Le Parlement grec devait se prononcer dimanche soir sur une réforme controversée des retraites, réclamée par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI), alors que se tient aujourd'hui une réunion de l'Eurogroupe sur la Grèce. Environ 26 000 personnes ont manifesté à Athènes et Thessalonique hier, tandis que de brefs incidents ont opposé de jeunes manifestants et des policiers près du Parlement.
Le projet de loi, refondant le système des retraites et augmentant impôts et taxes, était exigé par l'UE et le FMI – qui demandent des économies de 5,4 milliards d'euros d'ici à 2018 – est débattu au Parlement depuis samedi et devait être soumis au vote dimanche soir.
Tandis que les partis d'opposition ont indiqué qu'ils allaient voter contre, le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras, qui ne dispose que d'une faible majorité parlementaire, espère que l'adoption de cette réforme avant la réunion de l'Eurogroupe contribuera à décider ses pairs à conclure la première évaluation de la mise en œuvre du plan d'aide et à enfin ouvrir le débat sur la question du règlement de la dette. M. Tsipras a annoncé que « le système nécessitait une réforme profonde que les précédents gouvernements n'avaient osé faire », tout en précisant que le projet de loi ne touchait pas les bas revenus, ce qui est « le résultat de longues négociations avec les créanciers ». Mais les syndicats se sont insurgés contre le texte qui prévoit la réduction des retraites les plus élevées, la fusion des multiples caisses d'assurance, l'augmentation des cotisations et de l'imposition pour les moyens et hauts revenus. La Grèce a « pratiquement atteint » ses objectifs de réformes voulues par ses créanciers et l'Eurogroupe va mener des « premières discussions » sur un aménagement possible de la dette du pays, a par ailleurs estimé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans un entretien paru dimanche en Allemagne.
Hélène COLLIOPOULOU/AFP

