M. Raad et les autres députés du Hezbollah s’entretenant avec l’ancien président de la Chambre, Hussein Husseini.
Les membres des commissions parlementaires mixtes se sont enfin réunis pour plancher sur les 17 projets et propositions de loi électorale, une mission entamée depuis plus de trois ans déjà, et qui, à ce jour, n'a jamais abouti faute d'entente sur le mode de scrutin et la taille des circonscriptions. Les élections législatives doivent en principe se tenir d'ici à un an, soit en 2017. Depuis les dernières élections qui ont eu lieu en 2009, les députés ont prorogé leur mandat à deux reprises.
C'est d'ailleurs en l'absence du président du Parlement, Nabih Berry, que s'est tenue la réunion au cours de laquelle, de l'aveu même du vice-président de la Chambre, Farid Makari, les différents protagonistes ont maintenu leur position de départ, se contentant de « réitérer leur préférence » pour tel ou tel mode de scrutin.
Alain Aoun et Ibrahim Kanaan, du CPL, ont ainsi maintenu leur attachement à la loi dite orthodoxe, Georges Adwan, des Forces libanaises, au mode de scrutin mixte, et le Hezbollah à la proportionnelle. S'exprimant au nom de ce parti, le député Ali Fayad a d'ailleurs écarté toute possibilité de parvenir à un accord de sitôt, « le climat régional et local n'étant pas propice », a-t-il déclaré à la LBCI.
La session ordinaire du Parlement se termine à la fin du mois de mai et ne reprendra qu'en octobre prochain, ce qui laisse peu de temps pour les membres de la commission mixte pour parvenir à s'entendre sur un texte.
« À la légère... »
Toujours est-il que les députés présents ont réussi à réduire les 17 projets inscrits à l'ordre du jour à 5 au final, un exercice qu'ils avaient déjà pratiqué auparavant en commission ad hoc. Les cinq textes doivent être examinés lors de la prochaine réunion, fixée au lundi 9 mai, a précisé M. Makari. « Nous allons commencer par le premier projet qui nous a été transmis par le gouvernement (Mikati), celui de la proportionnelle sur base d'un découpage à 13 circonscriptions », a précisé le vice-président de la Chambre. « S'il obtient un vote favorable, nous procéderons à la discussion de ses articles, sinon, il sera mis de côté. » Il a également précisé que les discussions porteront principalement sur le nombre de députés, la taille des circonscriptions et le mode de scrutin.
À la question de savoir pourquoi les députés sont de nouveau en train de réitérer les mêmes débats et discussions qui ont déjà eu lieu en commission, sur une période de deux ans, il a répondu : « Vous semblez prendre à la légère l'examen de la loi électorale qui est aussi importante que l'élection d'un chef d'État. » Prié de dire s'ils ont encore besoin de deux autres années pour terminer, il a répondu : « Lorsque nous aurons terminé notre travail en commission, vous comprendrez son importance. »
Ont été notamment évoqués, lors de ces échanges, la proposition de loi du député Nehmetallah Abi Nasr, qui consiste à ajouter au nombre actuel de députés 12 autres pour représenter la communauté des émigrés libanais, ainsi que le projet de loi présenté par le ministre d'État au Développement administratif, Nabil de Freige, qui réclame le rajout de 6 autres députés, 3 pour représenter les minorités, et 3 autres musulmans, pour rééquilibrer.
Chez Husseini
Par ailleurs, le chef du bloc du Hezbollah, Mohammad Raad, s'est rendu hier, accompagné notamment du député Ali Ammar, auprès de l'ancien chef du législatif Hussein Husseini, avec lequel il a évoqué la loi électorale.
« Il faut revenir au texte de la Constitution et le prendre comme point de départ pour élaborer un nouveau texte de loi électorale », a indiqué M. Raad à l'issue de l'entretien, avant d'ajouter que le document d'entente nationale prévoit « l'adoption d'une nouvelle loi électorale qui se fonde sur le mohafazat sur base de la proportionnelle appliquée aux régions et aux communautés ».
Pour mémoire
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