les partisans du statu quo ont lancé une nouvelle offensive hier en se rassemblant au siège de la grande confédération syndicale, le Trade Union Congress. Le leader du Parti travailliste Jeremy Corbyn y a défendu « le travail des syndicats à travers l'Europe (...) ».
Dans un communiqué commun, de hauts responsables travaillistes ont évalué qu'une sortie de l'UE côuterait 525 000 emplois dans le secteur public au Royaume-Uni et « (...) pourrait se traduire par un trou noir de 40 milliards de livres dans nos finances publiques ».
Pour combler son retard, le camp du « Remain » pourra aussi tenter de capitaliser sur une décision rendue hier par la Cour de justice de l'UE, qui a accordé au Royaume-Uni le droit de limiter certaines aides sociales aux migrants européens, une thématique-clef de la campagne.
(Source : AFP)
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