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Pour préserver l’espoir

« Mon père est décédé quelques années après ma disparition »

Pour que la cause des personnes disparues au Liban ne tombe pas dans l'oubli, l'ONG Act for the Disappeared a lancé le projet « Fus'hat amal » *. Dans ce cadre, nous publions une série de témoignages fictifs qu'auraient apportés des Libanais arrachés à leur milieu familial et social.

Hadi Karam a été enlevé le 14 juin 1990.

Je m'appelle Hadi. J'étais un jeune homme de 28 ans, aimé et gâté par trois sœurs dont l'attention était focalisée sur leur frère unique. Je travaillais avec mon père dans l'entreprise familiale, une imprimerie implantée à Jbeil.
En 1989, quatorze ans après le début de la guerre dans mon pays, j'ai décidé que j'en avais assez. Je voulais partir m'installer à Toulouse, en France. J'ai toutefois dû remettre mon projet à plus tard pour épargner mon père, qui ne pouvait se résoudre à me laisser partir.
Le 14 juin 1990, un homme est venu me retrouver au travail. Il m'a demandé si je voulais vendre ma voiture. J'ai trouvé cela étrange, d'autant plus que depuis quelques jours j'avais remarqué qu'une voiture me suivait partout. Quelques heures plus tard, j'ai quitté le bureau pour me rendre à Douma. J'étais invité à un mariage. Avant de sortir, j'ai appelé un fleuriste et lui ai demandé de me préparer un bouquet. Je ne suis jamais passé le récupérer. Mes amis se sont étonnés de ne pas me voir au mariage. Ils ne soupçonnaient même pas qu'ils ne me reverraient jamais plus.

À l'instar de milliers d'autres familles, mes parents ont été très affectés par mon enlèvement. Mon père s'est sans doute dit que tout cela ne serait pas arrivé s'il m'avait laissé partir en France. Il est décédé quelques années après ma disparition.
Ma grande sœur Hilda a continué à m'attendre. Elle a eu une opportunité de travailler à l'étranger, mais elle a refusé de partir... au cas où je reviendrais. Aujourd'hui, elle se souvient avec émotion de ces moments joyeux que je passais à jouer avec mes neveux et nièces. Je les ramenais tout sales à la maison. Elle aimerait tellement que ses enfants se souviennent de moi... Elle aimerait tant savoir ce qui m'est arrivé et pouvoir leur expliquer.
Mon nom est Hadi Karam. Ne laissez pas mon histoire s'interrompre ici.

*« Fus'hat amal » est une plate-forme numérique qui rassemble les histoires des personnes disparues au Liban. Le projet est financé par le Comité international de la Croix-Rouge, l'Union européenne, le National Endowment for Democracy et la Fondation Robert Bosch.
Des histoires d'autres personnes ayant disparu durant la guerre sont disponibles sur le site Web de Fus'hat amal à l'adresse : www.fushatamal.org
Si vous êtes un proche d'une personne disparue, vous pouvez partager son histoire sur le site du projet ou contacter Act for the Disappeared aux 01/443104, 76/933306.

 

Tous les témoignages dans notre dossier
Disparus de la guerre civile : S'ils pouvaient témoigner...


Je m'appelle Hadi. J'étais un jeune homme de 28 ans, aimé et gâté par trois sœurs dont l'attention était focalisée sur leur frère unique. Je travaillais avec mon père dans l'entreprise familiale, une imprimerie implantée à Jbeil.
En 1989, quatorze ans après le début de la guerre dans mon pays, j'ai décidé que j'en avais assez. Je voulais partir m'installer à Toulouse, en...

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