Le chef des Kataëb, Samy Gemayel.
Plusieurs responsables politiques, vainqueurs des élections municipales qui se sont achevées dimanche dernier, ont commenté hier les résultats du scrutin. Le ministre des Télécoms, Boutros Harb, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, et le député du Akkar, Hadi Hobeiche, se sont ainsi tour à tour exprimés sur ces élections qui ont, selon eux, remis en cause les calculs des formations politiques dominantes.
Boutros Harb s'en est pris lors d'une conférence de presse à ses adversaires dans le caza de Batroun, notamment le ministre des Affaires étrangères et chef du CPL, Gebran Bassil, qu'il a implicitement accusé de corruption. « Le caza de Batroun ne sera pas une ferme pour certains nains corrompus qui font de la politique par hasard et par alliance familiale », a-t-il lancé dans une allusion claire à M. Bassil. « Les ambitions de certains corrompus se sont transformés en complexes, a encore dit M. Harb. Mais cela ne justifie pas leur rejet du choix des citoyens qui se sont exprimés lors des municipales. » « Cela ne justifie pas non plus leurs mensonges », a-t-il poursuivi.
M. Harb a par ailleurs réitéré son appel à l'élection d'un président de la République, à « l'arrêt des manœuvres politiques et au retour à la Constitution ». Le ministre a rejeté la proposition prévoyant des élections législatives avant l'élection présidentielle. « Nous demandons à ceux qui veulent tenir des législatives avant d'élire un chef de l'État de faire attention et de ne pas plonger le pays dans un projet de destruction de la coexistence libanaise », a-t-il déclaré.
« Comme des marchandises... »
De son côté, le leader des Kataëb s'est montré satisfait hier de la performance de son parti lors des élections municipales, soulignant que son parti avait joué à fond les considérations locales, contrairement à d'autres formations, qui devraient, selon lui, « revoir leurs calculs ». M. Gemayel, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse au siège de son parti, à Saïfi, faisait clairement allusion au Courant patriotique libre aouniste et aux Forces libanaises de Samir Geagea, ainsi qu'aux autres formations politiques dominantes.
« Tous ceux qui ont pris part à ce scrutin ont contribué à redonner vigueur à la vie démocratique de ce pays », a déclaré M. Gemayel, reprochant à « certains partis politiques » d'avoir « traité les électeurs comme des marchandises », et estimant qu'ils « doivent revoir leurs calculs ». « Ces élections ont montré que les Libanais sont libres, que la société peut, lorsqu'elle le veut, changer les choses », a-t-il ajouté.
« J'appelle la société civile à s'engager à nos côtés dans un dialogue ouvert pour changer les choses au Liban. Les Kataëb sont prêts à ouvrir ce dialogue », a-t-il lancé. Revenant sur la performance des Kataëb, M. Gemayel a précisé que « l'objectif était le développement des régions, pas de marquer des points contre d'autres partis ».
« Nous avons adopté le principe de la décentralisation et les décisions que nous avons prises ont été dictées par des considérations locales », a-t-il dit.
Pressions
Enfin, Hadi Hobeiche, député du courant du Futur, a critiqué les ingérences politiques dans les élections municipales à Kobeyate, notamment de la part de personnes « extérieures » à la localité. « Les gens ont montré qu'ils étaient contre l'ingérence des partis politiques dans les municipales », a ajouté M. Hobeiche, qui s'exprimait à l'issue d'une visite au patriarche Béchara Raï, à Bkerké, à qui il a dédié sa victoire.
« Les membres des partis politiques à Kobeyate ont le droit d'être représentés au sein du conseil municipal. Mais ce qui a déplu aux électeurs, c'est le fait que certains dirigeants non originaires de Kobeyate se soient directement mêlés des municipales, et cela s'est traduit par des contacts entrepris par certains chefs de parti pour faire pression sur les électeurs. En réaction, ces derniers ont voté pour les listes soutenues par les députés et hommes politique du cru », a-t-il expliqué. Concernant la loi électorale en vue des élections législatives, M. Hobeiche a estimé que la priorité est à la loi composite qui sera « l'unique porte de sortie de la crise actuelle ». « Quant à la loi de 1960, elle ne devrait absolument plus être de mise », a-t-il conclu.


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