Les élections de Beyrouth et du Liban-Sud ont démontré sans aucune équivoque qu'un mouvement laïc est en train de se former au Liban malgré une loi électorale défavorable à la laïcité. Une lueur d'espoir tout à fait claire se dessine à l'horizon et qui ne peut que se développer pour donner naissance à un mouvement de masse si les conditions se trouvent réunies pour son développement.
Il ne faut pas chercher trop loin les causes de ce sursaut des électeurs à vouloir dire qu'il y a une deuxième voie à la structure étatique actuelle. La population libanaise subit depuis trop longtemps les vexations, les déceptions et le despotisme de l'oligarchie qui a la mainmise sur le pouvoir et qui traite le pays en terre conquise et les habitants en troupeau docile.
Ce groupe qui détient les reines du pouvoir et qui ne veut en aucun cas s'en défaire se sert comme bon lui semble des ressources naturelles, économiques et sociales du pays quitte à le ruiner et le désintégrer rien que pour engranger les bénéfices. Il se sert de tout genre d'intimidation et de moyens de corruption pour arriver à ses fins et utilise pour cela tous les rouages de l'État d'une manière machiavélique et systématique.
Cette toile de fond explique pourquoi tout changement structurel du pouvoir politique est néfaste à ce groupe et pourrait lui nuire et même le faire écrouler tel un château de cartes.
Le débat sur la loi électorale démontre la lutte acharnée que livre cette oligarchie face au combat que lui livrent les démocrates de ce pays qui aspirent à recouvrer leurs droits politiques, économiques et environnementaux. La lutte de l'argent et du pouvoir contre le droit et la justice. Car toute loi électorale proportionnelle généralisée au niveau de tout le pays va certainement faire surgir de nouvelles forces patriotes, populaires et certainement laïques qui visent à moderniser ce pays en faisant de lui un État de droit et en le mettant sur les rails du XXIe siècle. On serait étonné, j'en suis certain, de l'ampleur que prendrait ce mouvement populaire qui prend forme rapidement.
La prise de conscience du peuple libanais de la nécessité du changement est inexorable et définitive. Personne ne peut arrêter ce mouvement. Il s'inscrit dans la conscience collective et cette conscience dicte la marche à suivre pour un changement de la structure politique du pays basée sur la représentation juste des tendances de la population libanaise. Quel que soit le temps qu'il faudrait pour que ce changement prenne place, il va se faire. L'essentiel est de ne pas faiblir et de continuer à lutter car, comme disait Ahmad Chawki dans l'un de ses poèmes sur Jérusalem, « le droit triomphera de la force ».
Il faudrait continuer la lutte pour arriver à adopter une loi électorale basée sur la proportionnelle au niveau de tout le pays où il sera impossible à l'argent et aux intimidations d'avoir un impact déterminant sur le résultat des votes et où les adeptes de la laïcité montreront leur force grandissante à chaque élection pour arriver au changement auquel tout le monde aspire.
Joseph W. ZOGHBI


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef