Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil.
Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a quitté hier Beyrouth à la tête d'une délégation en direction de Paris pour effectuer par la suite une tournée d'une semaine englobant la Suède, la Norvège et la Finlande afin de s'informer des restrictions récentes réglementant l'accueil des réfugiés syriens dans ces pays.
La visite du ministre s'inscrit dans le cadre de la préparation de la prochaine réunion de haut niveau sur le partage au plan mondial des responsabilités concernant les réfugiés syriens, a expliqué une source diplomatique à l'agence al-Markaziya.
C'est donc dans la perspective de la future réunion de l'Assemblée générale de l'Onu sur la gestion des déplacements massifs de réfugiés et de migrants, qui aura lieu en septembre à New York, que M. Bassil a entamé sa tournée hier. Il étudiera avec les responsables scandinaves les répercussions sur le Liban de ces nouvelles politiques limitant l'immigration clandestine des réfugiés, notamment en Europe, qui « au lieu de partager la responsabilité dans l'accueil des réfugiés, les force à rentrer dans leur pays », dit la même source.
Les chances de mise en application du plan du HCR qui consistait à partager les réfugiés et à exhorter l'Europe, l'Amérique et l'Australie à accepter les Syriens dans le but du regroupement familial ont diminué. Ce plan semble avoir été rejeté en Europe au moins, parce qu'il implique que toute personne qui souhaite regrouper les membres de sa famille doit bénéficier d'un revenu suffisant pour soutenir toute la famille, en plus des avantages éducatifs et hospitaliers.
Notons que les pays nordiques sont devenus plus stricts concernant l'accueil des réfugiés syriens : la Norvège, la Finlande et la Suède ont pris des mesures interdisant l'accueil de réfugiés clandestins, explique la source diplomatique.
Après une vague de protestations populaires, les pays scandinaves ont fini par se conformer aux demandes de leur peuple de réduire le nombre de réfugiés musulmans de peur qu'ils abritent parmi eux des terroristes et des criminels.
Il y a aussi une crainte du changement démographique et son impact sur la civilisation scandinave. Les autorités des pays scandinaves ont ainsi modifié, il y a un an, les mécanismes mis en place pour assurer l'asile aux réfugiés syriens conformément à cette nouvelle situation.
Dans le cadre du refus européen de recevoir davantage de réfugiés, l'octroi de l'asile devient de plus en plus difficile, plus qu'il ne l'était au début de la crise syrienne en raison du fait que les pays européens ont réalisé que la majorité des réfugiés sont à la recherche d'un emploi et ne sont pas persécutés dans leur pays d'origine pour des raisons politiques. La tendance dans la plupart des pays européens serait donc d'offrir des aides financières au pays d'accueil afin de garder chez eux les déplacés.


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12 h 01, le 10 juin 2016