L’affiche réalisée par Sandrine Anid.
Aujourd'hui, sous sa pétulante férule, cinq acteurs en situations dépeintes en différents tableaux sont mis en scène au Monnot. À l'affiche, Le prénom de Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière. Le théâtre francophone pour un bol d'oxygène et de rire, en toute liberté. À ne pas y croire (ou plutôt si, à y croire!): le prénom dans tous ses états.
Une bataille en bonne et due forme mais aussi une libération pour une transparence absolue. Entre les êtres. Pour ce qui est dit et non dit!
Le verbe fécond et acéré, la dynamique metteuse en scène ne manque pas de bagout pour expliquer son choix et sa vision de «l'intrusion des autres dans un espace personnel». Et, avec son franc-parler habituel, de déclarer sans ambages: «De nos jours, on se dispute sur tout. On donne son avis sur tout, même quand on n'est pas qualifié. Comme sur les réseaux sociaux. On donne son avis sur la politique, l'écologie, la littérature, la cuisine, les autres.... Sans rien savoir, en étant même totalement ignorant ! Jusqu'à l'intrusion dans la vie privée de chacun. Et quoi de plus personnel que de donner un prénom à l'enfant qu'on attend? En l'occurrence, un prénom dans cette pièce qui fait polémique. On agresse l'autre verbalement dans son choix, ses goûts. Ce qui est choquant, c'est de vouloir faire changer d'avis, sur ledit prénom. On fait violence aux autres...»
Comment lui est venu le déclic pour cette pièce, quand même au succès considérable et déjà portée sur grand écran? «Une réunion, une assemblée, un mariage, un dîner. Les personnages viennent avec leur masque social de politesse, de politesse parfois exagérée... Il suffit d'une situation, un mot ou une phrase pour faire ébranler ce moment. Et là, tout part en vrille. Les masques tombent et la colère prend la place. Laissant libre cours à des paroles incendiaires, blessantes, méchantes, à double
tranchant.»
En fait, qu'est-ce que vous proposez au public ? « Je propose une pièce qui démarre en style carte postale, répond-elle avec un sourire malicieux qui en dit long sur les choses à dévoiler. Tout est bien, ordonné, rangé. Brusquement, tout bascule et vole en éclats au fur et à mesure qu'avance l'intrigue théâtrale. On entraîne le public dans une action de plus en plus précipitée jusqu'au clash final.»
Dans ce chahut et charivari pour un prénom, où se positionne Nadine Mokdessi? Pour être indiscret, juste pour rester dans le sillage des impertinences de la pièce qu'elle met en scène, quel nom donnerait-elle à ses enfants, si la vie lui en accordait? Les éclats de rire s'arrêtent pour un instant. Brève pause de réflexion. Et la réponse fuse: «Si c'est un garçon, je lui aurai donné le prénom de Polyeucte. Je n'ai pas eu de fils, alors j'ai donné ce prénom à mon chien. Et si c'était une fille? Aurore...»
On n'en dira pas plus. La dynamite est sur les planches du Monnot. Au public de désamorcer avec les acteurs la goupille de la grenade bien posée... pour un rire non sans éclats !
* « Le prénom » de Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière au théâtre Monnot avec une mise en scène de Nadine Mokdessi, décor signé Michel Chidiac. Du 19 mai jusqu'au 6 juin à 20h30. L'intégralité des recettes est distribuée à des associations caritatives.
Pour mémoire
Le séduisant « Beau salaud » de Nadine Mokdessi

