Une plate-forme gazière sur le gisement de Tamar, dans la mer Méditerranée, dont l’exploitation a déjà débuté. Ahikam Seri/AFP
Le gouvernement israélien devrait présenter dans les prochains jours une nouvelle version d'un important accord pour l'exploitation de vastes réserves gazières en Méditerranée, avec l'espoir que cette mouture sera définitive, a indiqué le ministère de l'Énergie.
L'accord conclu entre le gouvernement et un consortium israélo-américain se trouve depuis des mois au cœur d'une controverse sur les conditions dans lesquelles doivent être exploitées les importantes réserves découvertes à la fin des années 2000 au large d'Israël. Dans les faits, l'exploitation a commencé sans que l'accord avec le consortium dirigé par les groupes américain Noble Energy et israélien Delek soit finalisé.
La Cour suprême a rejeté le 27 mars un projet d'accord en retoquant l'un des articles fondamentaux et les plus contestés. Cette clause protégeait le consortium en garantissant que la réglementation sur l'exploitation du gaz ne serait pas modifiée pendant dix ans. Pour la Cour, cette disposition limite les prérogatives des prochains gouvernements.
Le ministre de l'Énergie Youval Steinitz a indiqué mercredi soir dans un communiqué qu'un compromis avait été trouvé avec le consortium sur une réécriture de l'accord. Celui-ci sera soumis au Conseil des ministres dans les jours à venir, a-t-il dit. La prochaine réunion du Conseil des ministres est prévue dimanche.
Noble Energy et Delek ont renoncé à réclamer un engagement légal de la part du gouvernement à ne pas modifier la réglementation, a indiqué à l'AFP Eytan Sheshinski, un universitaire qui avait dirigé une commission travaillant pour le gouvernement sur les termes de l'accord.
Indépendance énergétique
En échange, le gouvernement a promis de ne pas procéder à d'autres modifications de l'accord et d'envisager de manière positive toute demande de compensation en cas de changement de la réglementation, a-t-il dit.
Yossi Abu, chef de l'unité de forage de Delek, avait affirmé dimanche sa volonté de finaliser un accord. « Le potentiel israélien pour devenir un exportateur de gaz fiable vers ses voisins dans la région et vers l'Europe est considérable. Nous sommes déterminés à exploiter » cette opportunité, avait-il dit devant la presse.
La découverte de ces réserves a suscité beaucoup d'espoirs en Israël, non seulement en faisant entrevoir l'indépendance énergétique à un pays lourdement dépendant de l'étranger en la matière, mais aussi en lui ouvrant la perspective d'exporter son énergie, voire de nouer de nouveaux liens stratégiques dans la région.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, engagé personnellement dans la défense de l'accord, s'est heurté à un front hétéroclite constitué par son opposition et des organisations de défense des consommateurs qui dénoncent la création d'une situation de monopole. Il s'était rendu devant la Cour suprême en février pour défendre l'accord signé en 2015 et rejeté fin mars, une première dans l'histoire d'Israël. « L'accord actuel n'a pas d'alternative et s'il n'est pas approuvé, cela aura des conséquences négatives pour le pays », avait-il plaidé devant les juges.
Israël tente de développer sa production de gaz à partir des champs de Tamar et de Leviathan, découverts en 2009 et 2010. L'exploitation de Tamar a débuté, mais pas celle de Leviathan qui dispose de réserves beaucoup plus importantes. En mars, Israël espérait toujours vendre dès 2019 le gaz du gisement Leviathan à au moins l'Égypte, la Jordanie et la Turquie.
(Source : AFP)

