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Culture - Spectacle

Le séduisant « Beau salaud » de Nadine Mokdessi

Avec « Un beau salaud »* de Pierre Chesnot (au Monnot), 21e pièce de théâtre de Nadine Mokdessi. Mise en scène menée tambour battant pour un homme à femmes, incorrigible tombeur de ces dames froufroutantes de tendresse et d'affection. De l'inconstance et de la frivolité des hommes sur un ton léger, déluré et narquois.

Elle est fidèle à elle-même, à ses idées, à son atelier de travail, à son équipe d'acteurs bien rodée, à sa générosité (1535193$ offerts à l'aide humanitaire depuis son parcours entamé en 1993!), à la qualité d'un texte de bon aloi, à son flair infaillible d'un casting convaincant, à son sens des comédies qui jettent du baume sur le cœur tout en donnant gentiment à réfléchir. Tout cela, par-delà beaucoup de travail, avec finesse, tact et intelligence. Avec Nadine Mokdessi, le théâtre francophone a encore de beaux jours devant lui au pays du Cèdre.
Pour le premier soir (salle comble) de cette pièce où Bernard Tapie s'est taillé un succès considérable, de retour sur les planches ses acteurs fétiches, familiers au public. Cinq femmes et deux hommes habilement guidés dans leur jeu, leur performance, leur diction, leur élocution. Tous impeccables et rentrant en toute drôlerie dans leurs personnages tour à tour trop sages, cocasses ou émouvants. Histoire à la trame simple, bien troussée et aux rebondissements tenant adroitement en haleine les spectateurs. Imaginez un peu tout ce raffut chez un couple au bonheur sans nuages...
D'abord décor lisse, raffiné et élégant (prix de conception et d'exécution à Michel Chidiac, architecte d'intérieur qui a déjà ses galons de noblesse en matière de décoration) et des costumes seyants, un zeste extravagants (surtout pour Evelyne, une amie du couple au bord de la dérive) pour un dé d'or revenant à Souad Challita.
Entre verres cassés, appliques aux murs, guéridons, pouf, canapé, portes qui glissent, se referment ou sonnent, on entre dans le vif du sujet... Un anniversaire qui tourne au cauchemar. François Dumoulin, incurable épicurien, n'a pas la vertu des femmes de marin, comme dit la chanson... Cavaleur impénitent, bourreau de cœur, baratineur increvable, il traîne derrière lui son ex-femme Julie, sa femme Catherine et voilà qu'il s'apprête à plaquer sa maîtresse Barbara pour voler à l'autre bout du monde avec une jeunette qui s'appelle Marie... Secrets dévoilés de la chosette et tout ce monde électrisé, exacerbé et remuant se retrouve à ce funeste anniversaire, soir d'un supposé grand départ...
Crise de nerfs, impensables déballages et situations ahurissantes. Et bat la nouba pour une ronde effrénée où le « beau salaud » se dépatouille, ma foi, comme un petit diable... Du piment sur le poulet et tout le monde, entre hystérie, frénésie, verre de whisky et suicide manqué, s'en donne à cœur joie sur fond d'un dialogue rosse, percutant, mais toujours à fleurets mouchetés de gens de bonne compagnie...
La kyrielle de femmes cocues et trompées est renversante. Joëlle Yacoub, délicieusement «over» maternelle, Léa Abi-Nader, certes sculpturale mais femme de tête au nerf d'acier, Elsa el-Hage, popote délaissée, craquante dans sa misère passionnelle, et Ghada Abdelsater, sous sa perruque peroxydée, est d'une décapante naïveté. Note extravagante bien avenue avec la taille cintrée, les longues jambes fuselées et les mimiques outrées de Karine Tawil.
Reste le «beau salaud», alias Alain Hochar, à qui on devrait donner le bon Dieu sans confession mais non, quoique sympathique et amusant (quelle vulnérabilité et quelle fragilité affective quand même les hommes !) il n'en reste pas moins une belle crapule incrustée dans son indécrottable infidélité...
Tranquillisez-vous, on ne touche pas au fond du problème dans un cogito cornélien, racinien ou sartrien car toutes les filles d'Ève ici présentes restent profondément amoureuses de l'énergumène. Et le garnement, comme il se doit, après une crise cardiaque feinte (plus théâtrale que nature!), va aller regarder ailleurs.
Un vrai conte de tous les temps, truffé d'humour et de malice, pour adultes. Pour dérider et en apprendre sur la vie. Car cette bouffonnerie ou mascarade n'arrive pas seulement sous les spots au lever de rideau... Un séduisant Beau salaud: on laisse ses soucis au vestiaire et on en rit de tout cœur!

Au Monnot jusqu'au 16 juin.

Elle est fidèle à elle-même, à ses idées, à son atelier de travail, à son équipe d'acteurs bien rodée, à sa générosité (1535193$ offerts à l'aide humanitaire depuis son parcours entamé en 1993!), à la qualité d'un texte de bon aloi, à son flair infaillible d'un casting convaincant, à son sens des comédies qui jettent du baume sur le cœur tout en donnant gentiment à réfléchir. Tout cela, par-delà beaucoup de travail, avec finesse, tact et intelligence. Avec Nadine Mokdessi, le théâtre francophone a encore de beaux jours devant lui au pays du Cèdre.Pour le premier soir (salle comble) de cette pièce où Bernard Tapie s'est taillé un succès considérable, de retour sur les planches ses acteurs fétiches, familiers au public. Cinq femmes et deux hommes habilement guidés dans leur jeu, leur performance, leur...
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