Dans une chanson française qui eut son heure de gloire et tombée dans l'oubli, le chanteur disait que «le bonheur c'est facile, ça tient au bout du fil...».
Dans un autre contexte, le philosophe Frédéric Lenoir parle du bonheur de manière beaucoup plus posée en tant que paix intérieure et antichambre de la joie. Autrement dit, le bonheur, on ne le cherche pas dans la matérialité de la vie mais c'est une quête au plus profond de soi. Il faut savoir ce qui pourrait nous rendre heureux afin de trouver la paix de notre âme et de notre esprit, et de les libérer des pensées néfastes qui les hantent souvent inutilement.
De bien belles idées en vérité! Mais sommes-nous capables de les appliquer? Nous ne sommes pas le dalaï-lama et encore moins Spinoza ou quelque tribu amazonienne dont la conception de la joie ne nécessite en aucun cas de l'argent ou du pouvoir.
Au Liban, il faut chercher plus loin la source de nos malheurs pour croire au bonheur. Or cette source est souvent ancrée dans des événements factuels qui n'ont strictement rien à voir avec ce qui nous rendrait réellement heureux. L'exemple le plus clair, actuellement, est la vacance du poste présidentiel. Chaque citoyen le vit quasiment comme une atrocité ou un problème personnel, comme s'il s'agissait d'une chose irréparable. Certes, nous connaissons tous les concepts de nation ou encore de patriotisme (pour peu que ce dernier existe encore...), mais chacun de nous trouve dans cet état de choses un dérivatif qui l'éloigne de ce qui ferait effectivement son bonheur.
Ne nous moquons pas les uns des autres, l'aspect matériel prime comme l'aspect sanitaire. Il faut comprendre une chose: il y a des éléments qu'il ne revient qu'à nous de commander et de faire évoluer. L'aide psychologique n'amène rien sinon un approfondissement de la pensée sur le problème lui-même. La solution est en chacun de nous. Il manque de l'argent, la vie est chère, que pouvons-nous encore espérer d'un pays sans commandant? Où faut-il rechercher l'âme salvatrice (ou le pays fécond) qui nous mènera vers le bonheur?
Cherchons plus loin, au-delà des réalités de la vie ! Car tout a une solution à moins de se créer des angoisses sans valeur pour des problèmes sans bases... pour le plaisir d'entrer dans un masochisme moral, torturant et tuant. Il faut refuser cet état de choses et lutter, non pour notre survie (ce que nous savons très bien faire), mais sur la recherche de ce qui nous rend heureux. Ça peut aller de concepts simples comme la famille ou les amis (les vrais évidemment) à des idées visant une spiritualité intérieure que l'on peut trouver dans la religion ou les études. L'essentiel est de trouver sa voie.
Évidemment, on me dira encore: c'est beaucoup de philosophie pour rien et tu n'as pas les pieds sur terre. Il s'agit d'y réfléchir calmement et chacun verra que sa réalité n'est pas aussi dure qu'il le croit. Tout baigne dans un relativisme propre à chaque personne. Tout est une question de temps.
Jean-Paul MOUBARAK


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