Par quelque bout qu'on les prenne, les chiffres de l'emploi américain ont été mauvais en mai. Il s'agit du signe le plus significatif d'essoufflement du cycle d'expansion. C'est donc plus inquiétant que la chute de l'ISM-manufacturier en territoire récessif à la fin 2015 et au début 2016. Si cela devait annoncer une récession, la Fed devrait songer à assouplir sa politique monétaire, peut-être en relançant le QE. Mais il y a une autre analyse possible. L'emploi fléchit car le plein-emploi est totalement restauré. Vont donc suivre logiquement des tensions salariales et la Fed devra durcir sa politique. À court terme, le FOMC peut se contenter d'adopter une stratégie simple : wait and see. Les taux resteront inchangés. Le communiqué du FOMC et Mme Yellen devraient rester aussi vagues que possible sur le calendrier de hausse des taux. Les membres du FOMC vont actualiser leurs prévisions économiques et monétaires. En mars, la trajectoire médiane était tombée à deux hausses des taux en 2016 (contre 4 trois mois plus tôt) malgré des prévisions de chômage et d'inflation sous-jacente inchangées. Ce coup-ci, le chômage et l'inflation pourraient être revus à la hausse, les cibles pour la fin 2016 étant déjà atteintes. D'un autre côté, la croissance devrait être légèrement abaissée à cause d'un mauvais T1. Vu l'incertitude qui règne, les dots des prévisions de taux risquent aussi de se décaler vers le bas, même si la prévision médiane de 2016 pourrait rester à deux hausses.
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